Développement de l'enfant

Le langage des pleurs

Les bébés nous disent beaucoup de choses sur ce qu'ils ressentent et ce qu'ils vivent tant à la crèche qu'à la maison. Ils ne peuvent évidemment pas encore le dire avec des mots. Alors, ils le manifestent dans leurs sourires, leurs pleurs, leurs comportements face à la nourriture, leur sommeil, leur agitation ou leur trop grand calme.

Sara est une petite puce de 4 mois dont la maman doit reprendre le travail. La période de familiarisation s'est bien passée et Sara est à la crèche depuis quelques jours. Mais voilà, elle refuse obstinément le biberon. Les puéricultrices ont essayé de la nourrir à la cuillère, au gobelet, dans le relax : rien n'y fait. Elles s'inquiètent. La petite refuse tout. Il faut dire qu'à 4 mois, la séparation arrive bien tôt, tant pour maman que pour bébé. Et Sara manifeste. Peut-être sent-elle que sa maman a bien du mal à la laisser le matin ? Alors, elle attend son retour et se réserve pour elles deux ce grand moment de la tétée.
Certains bébés, quand ils arrivent à la crèche, dorment toute la journée. On les trouve très sages et bien faciles. Mais cette séparation précoce est tellement difficile qu'elle les épuise. Ils n'ont pas encore beaucoup de moyens pour s'adapter à ces nouvelles têtes, à ces nouveaux lieux, à ces nouveaux bruits et odeurs. Ils se réfugient dans le sommeil. Comme cela, ils ne souffrent pas trop, et puis, peut-être se réservent-ils pour les retrouvailles du soir.

Attention, dépressions du post-partum !

Il arrive que, quelques mois après la naissance de leur enfant, les mamans se retrouvent très démunies. Elles sont épuisées, parfois assez isolées. Elles ont peut-être connu des deuils, des déménagements ou d’autres événements douloureux. Et elles dépriment. Leur entourage ne les comprend pas : « Tu as tout pour être heureuse : un magnifique bébé, un gentil mari, une maison... ». Mais elles ne vont pas bien et se sentent de plus en plus seules. Ces dépressions du post-partum sont bien plus fréquentes qu'on ne l'imagine et très difficiles à vivre pour les mamans et leur bébé, d'autant qu'elles ne se sentent pas comprises.
Certains bébés manifestent tant qu'ils peuvent : ils pleurent beaucoup, dorment très peu, s'agitent comme s'ils voulaient maintenir leur maman bien en vie. La maman n'en peut plus de ces pleurs incessants. Tout le monde trouve que l’enfant est difficile, la maman est excédée et le papa a peur de son retour le soir, après le boulot. Rien ne va plus dans la famille.
D'autres bébés, au contraire, sont hyper-calmes, on ne les entend pas, ils ne réclament rien. Ils semblent ne pas vouloir déranger leur maman, ils la laissent tranquille. On les trouve si gentils. Et pourtant… On risque peut-être de passer à côté de la souffrance de ces bébés si calmes et de celle de leur maman, tandis que les bébés soi-disant difficiles attirent l'attention de l'entourage. Ce sont les pleurs de la maman, ses cris de détresse qu’ils expriment. Mais ce n'est pas toujours comme cela qu'on les comprend. Pourtant, de telles mamans ont besoin d'être entendues et les aider est tellement efficace.

Un quotidien pas toujours serein

Certains événements familiaux, qui peuvent sembler anodins, troublent les bébés. Les voilà qui manifestent sans qu'on sache pourquoi. Pour les événements graves, on comprend ! Mais les bébés sont de véritables caisses de résonance de nos émotions. Ils perçoivent immédiatement que nous sommes préoccupés, moins disponibles. Ils nous rappellent à l'ordre : « Je suis là pour toi et j'ai besoin de toi. »
Parfois, les bébés expriment des difficultés de la crèche. Il y a, en effet, des périodes particulièrement compliquées, comme les épidémies de grippe qui voient le personnel décimé ou celles de gastroentérites des enfants. Il peut y avoir, comme dans toute équipe, des moments de tension, de crise, de changement de personnel, des passages de groupes. Et tout ces d'événements perturbent l'ambiance, le rythme de vie, les habitudes. Et les bébés manifestent : ils pleurent plus, s'agitent, accaparent l'attention du personnel et on les dit difficiles.
Il ne faut pas oublier non plus que les pleurs ou l'agitation sont les seuls moyens pour le bébé de dire son inconfort ou simplement son besoin. S'il a faim, froid, sommeil ou envie d'un câlin, il ne peut pas le dire autrement. Mais, dans ce cas, il s'apaise vite quand on a bien répondu à sa demande.
Si les visites chez le pédiatre n'ont rien révélé de pathologique à l'origine des pleurs, des problèmes de sommeil ou d'alimentation du bébé, alors écoutons-le, observons-le. Que veut-il nous dire ? Les bébés ne sont jamais méchants et, s'ils ont du tempérament, tant mieux. On ne risque pas de les oublier. Par contre, on risque bien de ne pas percevoir la souffrance des enfants trop sages.



Mireille Pauluis

BON À SAVOIR

  • Rien ne vaut une bonne communication entre parents et intervenants : puéricultrices, pédiatre, gynéco, sage-femme...
  • ... et une bonne communication entre puéricultrices.
  • À instaurer si le besoin s’en fait sentir : des entretiens parents-bébé avec quelqu'un de compétent (sage-femme, doula, psychothérapeute parents-bébé…).
  • N'oublions pas que tous les parents du monde ont été, un jour ou l'autre, excédés par les pleurs ou les mauvaises nuits de leur cher petit.
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