Santé et bien-être
Si néophobie alimentaire il y a, la messe est dite ? Sûrement pas. Si cette phase est naturelle dans le développement de l’enfant, ce n’est pas pour autant qu’il n’y a rien à faire. On vous livre ici quelques-unes des recettes de nos expert·es.
Éduquer, c’est répéter. C’est la même règle en matière de goût et d’alimentation. Voilà le maître conseil prodigué systématiquement par tou·tes les expert·es qui sont intervenu·es dans ce dossier. Il faut présenter jusqu’à vingt fois un aliment pour que l’enfant apprenne à l’accepter. Prenez le chou. L’odeur et l’aspect peuvent rebuter, l’amertume aussi. Il y a de fortes chances que votre enfant ne se jette pas dessus, mais ne vous avouez pas vaincu pour autant, continuez encore à lui présenter.
C’est vraiment la clé, selon la diététicienne Gisèle Gual. Le fait de voir une toute petite quantité met l’enfant en confiance. Si l’on parle du brocoli, placez dans un premier temps un seul petit bouquet. Pareil pour la soupe, commencez par un fond de verrine et augmentez le volume petit à petit.
Autre conseil : permettez à votre enfant de se familiariser en douceur avec l’aliment. L’observer, le sentir, le toucher, le goûter du bout de la langue, des approches douces qui permettent à l’enfant d’activer ses sens. Sans la pression de devoir directement avaler l’aliment, le risque de le braquer est moins important.
Le principe de responsabilité partagée veut que, s’il revient au parent de décider du contenu de l’assiette et de l’horaire des repas, c’est à l’enfant de décider de la quantité qu’il met dans son assiette.
Prendre son repas en famille, se raconter sa journée, dresser une belle table, associer l’enfant au menu, voilà autant de manières de rendre les moments de repas agréables. Le fait d’avoir une atmosphère détendue aura aussi un effet positif sur la motivation de l’enfant à tester de nouvelles choses.
Pour augmenter les chances que l’enfant mange ce qu’on lui propose, la question des rythmes et de la régularité est importante. L’enfant sera d’autant plus enclin à manger qu’il aura faim. N'entrez pas dans le cercle vicieux des grignotages intempestifs qui empêchent la sensation de faim à l'heure des repas.
Ce sont les légumes que votre enfant rejette ? Pensez à concocter le menu de façon à ce qu’il y ait au moins un aliment qu’il aime. Ainsi sécurisé, il sera mis en confiance pour peut-être tester un nouveau goût.
La tomate est boycottée ? Là aussi, vous avez plusieurs cordes à votre arc. Présentez-la sous différentes formes. Tomate cerise coupées en dés, en tranches, en soupe, en coulis, farcies… Le champ des possibles est vaste.
Manger, ça se prépare. Et si plutôt que de l’inviter à table une fois le repas cuisiné, vous associez votre petit mangeur, votre petite mangeuse aux étapes en amont. Que ce soit pour décider du menu, se rendre au marché, récolter les légumes au potager, les cuisiner, autant de moments qui permettent encore à l’enfant de se réapproprier en douceur son alimentation et ne pas tout focaliser sur le temps du repas.
Évitez tout marchandage autour de la nourriture. Proposer un bonbon en guise de récompense pour motiver l'enfant ? Selon Gisèle Gual, cela participe à opposer les aliments entre eux et renforce l’idée qu’il y en a de « bons » et de « mauvais ». Moralité ? On ne récompense pas et on ne punit pas un enfant avec de la nourriture.
L’exemple, c’est nous. Demander à un enfant de manger un légume ou de boire de la soupe si on n’en fait pas autant, c’est compliqué.
Pour certains enfants, manger demande de la concentration. Un jeu à table, une télévision, un bruit en sourdine sont autant de sources de distraction à éviter pour que le repas se passe sous les meilleurs auspices.
Votre enfant rechigne à boire de la soupe un soir ? N’en faites pas une règle générale. La manière dont on présente les choses vaut aussi son pesant d’or. Ce serait dommage d’enfermer votre enfant dans la catégorie des mauvais mangeurs.
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