Vie pratique
Partir en vacances avec de jeunes enfants, c’est rarement reposant. C’est même parfois stressant. Comment faire pour arriver à souffler un peu malgré tout ? Nous vous avons posé la question, et voici en vrac ce que vous nous avez répondu. Des conseils hyperpragmatiques, parfois tout simples, et qui ont le mérite d’avoir été testés pour vous par d’autres parents.
Rendre le trajet le plus agréable possible
► « J’ai suivi le conseil d’une amie qui nous a bien aidés : considérer le trajet comme partie intégrante des vacances, le fragmenter en étapes et faire des activités en route. »
► « En chemin, je repère les endroits qui ont l’air sympa en bord d’autoroute, comme les ‘villages fleuris’ en France. Cela permet de faire de chouettes pauses sans perdre trop de temps de trajet. »
► « Sur les aires d’autoroute, nous organisons des épreuves de jeux olympiques ! »
► « Les longs trajets en voiture nous ont permis de découvrir un tas de podcasts que nos enfants de 3 et 6 ans adorent (et nous aussi), dont Bestioles (une collection en livres a été tirée, dont un sur le merle) et Les Odyssées (France Inter). »
► « Chez nous, pour le trajet, on prévoit toujours des snacks qu’ils ne peuvent pas avoir en temps normal… C’est leur grand plaisir et ça les calme quand ils commencent à s’agiter. »
► « Quel que soit notre moyen de transport, je prépare toujours un petit sac avec des mini surprises que mes filles, qui ont 6 et 9 ans, découvrent pendant le trajet (dessins, scoubidous, anciens jeux dont elles ne se souviennent plus, livres de la bibliothèque, petit cahier sudoku, boîte à histoire…). »
Choisir la formule qui vous convient
► « Nous, on vise simple : on limite autant que possible les itinéraires, et on choisit des endroits où on se sent bien parce qu’avec nos jumeaux de 1 an et demi qui font des siestes, on sait qu’on y passera beaucoup de temps. »
► « Je décide à l’avance si j’ai envie de partir ‘en vacances’ ou ‘en voyage’. Dans le premier cas, je cherche une formule full repos. Le top, c’est quand il n’y a pas d’intendance à faire. Dans le second cas, la fatigue fait partie du voyage, donc je n’espère pas revenir reposée. Mais pour rendre le voyage plus soft, on termine par un moment de repos (plage…). »
► « Nous partons chaque année en vacances avec des amis qui ont des enfants du même âge. Parce qu’on aime être en groupe, mais aussi parce que ça permet de s’entraider, de se partager les tâches et de confier parfois ses enfants aux autres pour se faire un moment seul ou à deux. »
► « Quand mes enfants étaient petits, je vérifiais que leurs chambres soient bien séparées du reste de l’espace de vie dans notre lieu de vacances, pour qu’une fois couchés on puisse avoir un bout de soirée sans eux. C’est le genre de détails qui change tout ! »
Prendre le temps, avant et après
► « J’essaye qu’on passe au moins un jour ou deux à la maison avant et après nos vacances. Ça aide à reprendre l’école et le travail plus sereinement. »
► « L’idéal pour moi est d’avoir un jour pour préparer le départ sans mes filles de 3 et 5 ans, et de prendre un jour de congé seule avant de reprendre le travail. »
► « On se prévoit toujours des petites vacances à deux après nos vacances en famille. Bien sûr, on a la chance de pouvoir compter sur nos parents pour garder nos enfants quelques jours… »
Bien s’organiser au quotidien
► « J’évite de laisser trop de choix à mes trois enfants. Parfois, en voulant leur faire plaisir, on leur donne plusieurs options et j’ai remarqué que ça les submerge et ça crée des tensions. Donc je décide tout, plus facile pour tout le monde. J »
► « J’essaye d’expliquer le programme un peu à l’avance aux enfants, pour éviter les discussions sur le moment et donner un rythme plus ou moins prévisible à nos journées. »
► « Ce qui me permet de souffler, en fait, c’est d’être vraiment bien organisée et de tout prévoir pour être plus cool et parée à tout. »
► « J’ai pris l’habitude de faire d’office une activité le matin et de ne pas trop charger la journée. On essaye de rester deux semaines au même endroit de vacances, et d’être tout près de la plage. »
Instaurer un moment calme chaque jour... C’est LE conseil qui est revenu le plus souvent chez les parents qui ont témoigné. Instaurer un temps calme tous les jours en début d’après-midi, pendant lequel chacun·e dort, lit ou joue tranquillement… « Jusqu’aux 12 ans de mes enfants, j’imposais un temps de sieste après le repas de midi. Silence, pas d’obligation de dormir… ça a toujours bien fonctionné, et c’est devenu une habitude. »
Profiter des ressources locales
► « Comme on voyage en Belgique, on compte sur notre appli de babysitting pour nous permettre d’avoir un peu de temps à deux en soirée, et on inscrit notre fille ainée à des stages locaux. »
► « On s’est inscrits à la bibliothèque de la petite ville où on va chaque année, en France, et on y va en famille tous les trois jours pour renouveler notre stock de livres. »
► « Ce qu’on a déjà fait, c’est inscrire les enfants à un cours de tennis une heure ou deux par jour. Ça rythme les journées et tu as une heure de temps libre ! »
S’entraider l’un·e l’autre quand on est en couple
► « Avant nos premières vacances d’été à cinq, qui s’annonçaient fatigantes, mon compagnon et moi nous sommes demandé de quoi nous aurions envie pour nous sentir bien. Nous nous sommes accordés à l’avance sur un petit plaisir simple qu’on se ferait tous les jours : pour moi, c’était un bon café. »
► « On se partage les tâches, comme à la maison. Un soir sur deux, c’est l’autre qui met les enfants au lit. On essaye aussi de se prévoir chacun·e un moment seul·e pendant nos vacances. »
Lâcher la pression inutile
► « J’essaye de lâcher prise par rapport à ma crainte d’emmerder les autres (bruit dans l’appartement, bruit à la piscine…). Avec notre famille nombreuse, on ne passe pas inaperçus. Mais je me dis qu’on exagère dans notre tête que ce que les gens pensent vraiment. »
ZOOM
… pour méditer
Méditation et enfants, l’alliance impossible ? C’est ce qu’on a longtemps cru. Mais d’année en année, vous êtes de plus en plus nombreuses et nombreux à nous faire part des initiatives souvent bénéfiques que vous avez réussi à mettre en place avec votre marmaille.
Erika fait partie de ces parents qui injectent un peu de méditation dans la dynamique familiale. Elle l’annonce de but en blanc : « Il ne faut pas confondre méditation et relaxation ». Avis aux parents qui cherchent donc à avoir des enfants plus zen, ici il est question d’autres choses. De quoi au juste ? « À hauteur d’enfant, nous dit la maman, il est surtout question de nommer ce que l’on ressent. Prendre un peu de recul sur soi, sur les autres. Peut-être avoir un peu plus confiance en soi. Mieux se connaître ».
Alors qu’elle ne versait pas là-dedans du tout, Erika a eu l’idée d’entraîner tout son petit monde à méditer, après avoir lu un article sur le fait qu’en Suisse, puis aux Pays-Bas, les écoles remplaçaient les heures de colle par des exercices de méditation. Dès lors, l’idée germe instantanément. Pourquoi ne pas l’appliquer à ses trois enfants aujourd’hui âgés de 8, 13 et 16 ans. « Mon fils aîné avait 11 ans. La petite dernière, 3 ans. Ça a été plus difficile avec lui qu’avec elle. Les jeunes enfants sont dans l’instant présent. Ce qui est la meilleure des dispositions d’esprit pour s’y mettre ».
Les débuts sont laborieux. D’abord avec des applis de pleine conscience pour enfants. Puis avec des chants. Puis des exercices foireux en tout genre. Après moult tâtonnements, elle trouve la bonne méthode. Rassembler la fratrie après le repas du midi. Les week-ends et en vacances, donc. Travailler à l’aide d’une bougie chacun·e. Leur propre bougie. Qu’ils ont choisie.
« Ils et elles regardent les flammes danser. Et ne pensent à rien d’autre qu’à ça. Je fais des exercices très simples, empruntés à ‘la petite circulation’. On imagine un souffle qui part des vertèbres lombaires, remonte lentement la colonne vertébrale, passe par le sommet du crâne, redescend par les narines. On y consacre le temps qu’il faut. On ne se focalise que sur ce moment. Puis on redescend le long du larynx, du ventre, des parties génitales - ce qui les fait beaucoup rire -, puis on repasse par le bas du dos. Et on reprend. »
On imagine aisément les réticences des plus sceptiques à la lecture des instructions d’Erika. Cinq ans plus tard, où en est la tribu méditante ? « Mon fils aîné est devenu le plus assidu. Il s’est même mis au tai-chi. Nous y sommes allés par paliers. On commence par des exercices très courts que l’on allonge au fur et à mesure de la pratique ».
Une bougie, un objet, la contemplation des nuages, une couverture pliée en quatre, quelques oreillers ou un zafu et vous voilà parés. À méditer, non ?
Y.-M. V.-L.
À LIRE
Il a eu mauvaise presse, le Yoga d’Emmanuel Carrère. Et même si c’est peut-être du sous-Carrère, ça reste quand même de la bonne littérature avec tout un tas de considérations d’une intelligence sans pareille de l’auteur qui n’arrive pas à s’abandonner complètement à la méditation. Il en donne des définitions aussi inédites que pertinentes. Une bonne lecture pour l’été.
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