Santé et bien-être

Boîte à tartines : et si on bousculait les habitudes ?

Réinventons la boîte à tartines

Il suffit parfois d’une pointe de créativité pour illuminer une journée. Et si, avec la rentrée, on tentait des alternatives aux traditionnelles tartoches pour égayer papilles et santé ?

Trigger warning ou traumavertissement comme on dit au Québec : cette page n’a aucune volonté d’ajouter une pointe supplémentaire de culpabilité, ni de charge mentale aux parents déjà surbookés. L’idée est plutôt de transformer la corvée de la boîte à tartines en moment de délicate attention, voire de preuve d’amour. Et même d’apprendre à y prendre plaisir, en le voyant comme un jeu, genre puzzle.

Pourquoi ? Parce que, visiblement, dans ce domaine, on manquerait cruellement d’originalité ! Les chiffres sont sans appel : 87% des élèves de primaire en Fédération Wallonie-Bruxelles mangent un pique-nique à midi… et 83% du contenu est composé de tartines (ou de sandwiches)*. Pas de stress inutile : il n’y a rien de grave là-dedans.

En revanche, il y a beaucoup à gagner en bousculant un peu ses habitudes. Gisèle Gual, diététicienne pédiatrique, l’explique très bien : « Le fait de varier des tartines permet de varier aussi les types d’apports et de faire une éducation alimentaire un peu plus élaborée. Celle-ci se fait souvent avec le repas du soir, mais c’est aussi sympa de le faire sur le temps de midi pour que le/la futur·e ado s’habitue à autre chose. Car, à l’adolescence, certain·es – surtout les garçons - ne veulent plus emporter qu’un sandwich à cause du regard de l’autre. En primaire, il y a encore moyen d’emporter une lunch box ».

Une lunch box équilibrée

Profitons donc de cette faille temporelle pour instiller de bonnes habitudes alimentaires. D’ailleurs, le plus tôt est le mieux. « Dès la maternelle, on peut leur proposer autre chose. Idem à la maison le week-end, plutôt que des tartines, faisons des salades de pâtes variées, des tartinades… Normalisons la chose pour que les enfants aient envie de ça ».
La composition idéale ? « C’est très facile : il faut toujours un féculent, un légume ou un fruit, une source de protéines animales ou végétales et une source de matière grasse. Avec ça, on est dans le bon, rassure Gisèle Gual. Dans l’idéal, on choisit des aliments les moins transformés possible évidement ».

Quid des wraps, très à la mode ? « C’est clair que la tortilla qu’on trouve en supermarché est ultra-transformée, on ne va pas se mentir. Mais entre ça et un sandwich mou au salami… Au moins, on peut l’agrémenter de façon plus intéressante. Si j’étais un gourou de l’alimentation saine, alors je dirais non. Mais pour donner envie aux enfants, il faut de la variété. S’ils mangent tout le temps des tartines, ils n’en peuvent plus. Pour le pain, je propose souvent les pains pitas qu’on peut griller et tremper en bâtonnets dans du houmous. C’est aussi transformé, mais au moins, il y a encore et toujours de la variété ! ». Tel est le mot clé en matière de nutrition.

Boîte à tartines

Boîte à surprise

Mais comment fait-on si on n’a pas le temps de faire des bentos comme les mamans japonaises ? « En réalité, varier n’est pas si compliqué. Par exemple, en faisant un peu de batch cooking (ndlr : faire toutes les préparations de la semaine en une seule fois) : on prépare une salade de pâtes ou de riz à l’avance. Elle peut se conserver deux, trois jours, mentionne la diététicienne. On peut aussi penser aux boîtes déstructurées, ça fait comme un petit buffet : au lieu de la tartine garnie, on met des crackers ou des grissini, un œuf dur, des légumes…. Eux aussi, on peut les découper à l’avance en bâtonnets et les enrouler dans un essuie-tout humidifié pour qu’ils ne s’assèchent pas au frigo. Quant aux haricots verts, poivrons ou aubergines grillées, tout ça se conserve bien. L’option la plus facile, ce sont les restes de la veille. Si vous faites une soupe ou des légumes, cuisinez-en un peu plus. Cela demande un peu de réflexion, mais pas plus de temps ».

Quid de la touche sucrée ? « C’est une question qui revient souvent. De manière générale, je dirais de ne pas la mettre systématiquement, mais de temps en temps, comme étant la petite surprise du chef. Un œuf de Pâques quand c’est Pâques. Ou un fruit. On peut aussi varier avec des petits mots. Ça marche très bien. Par exemple, le jour de la bête tartine : on peut compenser avec un mot humoristique genre ‘J’espère que tu te régaleras !’». N’est-ce pas l’intention qui compte ?

*Source : Étude sur l’alimentation pendant la pause de midi au sein des écoles maternelles, primaires et secondaire, octobre 2020 (statistiques.cfwb.be)

EN PRATIQUE

Testé et approuvé

Afin de vous assurer que Minus mangera son déjeuner avec appétit, laissez-le choisir la composition de sa boîte avec un ingrédient de chaque famille (liste non exhaustive mais déjà testée et approuvée) :

► Les légumes : concombre, carottes, tomates cerises (pas avant 5 ans pour éviter l’étouffement), poivrons, brocolis, céleri, edamame, chou-fleur, radis, champignons, laitue…
► Les protéines : œuf dur, houmous, poulet grillé, fromage, thon, tofu mariné (après 3 ans), yogourt…
► Les féculents : tortilla de blé, mini-pitas, muffin maison, bagel, pâtes, nâan, pain, cake salé…
► La touche de bon gras : olives, noix de cajou, pistaches, pignon de pin, vinaigrette…
► Fruits (frais ou séchés) : myrtilles, raisins, pommes, poires, bananes, compote, oranges, pastèque, framboises, kiwis, melon, abricots…

L’astuce kawaï : vous n’avez pas de compartiments dans votre boîte ? Utilisez des mini-ramequins à muffins en silicone pour séparer les ingrédients.

Pensez-y : les légumes crus peuvent avoir plus de succès si vous y ajoutez une petite « trempette » (faite de yaourt et d’un peu de citron) ou de houmous, par exemple.

Boîte à tartines