Développement de l'enfant
« Ma fille de 9 ans me dit qu'elle a des pensées suicidaires. Je la crois étant donné les événements traumatiques qu'elle a déjà traversés et les comportements qu'elle a déjà eus par le passé. Il y a un an, elle avait consulté une psychologue, mais ne souhaite plus y retourner, car elle n’a jamais réussi à s’y sentir pleinement en confiance. Pourriez-vous me conseiller pour trouver un·e professionnel·le de confiance ? »
Vincent
« Un enfant n’évoque jamais le suicide à la légère », entame Anne Claessens, responsable de projets au CréSaM (Centre de référence en santé mentale). Passé la sidération, il en va de la responsabilité de l’adulte de s’arrêter et ne pas minimiser le propos, complète la professionnelle. On pense à tort que le fait d’en parler risquerait de favoriser un passage à l’acte. L’enfant qui parle de suicide a besoin que l’adulte qui l’entoure puisse l’écouter, le soutenir et, surtout, qu’il n’en fasse pas un tabou.
Si l’enfant parle de suicide, le plus indiqué est d’appeler en première intention un service spécialisé, comme le Centre de prévention du suicide, pour Bruxelles, qui dispose d’une ligne d’écoute disponible 24h sur 24 (0800/32 123) ou SOS Suicide, qui couvre Bruxelles et la Wallonie (0800/777 40). Sachant que le suivi proposé est souvent limité à une dizaine de séances, il faut en parallèle mettre en place un suivi psychologique à plus long terme. Le médecin traitant peut être de bon conseil pour orienter vers un·e professionnel·le, car il connait à la fois le réseau de proximité, l’état de santé global de l’enfant et la situation familiale.
Faire appel à des spécialistes
Dans le cas présent, la situation nécessite une prise en charge spécialisée. Un service généraliste ou un·e professionnel·le qui ne dispose pas d’expérience dans la prise en charge d’enfants en lien avec le suicide sont à éviter. Il est possible de consulter sur le site de la Commission des psychologues la liste des professionnel·les répertorié·es, cela offre une garantie en matière de diplômes et de respect du code de déontologie.
Chaque province dispose également d’une plateforme des soins en santé mentale sur laquelle vous pouvez filtrer par critères d’âge, de langue et de spécialisation, y compris une entrée « idées suicidaires ». Les résultats sont présentés sous la forme d’une liste avec nom, adresse et délais d’attente du ou de la professionnel·le et, de façon visuelle, avec la localisation des résultats sur une carte.
« Le lien de confiance enfant-professionnel·le est primordial et doit servir de critère, ajoute Anne Claessens. Après deux ou trois séances, il est important d’évaluer si cette accroche a pu se faire. Faute de quoi, mieux vaut faire le point et chercher quelqu’un d’autre ». Le fait que ce ne soit pas le premier appel à l’aide de l’enfant peut aussi motiver une double prise en charge, d’une part un suivi psy pour l’enfant, d’autre part un suivi systémique pour la famille afin de soutenir et accompagner le ou les parents dans cette crise.
BON À SAVOIR
10 consultations psychologiques de première ligne par an gratuites
En Belgique, les enfants, adolescent·es et jeunes adultes (jusqu’à 23 ans inclus) peuvent bénéficier de dix consultations psychologiques de première ligne par an gratuites. L’accompagnement peut se poursuivre jusqu’à vingt séances supplémentaires à condition qu’un bilan fonctionnel soit réalisé entre le médecin traitant et le ou la psychologue.
Pour bénéficier de soins gratuits, il faut faire appel aux services de professionnel·les qui ont une convention avec un réseau de santé mentale et sont repris·es sur les sites des différents réseaux enfants-adolescent·es :
- Brabant wallon : Archipel
- Hainaut : Rhéseau
- Namur : réseau santé Kirikou
- Liège : R.E.A.L.I.S.M
- Luxembourg : Matilda
- Bruxelles : Psy Bru
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