Loisirs et culture
Vous aimez particulièrement ce qui fait turbiner les méninges ? Ce qui donne l’impression de se retourner le cerveau ? Alors, n’allez pas plus loin, voici de quoi muscler votre matière grise. Ou peut-être la mettre en surrégime, attention.
Déplorons une pénurie flagrante de jeux abstraits dans cette offre pléthorique. On parle bien d’inventions ludiques centrées autour de la stratégie pure. On adore vous en présenter. Ils sont souvent élégants, dépouillés, en bois, éthiques et d’une grande rejouabilité. C’est le cas de toute la gamme Helvetiq x SteffenSpiele, champions en la matière.
COUP DE CŒUR
Mabula, par exemple, est le jeu qui a attiré le plus les parents. Mais aussi de très jeunes joueurs et joueuses, comme Ezekiel, 4 ans, et Lucie, 5 ans, - champions d’échecs - qui ont passé des heures à pousser les billes noires et blanches de ce hit de nouveau disponible. Ici, trois règles, un seul but : connecter le maximum de ses pions. Leurs parents y jouent à leur tour. « Dingue. Comme quoi, il ne faut pas forcément d’idées farfelues pour créer de grands jeux ».
À partir de 10 ans
Idem pour Coloro où, à chaque fois que vous prenez un pion sur cette grille composée de pièces d’origami en bois coloré, vous imposez le prochain coup à votre adversaire. Antoine et son neveu Nuff, 14 ans, y consacrent plusieurs parties. Antoine ne cache pas sa surprise : « Je n’aime pas jouer, mais, là, c’est le genre de trucs où je peux vraiment cogiter des après-midi entières ».
Autre sortie de la gamme de l’éditeur suisse primé cette année pour son super jeu de cartes Odin, le tout rikiki et ô combien coriace Stakko, le jeu pour lequel on a le plus entendu : « Pffff ». De la fumée sort des cervelets des joueurs et joueuses à chaque partie. Les plus petit·es y vont sans stratégie, là où les parents cherchent désespérément une façon de répliquer aux actions naïves, mais efficaces, de leur progéniture. On retrouve alors Jonathan, toujours « 33 ans et demi », et sa nièce Cléo, 10 ans. Mal en point, tonton rouspète. « Bon. Alors, une tour de disques blancs affronte une tour de disques noirs depuis leur base rouge. Sept disques les séparent. Pour gagner, on doit construire la tour la plus haute sur la base adverse. Cela étant, il y a toute une mécanique qui consiste à se donner de l’élan pour avancer ou bloquer l’autre. Et c’est l’horreur absolue. Parce que je passe mon temps à élaborer une fine stratégie que Clé-Clé fout en l’air ». L’issue de la partie confirme bien ce que l’on savait déjà : les Dieux des jeux récompensent peu souvent les plus prudent·es.
À partir de 8 ans
Quittons le monde merveilleux du bois de nos éditeurs helvètes pour s’intéresser au jeu le plus petit de cette sélection. Qui n’en fait pas moins un jeu immense auquel vous allez jouer lors des rares temps morts que vous offre la vie de parents. Punto (Atalia-Game Factory) est notre préféré de toute une gamme variée où chaque jeu tient dans une petite boîte en métal. À l’intérieur, des cartes avec des points de différentes couleurs. À votre tour, vous placez vos cartes pour en aligner quatre de votre couleur en ligne, en colonne ou en diagonale.
Fred le découvre, sceptique, avec ses deux enfants de 6 et 11 ans, mutiques et déçus de s’être déplacés pour tester un tel jeu. On les laisse une demi-heure et on les retrouve par terre à disputer fiévreusement leur quatrième partie d’affilée. Verdict ? « Vous pouvez repasser plus tard, on en est presque à la fin ». Ça vaut tous les meilleurs retours du monde, non ?
À partir de 7 ans
Changement de format. Changement d’univers. Map Masters, dernier-né des Belges de Captain Games, est le jeu qui nous a fait le plus mal au crâne. Haletant, stressant, pressé, empressé, compressé. Il faut aller vite et bien, déjouer les pièges, revenir en arrière, recommencer, le tout en luttant le plus souvent contre le temps. Il est génialement atroce. Nous avons assisté à différentes parties. À chaque fois, les réactions sont les mêmes : on l’adore, mais il fait terriblement suer. Vous jouez en version compétitive ou coopérative. Vous avez cinq éléments séparés qui, assemblés à votre guise, constituent votre donjon. Dessus, des symboles qui vont tantôt vous aider, tantôt vous bloquer. À partir de ces éléments, vous tracez un chemin au feutre pour vous rapprocher le plus possible de la sortie.
Ce jeu est redoutable, quelle que soit sa version. À la sortie d’une partie, Yohane, 12 ans, nous dit : « Je ne comprends pas pourquoi j’aime tant les jeux qui font tant râler ». Il soulève une très bonne question.
À partir de 10 ans
À LIRE AUSSI