Crèche et école

Le temps de la classe - En maternelle et primaire

En Angleterre, on a la technique pour apprendre à lire


Oui, pour le Ligueur, l'école primaire est là pour apprendre à lire et à écrire. En cela, les méthodes de nos voisins anglo-saxons nous plaisent beaucoup. Rembobinons. Toute fin des années 1990, l'Angleterre constate une baisse de niveau dans les écoles. Plus de 20 % des petits de 11 ans arrivent à peine à lire.
Qu'à cela ne tienne, on remonte ses manches, on change de cap. Les établissements optent donc pour une base syllabique qui met en avant le décodage avant le sens du mot. Mais nos voisins anglo-saxons ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Ils inventent et expérimentent le searchlight, qui consiste à mettre à la disposition de l'enfant plusieurs techniques pour décoder et comprendre ce qu'il lit. Ainsi, le môme peut utiliser un contexte, une image, des lettres ou toute autre information qui vont lui permettre de lire un texte. Les résultats sont en constante évolution et études et témoignages nous apprennent même que les petits d'outre-Manche ont repris goût à la lecture. Marvellous.

Et chez nous ?

Les apprentissages de la lecture sont mixtes, à la fois syllabiques et globaux. On tend de plus en plus vers un juste équilibre entre ces deux méthodes, mais que l’on ne se méprenne pas, c'est loin, très loin de faire des miracles. Nos experts sont unanimes : les résultats en lecture sont inquiétants. Nos petits Belges ne sont pas de bons lecteurs et cela jusqu'au secondaire. Les différentes études disent même que plus de 20 % des élèves en Fédération Wallonie-Bruxelles ne maîtriseraient pas la lecture contre seulement 13 % des petits Flamands.
Dominique Lafontaine, chercheuse à l’Unité d’analyse des Systèmes et des Pratiques d’enseignement de l'ULG s'est justement penchée sur les difficultés de l'école francophone. Il en ressort que beaucoup d’élèves ne comprennent pas bien ce qu'ils lisent ou ce qu'ils apprennent. Il y a un véritable problème de vocabulaire et, souvent, ils ne saisissent pas bien les énoncés. « La lutte contre l'échec scolaire passe par le fait de lire, écrire, parler et calculer », insiste Joëlle Lacroix.

► Vous en pensez quoi ?

« J'ai quitté la Belgique pour vivre en Angleterre. Mes enfants ont tous appris à lire au moyen de plusieurs techniques. Sur les trois, il n'y en a pas un qui a appris de la même manière que les autres. Alors qu’ils ont tous eu le même professeur. L'intérêt de cette méthode, selon moi, c'est d'aller puiser dans les capacités de chacun. ‘Je suis visuel, je vais m'aider d'une image’. ‘Je suis attentif au son des mots, je vais découper la phonétique’, etc. C'est très créatif et très enthousiasmant. Je pense que c'est applicable chez nous. Encore faut-il encourager la réussite, être lucide sur ses échecs et ne pas chercher à refondre l'école uniquement pour la refondre… »
Héloize, maman de trois enfants de 11 à 15 ans

En Estonie, on suit des cours de programmation


Vous lisez bien. Depuis 2012, les petits Estoniens de 7-8 ans sont initiés aux apprentissages des langages de programmation, indispensables comme chacun sait, à la création de logiciels ou de sites. Très largement soutenue par le gouvernement, l'idée se généralise pour deux raisons.

La première, c'est qu'il est de plus en plus facile de se servir d'un ordinateur, d'y installer un logiciel sans être un Bill Gates. Mais nos enfants du numérique, qui manient de mieux en mieux l'écran, ne sont pas à l'aise avec l'informatique pure et dure. La seconde, c'est qu'à travers ses cours et la formation des professeurs, il est question d'aborder les bons usages autour du web. Soit, toutes les questions relatives au droit à l’image, aux données personnelles, au harcèlement, etc. Mettre les enfants le pied à l'étrier numérique dès leur plus jeune âge, au même niveau que les cours de maths ou d'histoire, n’est-ce pas une belle idée ?

Et chez nous ?

Si vous êtes un assidu du Ligueur, vous n’êtes pas sans savoir ce que l’on pense de l’école et du numérique. Nos enquêtes, témoignages et interventions d’experts nous amènent très régulièrement à dire que l’on est loin de ce genre d’initiatives qui, hélas, ne se profilent guère à l’horizon. Les quelques révolutions sont le fait de quelques professeurs passionnés et très à jour.

Pourtant, nos experts nous le redisent : c’est essentiel. Des simples cours de navigation raisonnée, ce serait déjà très bien. C’est aussi de la lecture, de la parole, un prétexte à manier le langage. Tout ceci renvoie de nouveau à la formation des professeurs. On semble en être malheureusement au point mort et même les jeunes professeurs, beaucoup plus à l’aise avec l’univers informatique, l’exercent sans échapper à un certain formatage un peu trop conservateur.

En savoir +

Dans son dernier opus, Réveiller le désir d’apprendre, aux éditions Albin Michel, Agnès Baumier-Klarsfeld, journaliste, a mené une enquête auprès d’élèves, parents, et professeurs. Elle a élargi son terrain d’expérimentation en Asie, au Canada et dans les pays nordiques. L’idée ? Montrer comment les nouveaux outils peuvent avoir une influence sur « l’acte d’apprendre », partout dans le monde. L’intérêt de ce livre est d’apporter aux parents, aux enseignants des idées neuves, riches, pleines de bons sens qui auront peut-être le mérite de trouver un écho chez nous pour s’imbriquer à merveille à l’école d’aujourd’hui et constituer celle de demain. Un peu comme ce dossier, en somme.

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