Loisirs et culture
En matière de jeu, le mignon, le beau, le craquant marche fort auprès des enfants. Mais attention, kawaii ne signifie pas neuneu ou dénué d’intérêt. Vous aimez l’adorable, l’imparable, l’incontournable ? Vous êtes à la bonne page.
COUP DE CŒUR
Toutes ces boîtes fascinent. Les plus petit·es ont évidemment d’abord craqué sur ce qui restera comme le jeu imparable cette année : Lolly Dogs et ses carlins, qui ne laisseront aucun enfant, ni aucun adulte indifférent. Le but du jeu édité par Blue Orange consiste à créer son propre parc, composé de six de ces adorables créatures toutes semblables au demeurant. Comment le compose-t-on ? En lançant une paire de dés à l’effigie de sucettes de différentes couleurs. Vous tombez sur un jaune et un rose, par exemple ? Alors, vous appuyez sur les chiots pour leur faire tirer la langue et voir si la couleur correspond. Une langue rose pour un dé rose ? Un chiot de remporté. Tout simplement !
Laura, 4 ans, et ses grandes sœurs Louisa et Manon, 8 et 9 ans, y ont joué. « On a d’abord fait simple. On y a joué comme un memory. Les bons dés qui correspondent aux bonnes couleurs de langue des chiots. Après, on a corsé les règles. On s’autorise à chiper les chiots qui sont dans les parcs chez les adversaires. Ça donne des parties beaucoup plus longues et plus rigolotes. On a passé un super moment », glapit de joie la meute de frangines.
À partir de 4 ans
Non loin, toujours chez Blue Orange, Hayat, ses filles - Maissa, 10 ans, et Fatima-Zara, 12 ans - et ses fils - Ayoub, 3 ans, et Salahddine, 7 ans -, ont disputé avec entrain une partie de Magicaboo. « Un bon jeu qui fait travailler la mémoire, s’enthousiasme la maman. À chaque tour, l’un·e d’entre nous joue le rôle du magicien en étalant un grand tissu rouge sur toutes les pièces au centre de l'aire du jeu. Les autres essaient d'être le premier ou la première à identifier l'objet manquant. On veut y rejouer tout de suite, même les grandes, parce que c’est simple et efficace »… Et un peu magique.
À partir de 4 ans
Blue Orange, encore. Toujours destiné aux plus jeunes, Cakozaurus et son design gourmand a happé tous les petits joueurs et toutes les petites joueuses de cette sélection. C’est le cas de Martin, 9 ans, qui l’a testé avec sa maman, Madeleine, pendant que bébé roupillait benoîtement dans la poussette à côté.
Ici, le jeu se déroule autour d’un plateau circulaire, divisé en compartiments, avec au milieu, une sorte de cheminée. À chaque tour, on y verse une cuillère de cubes qui font office de gâteaux et se dispatchent par zone. On doit alors les déplacer pour honorer les commandes. Par exemple, un gâteau jaune et un gâteau bleu : hop, on déplace alors un cube d’une zone à l’autre et on emporte une mission. On ne peut pas jouer ? Alors on bouge Cakozaurus, inimitable et instable sorte de « bouffe tout », dynamiseur et dynamiteur de jeu. Eh oui, s’il tombe, la partie s’arrête…
« C’est ce qui nous a stressés, rejoue Madeleine. On craint d’être celui ou celle qui arrêtera la partie. C’est aussi ce qui fait l’intérêt de ce jeu coopératif, ça crée une chouette tension. Ici, Martin a 9 ans, mais je pense qu’il y jouera sans problème avec son frère de 6 ans. »
À partir de 6 ans
Du kawaii pour les plus grand·es
Craquant, ce Ptit pois ? Croquant, également. Ce petit jeu de cartes simple et efficace de Blam! a emporté toute l’adhésion ludique. Laissons plutôt Hao Yong, papa de deux garnements de 7 et 9 ans, mais également du site desjeuxunefois.be, nous relater l’un de ses coups de cœur de l’année.
« C’est un jeu tactique où l’on doit défausser au plus vite sa main, ça se joue en une série de manches. C’est super facile à prendre en main pour les enfants et trépidant pour les parents ». Vos cartes montent ou descendent en fonction des valeurs au centre du jeu. Au programme, des actions à déclencher, des cartes visibles, d’autres cachées. On y a joué à deux, à quatre ou à six joueurs et joueuses. À chaque fois, la tension est à son comble. Comme quoi, les enfants et les petits pois, parfois, ça marche.
À partir de 8 ans
Dans une présentation différente, avec une touche tout aussi mignonne, Happy Mochi chez Zygomatic. Vous avez en main une carte avec différentes valeurs et différentes couleurs. Au choix, vous montez ou vous descendez par rapport à la valeur posée sur la table. Votre atout ? Deux cartes de valeur similaire. Vous ne pouvez pas jouer ? Vous piochez. Le but du jeu est de finir avec le moins de points possible.
Nous y avons d’abord joué avec Kevin et Jennifer, deux grands enfants de 19 et 20 ans : « On joue d’habitude à des gros jeux, mais, ici, la dynamique est super. Il ne faut pas se faire avoir par l’aspect kawaii, c’est bien plus profond qu’il n’y paraît ». Plus loin, Émilie, 13 ans, et Camille, 9 ans, n’en reviennent pas : « Ooooh, mais, déjà, c’est trop mignon. Puis c’est super, on peut se faire des sales coups avec les cartes spéciales. On rigole. On rouspète. On rejoue pour gagner. Et après, on rêve de manger des mochis ». La base de ce que devrait être chaque bon jeu, en somme.
À partir de 8 ans
On reste dans le mignonnet avec Merci (Flip Flap), jeu de cartes dans lequel on se distribue des cœurs… et des politesses. Une sorte de Uno de la bienséance. Autrement dit, vous avez en main différentes cartes numérotées de 1 à 6. Autant de cartes que de joueurs et joueuses sont posées au centre de la table. On défausse sa main par couleur ou par valeur. Mais, attention, à n’importe quel moment, on a la possibilité de griller la politesse en posant, par exemple, un 4 jaune sur un 4 jaune tout en précisant « ‘scuse ». Ou en complétant une suite, agrémenté d’un « Siouplé ». Dans certains cas, on attribue un malus à l’adversaire de son choix, qui doit donc accueillir la carte en disant « Merci », au lieu d’un plus habituel « Ah, enfoiré·e », par exemple.
Sous l’œil amusé de Sasha, ludothécaire au B3 à Liège, deux fratries y ont joué : Mohammed et Noura, 9 ans, leur grande sœur, Mina, 11 ans, en compagnie d’un autre Mohammed, 8 ans, et de Pameissa, 11 ans. Leur partie prudente et polie fut désopilante à suivre. Craignant de prendre des pénalités en oubliant les formules de politesse, ils et elles se sont montré·es courtois·es pendant toute la durée du jeu. Voilà qui devrait être déclaré d’intérêt public !
À partir de 7 ans
Autre mécanique qui, elle, suscite moins de politesses que son prédécesseur : Flipping Frogs des imparables Atalia. Une écurie d’où est né Pas Touche dans ce même format qui nous a tant plu.
Ici, joueurs et joueuses reçoivent secrètement une couleur de grenouille et trois tuiles. À chaque grenouille ou serpent placé sur le plateau, on retourne les tuiles adjacentes selon les flèches indiquées, puis on en pioche une nouvelle. Les grenouilles retournent celles adjacentes, les serpents éliminent les grenouilles visibles. La partie prend fin lorsque toutes les tuiles sont jouées ou que le plateau est rempli. Le joueur ou la joueuse avec le plus de ces mignonnes petites grenouilles de sa couleur visible l’emporte et devient le roi ou la reine de la mare.
Plusieurs familles ont testé ce jeu, mais ce sont les frangines Émilie et Camille qui ont croassé de joie le plus fort. « J’ai vraiment cru que c’était un jeu pour les bébés, tout simple. Mais il y a pas mal de réflexion, de bluff, de mémoire. D’ailleurs, plusieurs fois, j’ai cru que j’allais faire de super coups, mais ma sœur est vraiment trop méchante ». La grande, à côté, jubile, avec un rictus d’animal à sang froid…
À partir de 6 ans
SUPER COUP DE CŒUR
Finissons, par le méga coup de cœur de cette sélection que l’on ne manquera pas de vous présenter en vidéo. Moustache des Lumberjacks est non seulement fait de paillettes, mais est tout bonnement… brillant.
Dans ce jeu de plis, vous jouez en équipe et vous gagnez seul·e. Deux équipes s’affrontent. À trois, quatre, cinq ou six. Plus vous êtes, plus c’est drôle. Vous avez des cartes en main. Soulignons que plus les valeurs sont grandes, plus les moustaches affublées aux personnages le sont. Plus les animaux sont grands, plus ils sont forts. Vous jouez en quatre tours. À chaque tour une contrainte. À chaque fin de manche, vous re-mélangez les équipes. Les contraintes s’accumulent. À la fin de la quatrième manche, vous comptez les points amoncelés tout le long du jeu.
Nous y jouons et y faisons jouer depuis cet été : à chaque fois, il chamboule les esprits. Tant les familles que les professionnel·les du monde du jeu le reconnaissent, il est imparable. C’est Seb, papa chroniqueur récurrent, qui en parle le mieux : « C’est une façon unique et maline de revisiter le jeu de plis. Le graphisme est dingue, il parle aux enfants, comme aux joueurs invétérés. Je suis même certain que c’est le jeu préféré des licornes ».
À partir de 8 ans
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