Loisirs et culture
Germain a 10 ans. Un peu jeune pour écrire ses mémoires, non ? Pourtant, c’est ce qu’il décide de faire. Pour arrêter le temps. Avec un but bien précis. Celui de tout mettre sur stop pour réfléchir un petit peu. Parce que, parfois, « les choses vont trop vite pour bien les comprendre ». Alors, Germain, il a décidé de ne plus grandir. Du moins, momentanément. Et de taquiner les touches d’une vieille machine à écrire.
Dans cette bande dessinée, le trait de Valérie Vernay épouse à merveille l’univers déployé par Vincent Zabus. Ensemble, l’auteur et l’autrice parviennent à façonner un monde qui n’est pas sans rappeler celui du Petit Nicolas de Sempé et Goscinny, tout en développant un langage propre, pétri de poésie et de philosophie. Les préoccupations des adultes viennent sans cesse percuter la réalité magique de l’enfance. On est ému, attendri, par les réflexions de ce petit bonhomme qui s’est choisi le pseudonyme de Raoul Underwood pour mettre en mots ses souvenirs, pour comprendre la vie et son corollaire, la mort. À propos de cette dernière, son papa dit que les adultes n’en mènent pas plus large que les enfants. « Et ça, ça m’a épaté », explique Germain, lui qui a tant de mal à s’exprimer sur ce « gros truc » qu’il a sur le cœur et avec lequel il vit au quotidien sans trouver les mots pour en parler.
- Mémoires d’un garçon agité par Vincent Zabus et Valérie Vernay (Dargaud).
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