Santé et bien-être
On s’en voudrait que vous sortiez de l’hiver pour goûter aux joies du printemps, sans avoir croqué à pleines dents dans une salade hivernale trop méconnue. Généralement, vous lui préférez la mâche ou la salade de blé, peut-être à tort.
Comité de rédaction. Par un lundi sombre et maussade. « Qu’est-ce qu’on met en avant comme aliment pour la rubrique ? », se demandent, légèrement désabusé·es, les journalistes du Ligueur. Quelques recherches. Tiens. La mâche. On en parle peu. Puis, on a de super titres à faire dessus : « La mâche, un légume qui matche » ou encore « En marche vers la mâche ». On contacte donc la troupe maraîchère des Fanes de carottes. Manu Cerisier, l’une de ses têtes pensantes, nous invite à reconsidérer notre choix de départ et à opter plutôt pour le pourpier d’hiver. « Il y a plein de trucs à dire dessus ». On accepte, espérant ne pas nous embourber.
La garantie du circuit court
Première chose à savoir, le pourpier d’hiver ne se vend pas en grande surface. Pour s’en procurer, vous voilà obligé·e de vous rendre dans la coopérative la plus proche ou de vous approvisionner directement chez le producteur ou la productrice, soit la garantie d’un sain circuit court. Comme il pousse facilement, il n’a pas besoin de produits chimiques pour sortir de terre. De plus, il fait plusieurs repousses, donc on le trouve facilement à des prix abordables. Parfois plus que la mâche ou la salade de blé.
Rappelons qu’un des buts revendiqués de cette rubrique consiste à vous inciter à soutenir tous ces producteurs et ces productrices, tout comme leurs modes de production raisonnés. Au niveau familial, c’est la certitude d’offrir aux enfants une nourriture plus saine. Tiens, justement, le pourpier est-il bon pour la santé ?
Quand le pourpier soigne le pied du prophète
D’abord, le pourpier est riche en oméga 3. Il est bourré de vitamines A, C et E, qui agissent comme des antioxydants. Il est, de plus, riche en minéraux et en fibres. On lui prête plein de bonnes propriétés. Il favorise la digestion, l’hydratation, puisque composé à plus de 90% d’eau. Pour la petite histoire, dans l’Antiquité, les médecins, à l’instar du célèbre Claude Galien, l’utilisent contre les maux de tête ou de dents, contre les inflammations et les brûlures d’estomac. Il est même considéré dans l’islam comme un légume béni, car il aurait guéri le pied blessé du prophète Mahomet.
Très bien, mais niveau goût ? Est-ce qu’il va plaire aux enfants ? On retrouve notre maraîcher qui nous apprend qu’il pique moins que le cresson ou le cerfeuil. Et que mélangé aux pommes et aux noix en salade, c’est un délice puisque croquant et légèrement acidulé. Mieux vaut le consommer jeune. Légume d’hiver oblige, il se déguste également en soupe. Avec un oignon et, pourquoi pas, une pomme de terre. Il existe plein de façons gourmandes de le mettre dans l’assiette de vos enfants. Il se cuisine exactement comme l’épinard. Donc, en pesto ou en houmous. Il peut garnir les sandwichs, les rouleaux de printemps ou les wraps. Enfin, comme la mâche ou le cresson, vous pouvez également le faire revenir légèrement à la poêle avec de l’ail, de la sauce soja et des graines de tournesol. Torréfiez le tout pour des bases de salades qui vont réchauffer les petits estomacs.
Manu Cerisier rappelle aussi que consommer ce type de produit, c’est l’occasion de faire un tour chez le maraîcher ou al maraîchère du coin et de découvrir d’autres fruits et légumes, soit d’autres façons de manger et de sensibiliser les petit·es aux produits de saison et à la façon dont ils sont cultivés. Autrement dit, ce légume que l’on prend à la hâte pour de la mauvaise herbe a de quoi faire germer bien des graines de conscience.
ZOOM
Bientôt fans des Fanes de carottes ?
Profitons de cet article pour mettre en lumière un type d’économie trop peu valorisé. Fanes de carottes fonctionne en coopérative paysanne. Ils ne sont pas les seuls, dans cette rubrique nous en avons mis d’autres en avant. Toutes ont le même ADN : valoriser une agriculture humaine, respectueuse de l’environnement, sans engrais chimiques, ni pesticides de synthèse. Avec comme maître mot, favoriser la biodiversité et rapprocher producteurs, productrices et consommateurs, consommatrices. Ici, la coopérative fonctionne sous forme d’abonnements avec 130 familles, soit l’équivalent de 270 adultes. Nous vous encourageons à vous intéresser et à soutenir ces modèles qui s’imposent comme de vrais résistants et défenseurs, tant de la nature que de notre santé. Et cerise (clin d’œil à Manu) sur le gâteau, vous pouvez même relever vos manches et participer au travail dans les champs. Ça vous en fourche un coin, non ?
- + d’infos sur fanesdecarotte.be
- Les réseaux et ceintures alimentaires : collectifcrealim.be
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