Santé et bien-être
Le biberon n'a plus aucun secret pour vous et vous êtes devenu·e l’as des panades bien lisses. Oui, mais après ? Comment gérer la transition vers une alimentation en morceaux ? On vous donne quelques trucs et astuces pour passer le cap en douceur.
Vers 4-6 mois, le lait reste bien entendu l'aliment central d’un bébé. Ce sera le cas jusqu'à 1 an (et il restera présent jusqu'à ses 2 ans), avec des recommandations de 500 ml de lait par jour. Puis, les besoins alimentaires de bébé changent, il est alors temps d’entamer la diversification.
Vous commencez les purées de fruits et de légumes tout lisses. Tout se passe à merveille, Bébé est en forme, suit sa courbe et réclame son repas quand son estomac commence à gronder. Une question arrive alors : quand commencer à introduire les aliments en morceaux ?
C’est vers 8-9 mois qu’on va proposer de nouvelles textures à bébé. L'idéal est de commencer en douceur, d'y aller pas à pas quand votre enfant vous semble prêt. Vous pouvez débuter par un « écrasé ». Au lieu du mixeur, utilisez la fourchette pour écraser les légumes et obtenir une texture grumeleuse.
Vous pouvez aussi introduire des aliments bien cuits, mous, friables comme des pâtes cuites un peu plus longtemps que recommandé, des bouts de banane, des framboises, des carottes ou des courgettes cuites… Votre enfant peut mastiquer des aliments mous, même sans dent, mais toujours sous votre surveillance. Si cela est possible, rendez les faciles à manipuler pour les petits doigts de bébé : coupez-les en bâtonnets, par exemple.
Entre 9 et 12 mois, votre enfant a pris de bonnes habitudes alimentaires et les textures que vous lui proposez sont de plus en plus variées. Progressivement, les morceaux finement coupés ou râpés remplaceront l’écrasé. Continuez à lui faire découvrir de nouveaux goûts, de nouveaux aliments : du riz légèrement collant pour faciliter la préhension, des petits bouts fondants de kiwi, de pêche ou de poire, du pain à grignoter, un triangle ou des lamelles de fromage à croquer…
Restez à son écoute, laissez-le prendre ses aliments comme un grand ou aidez-le s’il vous semble un peu fatigué. Souvent, vers 1 an, bébé a envie de manger seul avec sa cuillère. Préremplissez-lui et laissez-le faire. Il en mettra certainement partout, mais vous pourrez parfois rattraper le coup en utilisant un second couvert pour l’aider ou lui montrer l’exemple. C’est seulement vers 15-18 mois qu’il maîtrisera mieux ses couverts.
Quelques trucs et astuces
- Les cinq sens. Tout comme les adultes, le bébé mange avec ses cinq sens. N’hésitez jamais à lui faire une jolie assiette, en disposant bien les aliments, en variant les couleurs. Faites-lui sentir les odeurs et entendre les sons qui croquent sous la dent. Si bébé veut toucher sa nourriture, c’est normal. Il se sert de ses sens pour découvrir mais aussi se familiariser avec son alimentation.
- Un environnement calme et serein. Bébé doit se sentir en confiance pour débuter son alimentation en morceaux. Il sort de sa zone de confort et a besoin d’être rassuré. Installez-le confortablement, soit sur vos genoux, soit sur sa chaise haute, prenez le temps qu’il faut et posez des mots sur ce qu’il goûte. Très vite, il sera heureux de partager ce moment de convivialité, d’abord en tête à tête avec vous, puis très vite avec le reste de la famille. Favorisez toujours un environnement calme (coupez télévision, musique et radio) pour canaliser son attention sur son repas.
- Les ustensiles. De bons ustensiles pour ce passage à l’alimentation solide vous faciliteront la vie : une bonne chaise évolutive où l’enfant est correctement installé, une assiette qui ne casse pas (ou le must, une assiette à ventouse), des couverts adaptés (en bambou, en silicone, en inox…), un verre à bec (avec ou sans anse, à tester et faire évoluer suivant le stade de développement de l’enfant) et un bon bavoir facilement lavable. Sans oublier des tétras ou autres carrés de tissu pour essuyer la bouche et les mains de votre bambin après son repas… ainsi que le sol qui sera sûrement baptisé les premières fois.
Et si ça ne fonctionne pas ?
Allez-y en douceur. Chaque enfant est différent et va évoluer à son rythme. Jusqu’à 1 an, l’aliment central reste le lait. Bébé a donc le temps de diversifier son alimentation paisiblement. Les maladies, les poussées dentaires, la fatigue sont autant de difficultés qui peuvent perturber l'appétit de votre enfant. N'hésitez jamais à faire quelques pas en arrière pour ensuite avancer de nouveau. Par exemple, si bébé est fatigué ou qu'il est en pleine poussée dentaire et qu'il refuse sa nourriture en morceaux, proposez-lui pendant quelques jours à nouveau de la purée. Dès qu'il sera plus en forme, il sera ravi de reprendre une alimentation plus solide.
Si bébé refuse un aliment car il ne semble pas apprécier son goût, n'insistez pas et reproposez-le lui quelques jours après en intercalant, par exemple, des aliments qu’il aime particulièrement. La découverte des saveurs, des textures, des odeurs en douceur et au rythme de bébé sont autant de choses qui contribuent au plaisir de manger.
Un apprentissage en toute sécurité
Quand l’aliment prend le chemin des voies respiratoires plutôt que celui des voies digestives, on parle de fausse route. Lors du passage à une alimentation plus solide, le petit peut avoir des haut-le-cœur, parfois même vomir. Ce réflexe normal lui sert à se protéger de l’étouffement. Mais les risques de fausses routes existent. Le plus souvent, par éructation, le jeune enfant parvient à se dégager.
Dans certains cas plus graves, l’aliment obstrue complétement les voies respiratoires et il faut réagir vite car l’enfant ne sait plus respirer. De nombreuses vidéos faites par des professionnels de santé sont disponibles sur internet et vous enseignent les bons gestes de premier secours. La Croix-Rouge vous propose aussi des formations de quelques heures pour réagir dans ce type de situations.
EN PRATIQUE
Les erreurs à ne pas commettre
- Diminuer ou arrêter le lait : le lait maternel ou maternisé doit rester l’élément central jusqu’à 1 an car il empêche tout risque de carence alimentaire. Il est moins riche en protéine que le lait de vache et doit donc être privilégié matin et soir, après un petit complément de repas, jusqu’aux 2 ans de l’enfant.
- Le sucre : les produits sucrés (friandises, jus de fruits, glaces, pâtisseries…) sont à éviter avant 1 an et à consommer avec modération après car ils sont très caloriques.
- L’ajout de sel : jusqu’à 1 an, les besoins journaliers en sel de votre enfant sont d’environ un gramme. Ces besoins sont naturellement couverts par le lait. Il n’est donc pas recommandé d’ajouter du sel aux aliments donnés à bébé. Ses reins ne sont pas encore assez matures pour gérer un excès de sel.
- Forcer à finir son assiette : dès sa naissance, votre enfant est capable d'adapter ses quantités de nourriture à ses besoins nutritionnels. Alors, s'il n'a plus faim, inutile de forcer.
La diversification menée par l'enfant
La diversification menée par l'enfant (ou DME) consiste à laisser l'enfant manger seul, en autonomie, dès l'âge de 6 mois. L'enfant va alors porter lui-même les aliments à sa bouche. Le parent n'intervient pas pour lui donner à manger. C'est la grande différence avec la diversification classique où l'adulte va porter la nourriture à la bouche de l'enfant. Cette technique demande, au début, un peu de lâcher prise de la part des parents : Bébé gère la quantité, se débrouille et saisit lui-même ses aliments...
Si vous voulez en apprendre plus sur cette pratique, on vous conseille les livres suivants:
- La diversification menée par l'enfant en pratique, d’Évelyne Evin (Mango),
- Mon petit cahier DME de 6 à 12 mois... et pour toute la vie !, d’Emma Haby, (Solar éditions).
À LIRE
- De nouveaux aliments en douceur… une brochure de l'ONE.
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