Vie pratique
Revenons sur quelques idées reçues en matière de mobilité. Démêlons le vrai du faux. Le tout à replacer dans un contexte plus global. En piste.
Au contraire, les accidents aux abords des écoles sont en forte baisse. De manière générale, la sécurité routière s’est nettement améliorée. « En 1992, 90 enfants âgés de 0 à 14 ans ont été tués sur nos routes ; en 2022, nous en avons recensé 8 », écrit l’institut Vias à l’occasion de la rentrée. Il y a donc eu dix fois moins de jeunes tués sur les routes en trente ans. « Bien que la situation se soit objectivement améliorée au fil des ans, notamment grâce à l'adaptation de l'infrastructure et à l'installation de zones 30 à proximité des écoles, nous devons continuer à réduire le nombre de (jeunes) victimes sur les routes, précise le communiqué. En effet, au cours de l'année scolaire 2022, 14 enfants ont encore été blessés chaque jour sur le chemin de l'école ».
Premier piège. L’affirmation est exacte… mais incomplète. Des pistes cyclables, oui, mais ce n’est pas suffisant. Un vrai plan de mobilité pour la sécurité et le bien-être de toutes et tous s’imagine dans sa globalité : une vraie séparation entre les automobilistes et les piétons. Pour ces derniers, des passages surélevés ou sécurisés. Une signalisation forte qui rend l’école visible. Un mobilier urbain multifonctionnel. Des parkings à vélos répartis dans le quartier. Une alternance entre les lieux de détente et les espaces ludiques. Avec des aires de jeux et de sports. Une végétation et une gestion des eaux pluviales. Une rue comme espace de vie… Nombreux sont les aménagements à imaginer qui devront tout changer autour de l’école. On vous encourage vivement à dévorer le rapport très complet Réinventer les abords des écoles (perspective.brussels).
À partir de 12 ans, un enfant sur deux se rend à l’école seul. Et lorsqu’il est accompagné, c’est le plus souvent par un autre jeune que par un parent. C’est ce qui ressort de chiffres récents publiés par l’institut Vias. Le passage à l’école secondaire semble bien être un moment charnière. Pour Benoît Godart, porte-parole de Vias, un enfant ne peut pas aller à l’école seul avant 8-9 ans. « Passé cet âge, tout dépend du trajet et de la maturité de l’enfant. L’important est d’y aller progressivement et de commencer par faire le trajet avec lui, pour attirer son attention sur les dangers éventuels ». Et de préciser qu’emmener systématiquement son enfant de porte à porte en voiture dans l’espoir de le protéger est une fausse bonne idée. Selon lui, rien de tel que d’accompagner progressivement les jeunes vers l’autonomie pour leur apprendre les réflexes de sécurité qui leur seront précieux par la suite.
Oui. Le vélo, c’est un sacré budget. D’autant que le dessein des enfants est sans appel : ils passent leur temps à grandir. Ce qui signifie qu’il faut renouveler la flotte souvent. On vous passe le refrain sur les sites d’occasion ou les bourses que vous connaissez par cœur. Sachez qu’il existe un principe que l’on aime beaucoup, porté par l’Heureux Cyclage. Pour 65€, votre enfant reçoit un vélo qu’il peut troquer contre un autre, une fois qu’il n’est plus adapté, gratuitement, pendant dix ans. Dans le même ordre d’idée, à Bruxelles et en Wallonie, Mpact fortifie son offre en mettant en place une vélothèque : Tata bicyclette.
Enfin, au chapitre des coûts élevés, le prix d’un cargo à assistance (électrique ou pas) est souvent un frein pour les familles qui réfléchissent à deux fois avant d’investir. À Bruxelles, Pro Velo propose de tester un vélo cargo gratuitement pendant deux semaines. Ailleurs, il est possible d’en louer un le temps de s’assurer que la formule convient. Pensez aussi cargo partagé : à Bruxelles, c’est justement ce que propose l’initiative monkeydonkey.bike. En Wallonie et en Flandre, Pro Velo, encore, a lancé l’initiative ShareABike.
Non. La liberté totale n’existe pas. On vous renvoie à l’œuvre de Spinoza. C’est valable pour la trottinette également, pour laquelle l’âge minimal des conducteurs et conductrices de trottinette à propulsion électrique est fixé à 16 ans. De plus, ces engins doivent être visibles, soit équipés de catadioptres blanc et rouge et de lumières afin d’être le plus visible possible de nuit ou par mauvais temps. Enfin, vu le nombre d’accidents occasionnés, il n’est pas obligatoire, mais plus que recommandé de porter un casque. Tout cela n’entrave en rien une certaine forme de liberté. Promis.