Développement de l'enfant

Aaah, ces premières vacances sans parents…

Plus que quelques jours et les grandes vacances seront là ! L’occasion, pour certains enfants, d’un premier départ sans leurs parents. Qu’ils partent chez leurs grands-parents ou en colonie, comment gérer cette séparation ?

La première fois que votre enfant vous quitte pour l’été, c’est souvent pour passer quelques jours chez les grands-parents. Vous les connaissez et il les connaît, le cadre est donc sécurisant. Auprès de ses grands-parents, votre enfant va découvrir qu’il est aussi possible de vivre des choses intéressantes et amusantes sans vous. Puis, il prendra un grand plaisir à vous les raconter, à partager ses souvenirs, ses expériences, avec une fierté toute légitime.
Avant le grand jour du départ, transmettez aux grands-parents un petit carnet avec des infos utiles : habitudes alimentaires de votre enfant, ses horaires, ses goûts, son rituel du coucher… ainsi tout le monde sera rassuré. Mais pendant le séjour, laissez-les vivre ! La règle d'or, c'est la confiance. Restez zen et n’abreuvez pas votre petit de recommandations (vite oubliées, de toute façon) pour qu’il se tienne bien à table ou soit calme. D’autant que les grands-parents sont souvent moins à cheval sur les règles que vous.
Autre option : votre petit bout part au camp scout ou en colonie. Ce cas de figure est souvent plus angoissant car l’enfant part avec des semi-inconnus. Ce qui n’est pas pour rassurer les parents, souvent inquiets quant à la compétence de ces gens dont ils ne savent pas grand-chose, pour ne pas dire rien.
Un peu à la façon d’un premier jour de rentrée scolaire, on se demande s’il se fera de nouveaux amis, s’il saura se défendre si on l’embête ou comment il sera pris en charge s’il tombe malade. Votre enfant, de son côté, peut avoir peur de ne pas s’intégrer dans un groupe d’enfants inconnus et dans un environnement nouveau.
Pour vous rassurer et rassurer votre enfant, prenez le temps de bien vous renseigner. Montrez-lui des photos de l’endroit où il logera, des animateurs, de la plage ou du parc… histoire d’apprivoiser déjà un peu l’inconnu. N’hésitez pas à lui raconter vos propres souvenirs de colo et à lui montrer des photos. Les anecdotes d’adultes ont toujours un pouvoir apaisant.

Vous préparer, vous aussi

Votre enfant semble prêt. Mais, vous ? À l’idée de laisser pour la toute première fois votre enfant partir loin, vous avez le cœur serré. Il se peut que vous appréhendiez l’idée de trouver la maison bien (trop) calme le soir en rentrant du travail. Par ailleurs, vous avez terriblement peur du manque. Le vôtre d’une part, et celui de votre enfant. Va-t-il réussir à s’endormir sans vous ? Ne va-t-il pas croire que vous l’avez oublié ? Il est donc important que vous envisagiez également cette séparation de façon positive.
Durant son séjour, vous aurez bien sûr envie de contacter votre enfant, et lui de même. Pour trouver un bon équilibre (ni trop, ni trop peu), la communication doit se faire en fonction de la façon dont le vit votre enfant. S’il pleure à chacun de vos appels, attendez par exemple que l’envie de vous parler vienne de lui et qu’il demande de lui-même à vous appeler. L'envoi régulier de cartes postales constitue aussi un bon moyen de maintenir le lien. L’occasion de lui dire que tout va bien, qu'il peut s'amuser et profiter de ses vacances, et lui confirmer que ses parents pensent à lui.
Gardez en tête que votre enfant reviendra grandi et enrichi de ce voyage. De votre côté, profitez de ces moments pour passer du temps en couple et faire des sorties entre amis. Prenez également du temps pour vous. Depuis combien de semaines n’avez-vous pas pu lire un livre sans être interrompu ?



G. H.

Pratique

QUATRE CONSEILS POUR UNE SÉPARATION EN DOUCEUR

  • Avant 6 ans, l’enfant a du mal à se situer dans le temps. Inutile donc de lui parler de ce voyage des semaines à l’avance, au risque de le perturber. Quelques jours avant le départ, discutez-en avec lui, afin de lui expliquer et de le préparer. De la même manière, la durée du voyage sera sûrement difficile à intégrer. Pour ceux qui le comprennent, on peut donner comme élément de repère le nombre de nuits passées sur place et lui imprimer un petit calendrier sur lequel il fera une croix chaque soir avant d’aller dormir.
  • Impliquez votre enfant dans la préparation de son voyage. Faites sa valise ensemble. Laissez-le choisir son maillot préféré « pour quand il ira à la plage » ou un sweat-shirt bien chaud « pour être autour du feu le soir ». Ainsi, il pourra se projeter sur place plus facilement. Vous pouvez également lui acheter un cahier de voyage dans lequel il pourra dessiner ses journées, coller les tickets d’entrées de ses visites, dans les musées par exemple, faire signer ses copains…
  • Si c’est possible, accompagnez votre enfant au camp ou à la colo le premier jour de son séjour. Cela lui permettra de trouver plus facilement ses repères dans ce nouvel environnement.
  • Le moment du départ et de la séparation est parfois douloureux et déchirant. Il faut l’accepter. Dans la mesure du possible, évitez de lui montrer votre tristesse : cela ne ferait que l'inquiéter. N’éternisez pas les au revoir.

Aïe !

Et s’il ne veut pas ?

Votre petit bout se montre récalcitrant ? Discutez avec lui pour essayer de comprendre les raisons de son refus. Redoute-t-il la séparation ? A-t-il peur de s’ennuyer ? De ne pas se faire de copains ? Parlez-lui à cœur ouvert afin qu’il parte rassuré, convaincu qu'à son retour, il retrouvera son univers intact.
Il arrive aussi qu'un enfant d'accord pour partir se rétracte au dernier moment. C'est alors l'occasion de lui dire : « Tu pars en vacances comme nous l'avions prévu ensemble. Dans trois ou quatre jours, nous verrons si tout va bien ». Rappelez-lui toute votre fierté d’avoir désormais un enfant si grand et autonome.
Dans tous les cas, limitez cette première séparation dans le temps, idéalement entre cinq et dix jours. Le petit enfant a encore besoin d’être sécurisé par la présence de ses parents et une rupture trop longue risquerait de le déstabiliser.

Des parents en parlent...

« Plus dur pour moi que pour lui »

« À 3 ans et demi, Mathieu est parti cinq jours à la montagne avec ses grands-parents. Ça a été plus dur pour moi que pour lui. Il me manquait terriblement. Heureusement, je savais que je pouvais faire confiance à mes beaux-parents. Il est revenu ravi de son séjour, même si sa première réaction a été de se jeter dans mes bras. »
Sabrina

« Quatre petites lettres… » 

« Je suis très fusionnelle avec ma fille Amandine, 5 ans. Lorsque les parents de sa meilleure amie l’ont invitée pour quatre jours, j’ai beaucoup hésité. J’ai laissé le choix à ma fille - en espérant secrètement qu’elle dise non -, mais elle avait envie d’y aller. Je ne lui ai téléphoné qu’une fois car ça la faisait pleurer. Mais j’avais glissé dans sa valise quatre petites lettres que la maman de son amie lui a lues le soir avant de dormir. Au final, l’expérience fut très positive et depuis, elle est d’ailleurs repartie une semaine avec sa tante. »
Amélie

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