Développement de l'enfant

Petite machine à apprendre

L'ENFANT PAS À PAS

Il serait bien intéressant de s’infiltrer dans le cerveau d’un jeune enfant et d’y observer la rapidité avec laquelle se font les connexions, se créent les réseaux de synapses, supports des apprentissages permanents auxquels il se livre.

Tout est nouveauté, découverte, tout est digne d’intérêt pour un petit. Dans un même environnement, ce qu’il voit, entend, perçoit est bien plus riche que ce que nous, adultes, captons, car l’habitude a émoussé notre capacité à saisir avec tous nos sens ce qui se passe autour de nous. Un jeune enfant ne loupera pas le passage d’un avion à haute altitude, il lèvera les yeux ou pointera le doigt vers le ciel, alors que, pour nous, il ne s’agira que d’un bruit qui se mêle aux autres. Si nous prenons le temps d’observer un bambin, force est de constater que tout est sujet de découverte : un petit trou dans le carrelage sera une invitation à y mettre le doigt pour sentir l’aspérité de la dalle, une miette collée sur un jouet attirera son attention, un bruit inattendu lui fera tourner la tête, une expression ou attitude inhabituelle d’une personne le mettra en position d’observateur, un frémissement de vent sur la joue lui fera porter la main au visage…
Pour le bébé de 9 mois, tout est bon à prendre pour apprendre, puis pour comprendre le fonctionnement de son petit univers. Certaines actions déclenchent certaines réactions sur les choses comme chez les personnes : taper les mains dans l’eau provoque des éclaboussures jusqu’au visage, faire une certaine mimique fait rire l’entourage, laisser tomber un objet fait « boum »… Il existe des liens de cause à effet et le bébé commence à les identifier.
Si l’imitation est, pour tous les petits, un outil d’apprentissage extraordinaire, chacun développe son style propre : certains mettront toute leur concentration dans l’observation ; on pourrait les croire passifs mais ça turbine dans leur petite tête et, avec surprise, on les voit reproduire ce qu’ils ont observé un moment plus tôt. D’autres doivent toucher, palper, expérimenter : c’est dans une grande activité motrice et avec tout leur corps qu’ils apprennent. Mais apprendre engendre parfois aussi des frustrations. Il en va ainsi de ce petit bonhomme qui s’est emparé d’une pomme dans le sac à provisions de sa maman. Avec plaisir, il la porte à la bouche et l’explore. Sa mère y porte les dents puis la lui rend pour qu’il puisse en goûter la saveur. Le petit l’a bien observée et, à son tour, il ouvre une large bouche pour la croquer comme il vient de le voir faire. Hélas, le résultat n’est pas à la hauteur de son imitation et la déception lui ôte tout plaisir.
On ne mesure pas l’incroyable énergie mobilisée pour incorporer, stocker et trier dans le cerveau des petits une quantité chaque jour renouvelée d’informations nouvelles. Mais on comprend, dès lors, leur grand besoin de sommeil pour assimiler toute cette « matière » et avancer dans la connaissance de leur univers.

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