Santé et bien-être

Mon enfant se cache pour manger

Comment réagir quand son enfant mange en cachette

« J’ai surpris à plusieurs reprises ma fille de 4 ans manger des glaces à l’eau, cachée sous la table. À chaque fois, c’était au petit matin, dans l’intervalle où elle se retrouve seule dans la cuisine alors qu’elle est censée attendre son réveil de 7h pour se lever. Je n’ai pas envie de cacher la nourriture, ni de me lever aux aurores, comment réagir de façon constructive ? »
Julia, maman de Noélie, 4 ans

Pour répondre à la question de Julia, nous avons frappé à la porte de Mireille Pauluis, psychologue, et à celle de Gisèle Gual, diététicienne-nutritionniste.
« 4 ans, c’est l’âge de la toute-puissance où l’enfant découvre qu’il peut penser autrement que l’autre, ce qui l’amène nécessairement à tester des choses. C’est aussi l’âge des premiers mensonges, des premières carabistouilles », entame Mireille Pauluis. Pour la psychologue, quand Noélie se délecte d’un glaçon, elle teste, s’affranchit de l’autorité parentale et fait preuve d’une certaine autonomie. Rien de bien grave, donc. Cela ne veut pas dire pour autant que le parent ne doit rien dire.

Rappeler le cadre

Mireille Pauluis suggère de marquer son désaccord et constater que l’enfant ne respecte pas les règles de la famille en allant se servir dans le frigo. « Ce qui prime, c’est de donner du sens aux règles ». Si l’enfant comprend que les parents font les courses et organisent les repas, il souscrira plus facilement à la règle qu’on ne va pas se servir seul·e dans le frigo. La psychologue conseille encore de ne pas se focaliser sur la nourriture pour ne pas que ça devienne un terrain de guerre, mais plutôt d’insister sur l’importance de respecter les règles.

(Se) questionner pour comprendre

Une fois le rappel des règles et du cadre effectué, Gisèle Gual invite les parents à se questionner : l’enfant mange-t-il en cachette parce qu’il y a trop d’interdits alimentaires à la maison ? Le cadre alimentaire est-il trop strict ?
Après cette introspection, la diététicienne suggère de questionner l’enfant d’une manière curieuse pour comprendre sa motivation. S’il ne se sent pas jugé, il pourra sans doute mieux expliquer ce qui fait qu’il ou elle a envie de manger avant le petit déjeuner. Si l’enfant ne sait pas, on peut creuser plusieurs pistes : tu as faim ? Tu as peur qu’il ne reste plus de glace pour toi ? « L’idéal, c’est vraiment d’éviter le jugement pour que l’enfant n’ait pas honte, mais être plutôt dans la curiosité pour chercher à comprendre son moteur ».
Pour Gisèle Gual, la piste de la faim est tout à fait plausible. Dans le cas où l’enfant est seul dans la cuisine au petit matin et que les parents ne sont pas encore levés, la diététicienne conseille de prévoir un petit casse-croûte pour apaiser sa faim et amorcer le petit déjeuner. « Le parent peut laisser à disposition une tartine sur la table ou même un petit dessin qui correspond à ce qu’il peut aller chercher lui-même dans le frigo comme un yaourt, un bol de fruits, une crêpe… ».
L’avantage du pictogramme selon la diététicienne, c’est que c’est ludique. On préserve aussi l’autonomie de l’enfant en marquant son accord pour qu’il aille dans le frigo se servir de l’aliment en question, ce qui crée aussi une forme de connivence enfant-parent.