Après la rhéto : travail ou études ?

Ouf, il a terminé sa rétho. Mais quid de la rentrée en septembre ? Les conversations vont bon train au sein de certaines familles. Si pour certains jeunes, les études supérieures sont la suite logique d’un déjà long parcours, d’autres s’interrogent, souhaitent se mettre tout de suite au boulot. Ou entamer une formation professionnelle. Rencontre avec Marc, Hubert et Antonine.

Cette année encore, ils seront plusieurs centaines à soupeser le pour ou le contre avant de prendre une décision qui orientera peut-être le restant de leur vie. Encore qu’il est toujours possible de reprendre des études après l’une ou l’autre expérience sur le marché du travail. Pourvu qu’on ait suffisamment de courage et un moyen de financer cet éventuel revirement. Pour en savoir un peu plus sur l’état d’esprit des jeunes sortis fraîchement de l’athénée, le Ligueur a rencontré Hubert, Antonine et Marc qui, entre crainte et enthousiasme, nous disent ce dont ils ont envie, même si les parents rêvent d’autre chose pour eux.
Tous les trois ont choisi de combattre la peur de l’avenir, du chômage, du manque de débouchés. Hubert a mis le cap sur l’université, nourri par l’excellence familiale. Comprenant qu’elle ferait fausse route si elle se dirigeait vers des études supérieures, Antonine n’a, quant à elle, pas hésité à s’engager dans la voie professionnelle pour avoir un métier. Marc, enfin, s’est arrêté pour se lancer dans le boulot.  

Marc, 20 ans : j’ai toujours détesté l’école

« J’ai terminé mes études secondaires avec beaucoup de difficultés. J’ai deux examens de passage, en math et en économie.  Je déteste l’école depuis mes primaires. À la demande de mes parents, j’ai continué tant bien que mal d’abord dans le général puis dans la section technique, option économique. J’ai doublé deux fois. Maintenant, mes parents me laissent faire ce que je veux. Je compte partir six mois en Australie, mon rêve de toujours. Mon père  m’aidera sur le plan financier, mais je trouverai aussi un boulot sur place. Ensuite, j’ouvrirai un bar à Bruxelles.  J’aime la vie nocturne. Travailler en équipe tout en étant le patron, voilà ce qui me plaît. Je pense que les études ne m’ont pas beaucoup apporté - mis à part les connaissances de base en comptabilité - si ce n’est de bons moments avec mes potes. Cela dit, j’ai acquis une certaine maturité, ce qui me conforte dans l’idée de voler de mes propres ailes et de réaliser mon rêve de travailler la nuit. Mes parents me soutiennent. Ils me font confiance. Ils ne me poussent pas à faire des études supérieures. Ils savent que je perdrais mon temps. »

Hubert, 18 ans : un diplôme universitaire, une évidence !

« Je suis très content d’avoir terminé mes années secondaires en sciences-maths dans une école flamande. Je pensais que la rhéto était une année facile.  Pas du tout : j’ai réussi tout juste ! J’ai toujours voulu faire des études supérieures. Ma famille a toujours prôné l’excellence pour les enfants, quel que soit le choix de chacun.  Aujourd’hui, je veux continuer mes études sans interruption. J’aurais pu m’offrir une année sabbatique avec un séjour linguistique à l’étranger. Je préfère me lancer directement dans les études supérieures tout en continuant à pratiquer le hockey dans un club près de chez moi ! Cette activité sportive compte beaucoup pour moi. En septembre, j’accède donc  en 1e année d’ingénieur de gestion économique aux Facultés Universitaires Saint-Louis à Bruxelles en section trilingue (français, néerlandais, anglais).  Je suis prêt à me lancer dans un parcours de cinq années d’études, suivi peut-être d’un MBA. Avoir un diplôme est obligatoire pour atteindre mon objectif professionnel: devenir trader, travailler dans la Bourse. Mon vrai souhait serait de créer une entreprise familiale avec mes trois frères et sœurs comme patrons. » 

Antonine, 18 ans : l’ébénisterie, ma passion

« Pendant mes études secondaires, je ne me posais pas trop de questions, j’étais dans le flot, engagé dans les études, contrainte et forcée. Mes résultats étaient plutôt bons, mais je n’étais attirée par rien, peu motivée par des études supérieures. En mars dernier, le déclic s’est fait sur l’ébénisterie. Je me suis souvenue du plaisir que j’avais, petite, à fabriquer des petites poupées en bois ou des meubles en miniature même si ça n’avait rien de sérieux. J’ai décidé de suivre ma passion. Une déception pour mon père qui me voyait faire des études supérieures. Finalement, il est assez compréhensif et a assuré qu’il me soutiendrait financièrement. J’ai hâte de pouvoir suivre une formation et faire un stage chez un professionnel. L’objectif étant de créer ma propre entreprise. C’est un déclic qui va complètement changer pour moi. Cela sera difficile, mais le métier a encore un bel avenir. Je suis très motivée et confiante. »



C. L. B.

 BON À SAVOIR 

  1. S’interroger sur ce qu’on aime dans la vie, sur ses envies de contacts ou non, de bouger dans le monde ou non…
  2. Ne pas avoir peur d’aller voir des conseillers d’orientation, faire des recherches sur les filières et les métiers, poser des questions aux professeurs comme aux professionnels, se renseigner sur les différents salons et portes ouvertes. Pour en savoir + : cediep.be - siep.be et tous les services d’orientation dans les universités (Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur ;  Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles, Université catholique de Louvain-la-Neuve, Université libre de Bruxelles, Université de Liège, Université de Mons.
  3. Être persévérant…
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