Société

Mars 1974 : un mois électoral pas assez féminin

L’ARCHIVE DU LIGUEUR

Il y a cinquante ans, la Belgique vit un mois politique intense. Des élections se sont déroulées début mars et on procède à la formation d’un gouvernement. Celui-ci entrera en fonction, en avril, avec à sa tête Léo Tindemans. Il restera quatre ans Premier ministre avec quatre gouvernements différents. La crise économique provoque, en effet, de grosses turbulences sociales avec leur lot de grèves et de contestations. Cette situation complexe est évidemment évoquée dans les pages du Ligueur de l’époque. Mais, c’est un autre angle qui a attiré notre attention : la place des femmes dans la politique.
L’article en question est orné d’un gros point d’interrogation rouge. Son titre ? Les femmes, vecteur de changement dans la vie politique belge. Le constat posé par votre magazine n’est pas jojo. Le parlement sortant ne compte que quinze femmes sur 390 élus. 3%, une misère. Au sein des partis, pas mieux, on dénombre seulement une femme pour dix hommes dans les instances supérieures. Pointée du doigt par le Ligueur, la « structure patriarcale de notre société occidentale qui donne au mari autorité, responsabilité et à la femme dépendance et soumission ». Bref, les stéréotypes ont la peau dure et, dans ce monde-là, le pouvoir politique est donc affaire d’hommes.
La rédactrice de l’article dénonce cette « politique faite exclusivement par des hommes » et descend en flammes les mesures prises dans les domaines féminins, frappant du sceau de l’échec ce qui touche au travail des femmes, à leur émancipation, au planning familial, etc. Loin de se lamenter, l’autrice appelle au sursaut : « Il est trop facile de laisser aux hommes des responsabilités que nous pouvons toutes – à notre niveau personnel – assumer. Si nous croyons à la valeur de notre féminité, nous devons ne pas limiter notre rôle à notre famille, mais, en tentant de briser certaines structures, certaines relations de dominant à dominé, viser à faire de notre société une démocratie véritable ».
Aujourd’hui, au Parlement belge, les femmes représentent désormais plus ou moins 43% des élu·es. Au tournant des années 2000, le fait de recourir à un système de quota pour la confection des listes électorales a permis d’accélérer la féminisation de la politique. En ce qui concerne les gouvernements, ils doivent dorénavant être mixtes. Depuis 2019, le gouvernement wallon doit même être composé d’au moins un tiers d’hommes ou de femmes. Plus question de n’avoir qu’une femme ministre comme cela a été le cas en 2009 et 2014. Même si tout est encore loin d’être parfait (les présidentes de partis se font ainsi rares), on peut estimer que les choses ont évolué dans le bon sens en cinquante ans.

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