Loisirs et culture
Le dossier du Ligueur de ce mois de janvier vous propose de réfléchir aux moyens de lutter contre la montée des idées d’extrême droite dans notre société. Et donc de favoriser tout ce qui prône l’ouverture aux autres, l’acceptation des différences, la solidarité, etc. Ce dossier proposera une liste de livres jeunesse qui aident les parents à développer ces valeurs auprès de leurs enfants. Parmi ceux-ci, la chronique Lire, ça m’dit de cette semaine a choisi Les gens sont bizarres, de Victor D.O. Santos et Catarina Sobral (éd. Versant Sud Jeunesse). Cet album drôle met en avant le fait que chacun∙e est unique et mérite d’être respecté dans sa différence. À l’école, au club de gym, à la bibliothèque, dans le métro et même chez soi ! Est-il normal d’être bizarre ? Si oui, est-ce bizarre d’être normal ? Finalement nous sommes toutes et tous uniques et cet album le montre dans des illustrations joyeusement colorées, pleines pages, avec une galerie de sacrés personnages observés par un narrateur candide comme peut l’être un enfant qui nous décrit ses observations.
Les gens sont bizarres
Bizarres, vous avez dit bizarres ? C’est ce que se dit le petit narrateur de cet album de Victor D.O. Santos et Catarina Sobral (éd. Versant Sud/Hors collection) en observant passants et passantes à l’école, au club de gym, à la bibliothèque, dans la rue, etc. Il s’adresse en le tutoyant à son chien qui l’accompagne partout (et indirectement aux lecteurs et lectrices). Il partage ses observations et interrogations tout au long de ses pérégrinations. Des thèmes comme l’amour, la joie, la peur, le regard des autres, la liberté de penser par soi-même, le sans-abrisme et surtout la normalité, apparaissent à chaque fois que l’on tourne la page dans une séquence de la vie enfantine quotidienne. Il s’étonne au passage de nos paradoxes et nos contradictions d’adultes qui le laissent bien souvent perplexe. Gageons que chaque lecteur et lectrice sera pareillement amené∙e à s’interroger et à réfléchir le monde qui l’entoure. Et à ne pas s’arrêter à des certitudes toutes faites. L’auteur et l’autrice de ce livre-promenade se sont également amusé∙e à dresser leur portrait dans ce qu’il a de plus bizarre. C’est ainsi que Victor D.O. Santos, auteur américano-brésilien d’albums qui ont été traduits dans plus de quarante langues, porte des chaussettes bizarres et aime jongler avec des pommes et des oranges quand il est au supermarché. Il élève deux enfants multiculturels et trilingues dans le Midwest américain et ne leur parle qu’en portugais, ce qui fait que les gens le trouvent parfois bizarre. Autrice et illustratrice d’albums et de films d’animation portugaise, Catarina Sobral vit dans une maison qui appartient à deux chats – Mooncake et Egas – qui gardent toujours un œil sur son travail, son sommeil et toutes ses activités. Elle n’aime pas faire le ménage, pourtant, elle est maniaque. Il semble qu’elle aime le thé à l’ail, chose qu’elle n’admettrait jamais parce qu’elle aurait l’air encore plus bizarre. Et puis, certain∙e∙s trouveront ses illustrations bizarres car elle ne cherche pas à les rendre hyperréalistes. Elle joue des perspectives, glisse un âne derrière la fenêtre à l’étage d’une épicerie, un chameau dans un jardin et couvre généreusement ses pages de couleurs vivantes. Comme le disait Theodor Seuss Geisel, alias Dr. Seuss, auteur-illustrateur né en 1904 dans le Massachusetts et mort en 1991, cité en fin de livre, « Nous sommes tous un peu bizarres et la vie est un peu bizarre… » (À partir de 4 ans)
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