Loisirs et culture
Il y a quatre mois, le premier art café – un concept ramené de New York – était inauguré à Ixelles. Un lieu inédit qui permet de laisser libre cours à sa créativité… sans transformer son salon en chantier ! On a testé.
Installé dans une ancienne quincaillerie, Craft Studios séduit d’emblée par son magnifique meuble d’apothicaire et son escalier en fer forgé au centre de la pièce, offrant un décor tant spectaculaire que chaleureux. Au mur, de nombreuses œuvres créatives et colorées sont là pour inspirer. En faisant la queue au comptoir, je demande à mon fils, bientôt 14 ans, ce qui le tente parmi les sept activités proposées (à savoir : perles, broderie, mosaïque, fusain, collage, aquarelle ou pastel). Il hésite entre le collage et la mosaïque.
Thelma, charmante barmaid au background artistique, nous accueille avec un sourire lumineux : « Qu’avez-vous choisi ? L’idéal, c’est de prendre deux activités différentes, comme ça on peut comparer ». Basile choisit la mosaïque. « Notre best-seller », répond Thelma. Mince, c’était mon choix de cœur. Je me rabats sur le collage. Thelma nous signale que dans ces petits bacs se trouve tout le matériel nécessaire, ainsi qu’un dépliant explicatif qui peut également servir d’inspiration. « Si plus de fournitures sont nécessaires ou que vous avez une question, n’hésitez pas : nous sommes là pour ça ». Elle m’indique l’endroit où se trouvent les magazines et les instruments de découpe disponibles (si je veux faire des cercles ou des découpes nettes) pour mon collage. Nous nous installons au bout d’une des deux grandes tables familiales.
Godzilla et chaï latte
À l’autre bout de la table, deux mamans et leurs trois enfants, en pleine action. Agités, les deux plus jeunes posent plein de questions. Patiente, plutôt éducation positive, la maman répond calmement tout en continuant sa mosaïque. Le lieu se remplit petit à petit : deux groupes d’ami·es d’une vingtaine d’années et d’autres mamans solos avec enfants remplissent les autres tables et l’étage.
Inspiré par une sculpture qui pend à l’escalier, mon fils me signale qu’il va dessiner un snowboarder. Je trouve le choix audacieux, mais l’encourage, tout en commençant à chercher des images dans un tas de magazines. Je suis déçue : la majorité est saccagée par les découpes précédentes. Pas évident de trouver des images qui me plaisent. Il serait temps de renouveler leur stock.
« Maman, regarde ». Voilà un indémodable qui se répète ici de table en table. Je valide le dessin de mon fiston : « Ça va être un banger (ndlr : quelque chose d’extraordinaire) ! ». Satisfait de ma réponse, il se lance dans la découpe de mosaïque, et moi dans les découpes fines. Erreur stratégique. Car Marcus, 4 ans, à l’autre bout de la table, en a eu marre de dessiner et s’est mis à courir autour de la table, puis à taper dessus, ce qui augmente de plusieurs niveaux le challenge de la découpe. Intérieurement, je peste sur ce mini-Godzilla laissé en liberté. Je me plains ironiquement auprès de mon fils qui me répond par un clin d’œil.
Heureusement, au même moment, on nous sert nos boissons. Une gorgée de ce délicieux « dirty chaï latte » me réconforte illico. Je philosophe : après tout, je ne le sentais pas le collage. Je rejoins Thelma pour lui demander si je peux bifurquer vers la mosaïque. Elle regarde l’heure. « C’est possible. Cela arrive même souvent que des personnes changent d’avis, mais la mosaïque est l’activité qui prend le plus de temps… Je ne voudrais pas que vous soyez frustrée ». Bien au contraire, je suis ragaillardie par ce nouveau défi !
La preuve : le fait que Jules ait rejoint Marcus sous la table ne me fait plus aucun effet. Je suis plongée à fond dans mon nouveau projet. J’ai même l’excuse du temps imparti pour ne plus devoir regarder le travail de mon ado toutes les cinq minutes. Mes oreilles en profitent pour traîner aux autres tables : ça papote études, destination de vacances et déception d’un crush.
Session solo ou ateliers thématiques
Je relève enfin la tête. Mon fils a terminé, sa mosaïque est canon. Je lis la fierté dans ses yeux. Alors que je range mon plan de travail, une femme, qui s’est installée à mes côtés, regarde nos ouvrages avec intérêt. Elle est ici pour l’expo qui suit (le lieu a été privatisé), mais ça lui donne envie de revenir avec des copines. Je lui signale que ça peut aussi le faire pour un rendez-vous galant : le workshop « Paint your date » doit fameusement aider à briser la glace. Sourire complice.
Quant aux kids, l’âge conseillé est à partir de 6 ans. Vu la remarque de Marcus à sa maman, « Et quoi, on va y passer la nuit ? ». On confirme qu’il vaut probablement mieux réserver cette activité aux plus grand·es. Sinon, ces deux heures d’activité peuvent paraître interminables. Nous, en revanche, on n’a pas vu passer le temps… Et on a même hâte de revenir tester un de leurs ateliers.
EN PRATIQUE
Craft Studios. Rue du Viaduc, 66, 1050 Bruxelles.
Réservation en ligne sur craft-studios.be
20 € pour 2h de session libre. Fermé les lundis et mardis.
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