Développement de l'enfant
Yves Collard et Bérénice Vanneste de Média Animation livrent des clés et des balises pour aiguiser le regard parental sur les écrans côté ados.
« Les parents qui ont envie de confirmer leur impression que les écrans sont nocifs trouveront des sources sur internet ou ailleurs pour apporter de l’eau à leur moulin. Mais l’inverse est tout aussi vrai ». Si on attend d’Yves Collard et Bérénice Vanneste, spécialistes en éducation aux médias, de venir avec des avis et conseils définitifs corroborant l’une ou l’autre thèse, les parents en seront pour leurs frais. Tout en nuance, il et elle refusent un rôle prescripteur, y compris dans la délicate fixation des temps d’écran ! « Les parents sont les experts de leurs enfants, à eux de définir le cadre en fonction de leurs valeurs ».
Quels sont les enseignements de l’enquête « Génération2024. Les jeunes et la consommation en ligne », publiée en 2025 ?
- Les jeunes sont gourmands, ils sont suréquipés et consacrent beaucoup de temps aux écrans.
- Il y a un véritable parcours des écrans, avec une prise d’autonomie au fil des années. Plus l’enfant grandit, plus il va vers des usages personnels et confidentiels.
- On note un rajeunissement de l’âge moyen de l’obtention du premier smartphone. Alors qu’en 2020, c’était 12 ans, on est aujourd’hui à moins de 10 ans.
- L’enquête 2024 témoigne d’une relative paix parent-enfant qu’on ne percevait pas en 2020. Les ados estiment normal d’avoir des règles et y souscrivent, même si les écrans restent encore la carotte et le bâton. On peut faire l’hypothèse que la baisse de l’âge moyen d’acquisition explique aussi l’acceptation des règles.
- Les parents sont obnubilés par le temps que leurs ados passent sur leur smartphone. De leur côté, les ados sont focalisé·es sur les pratiques et les applis auxquelles ils donnent accès.
- Dans un premier temps, les parents contrôlent surtout le temps sur écran, mais ne savent pas grand-chose de ce que leur enfant y fait.
Un conseil à l’adresse des parents ?
Focaliser moins l’attention sur la question de « combien de temps » pour creuser d’autres enjeux plus intéressants, comme « pour quoi faire », « quand », « où » et « avec qui ». Cela débouchera sur une discussion moins crispante et plus riche. Rappelez-vous que pour un·e ado, le smartphone permet de socialiser, de créer son identité, de jouer, de renforcer son appartenance à un groupe ou à une communauté, d’écouter de la musique… Engagez le dialogue avec votre jeune pour réellement vous intéresser à ce qu’il ou elle fait sur les écrans.
Ne méprisez pas les usages de votre enfant au risque qu’il n’ose pas/plus venir vous parler en cas de problème. Le fait d’entretenir une communication autour des usages est gage de confiance pour le ou la jeune. Il ou elle osera plus facilement se confier en cas de difficultés ou vous poser des questions.
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