Vie pratique

L’avion : rapide, mais pas sans contraintes

Pour partir en vacances en famille, l'avion est le choix de la rapidité, pas toujours celui de la simplicité

« L’avion, c’est vraiment le moyen le plus direct de voyager avec des enfants », nous dit une maman hôtesse de l’air. Rapide, oui, mais avec tout un tas d'aléas qui peuvent vite faire de ce voyage une vraie galère.

Clémentine : « On a eu un gamin qui a hurlé non-stop »

« Nous avons pris l’avion pour la première fois avec notre fils en juin 2015 pour aller en Corse. Il avait 16 mois. Le vol Charleroi-Figari a duré moins de deux heures, mais, quand tout va mal, ça paraît une éternité. J’avais peur que le petit ait mal aux oreilles au moment du décollage tôt le matin. Du coup, j’avais prévu un biberon de lait et une compotine. Il n’a jamais voulu boire le liquide et se tortillait comme un ver de terre. La compotine ? Il a pressé dessus et tout le contenu est venu tâcher le siège avant.
Quand il venait sur nos genoux, ce qu’il préférait, c’était se hisser debout pour tirer les cheveux du monsieur assis devant. J’étais également stressée que ses pleurs ne dérangent les gens et… ça n’a pas manqué ! Il a pleuré une grosse partie du trajet.
Pour m’échapper de cet enfer, je suis allée m’enfermer dans les toilettes et verser quelques larmes. J’avais l’impression que mon stress participait au problème. Je n’avais aucune compassion venant des voisins de siège.
À l’arrivée à l’aéroport, quand nous avons récupéré les bagages, un couple de retraités a demandé à un autre couple comment le voyage s’était déroulé. « Un enfer, on a eu un gamin qui a hurlé non-stop », ont-ils répondu en nous regardant froidement. J’étais tellement mal que je n’ai pas réagi. Franchement, on n’y pouvait rien.
Heureusement, après un trajet épouvantable, nous avons eu une semaine de vacances magnifique, c’est là que notre fils a appris à marcher, on a fait de superbes randonnées et les plages du côté de Porto Vecchio étaient toutes plus belles les unes que les autres. »

Quatre choses à avoir en tête

Nous n’avons pas dû aller bien loin pour trouver un parent qui nous explique la scène de l’enfant qui hurle dans l’avion. Le témoignage que vous venez de lire est celui de notre collègue Clémentine, mais il pourrait être celui de pas mal de parents. C’est ce que nous explique Sarah Menegon, maman d’une petite de 3 ans et hôtesse de l’air. Elle nous donne ses trucs pour éviter l’explosion de compotine sur le siège avant.

► Dégager le nez
Certaines compagnies aériennes déconseillent clairement de voyager avec les nouveau-nés. Brussels Airlines, par exemple, conseille de prendre rendez-vous avec son pédiatre ou médecin de famille si on envisage un vol long-courrier. Certaines compagnies mettent un âge minimum pour voyager qui tourne aux alentours d’une ou deux semaines, voire trois pour les très longs vols. C’est que le changement de pressurisation, en plus du changement d’ambiance, du mélange de sons et d’odeurs, ne sont pas si faciles à vivre pour un petit bout.
« Que votre enfant soit enrhumé ou pas, nettoyez son nez, dégagez-le bien, mouchez-le. Cela évite les douleurs aux oreilles », conseille Sarah Menegon. L’hôtesse de l’air propose aussi de prendre un biberon pour avaler au moment du décollage et « déboucher » les oreilles.

► Prévoir un kit d’occupation de l’enfant dans l’avion
« Ce n’est pas évident. Il faut occuper son enfant, nous dit l’hôtesse de l’air. Pour ma fille, je lui avais pris un casque audio avec des petites chansons, un tableau magique avec les dessins que l’on efface et recommence, des marionnettes à doigts, la boîte à histoires Lumi. »
Si vous n’avez pas envie d’emporter la salle de jeu avec vous, il y a aussi l’environnement qui est propice à la découverte. « Quand il y a des turbulences, j’explique aux enfants, que ce soit le mien ou ceux que j’accompagne en tant qu’hôtesse de l’air, qu’il va y avoir des petits guilis dans le ventre, un peu comme dans les montagnes russes ».
La maman conseille aussi de prendre un sac avec une tenue de rechange au cas où, un plaid « parce qu’avec le covid, on ne distribue plus automatiquement des couvertures », un repas et des collations comme par exemple… la compotine.

► Éviter les vols trop tôt le matin ou tard le soir
En tant que passagère, Sarah a eu une proposition de vol à 20h30 pour partir en famille. « Avec une petite de 3 ans, ce n’est juste pas possible. C’est l’heure où elle va se coucher normalement. Or elle allait se retrouver dans un environnement qui la stimule, elle est curieuse, elle aurait voulu regarder ce qu’il se passe. Puis, si elle s’endormait, il aurait fallu la réveiller à l’atterrissage pour prendre la voiture de location. Le temps de rentrer à l’appartement, il aurait été 3 heures du matin. C’est trop compliqué. Donc, je trouve préférable de privilégier le vol de la matinée ou du début de l’après-midi pour ne pas arriver trop tard ». L’hôtesse de l’air conseille aussi des vols pas trop longs, plutôt vers l’Europe, et si c’est un long courrier (et que vous avez les moyens) sans escale avec des petits bouts. « N’arrivez pas non plus trop tôt à l’avance à l’aéroport, car ça allonge le trajet et l’attente risque d’être trop longue pour les enfants ».
Concernant les poussettes, elles sont souvent autorisées jusqu’au moment de l’embarquement. Là, elles sont envoyées en soute pour être récupérées sur le tapis roulant des bagages à l’arrivée.

► Première rangée ou hublot
Si on en a la possibilité, réserver la première rangée, ça peut aider. Cela évite que le petit ou la petite aille tirer les cheveux du voyageur ou de la voyageuse d’en face ou mettre des coups de pieds dans son dos. « Et ça permet de bouger un peu. Ce sont plus souvent les enfants qui apprennent à marcher qui ont envie de déambuler » … et qui peuvent déranger les autres passagers.
« Côté hublot, c’est pas mal non plus, nous dit Sarah Menegon. Cela permet de les occuper ». De regarder les ailes se déployer tel un oiseau qui prend son envol. Car oui, la mécanique d’un avion, c’est un peu comme un oiseau, peut-on expliquer à son enfant pour le rassurer… et se rassurer par la même occasion !

EN PRATIQUE

À ne pas oublier

  • La Kids-ID ou le passeport. Le document d’identité électronique est obligatoire pour voyager au sein de l’Union européenne et de plusieurs autres pays via l’avion. N’attendez pas la dernière minute pour la demander auprès de votre commune car cela prend au moins trois semaines pour être livrée. Si c’est déjà trop tard, c’est possible de la demander via la procédure d’urgence mais le surcoût n‘est pas négligeable : environ 100 € (le tarif peut varier selon les communes).