Loisirs et culture

Pourquoi Flip 7 sera le jeu de l’année (et pourquoi c’est une excellente chose)

On explique pourquoi Flip 7 est le grand gagnant de 2026

L’article casse-gueule par excellence : celui qui se base uniquement sur le flair du journaliste et qui peut donc tant le faire passer pour un visionnaire que pour un incompétent crasse. Qu’à cela ne tienne. On prend les paris, parce qu’au final, que Flip 7 soit sacré ou non par les cérémonies ludiques de l’As d’Or 2026, il a déjà gagné toutes les batailles.

Il y a à peu près un an, nous vous annoncions enfin la sortie en VF d’un jeu que l’on surveillait depuis des mois et que l’on avait eu l’occasion de tester – presque – en avant-première : Flip 7. Un jeu extrêmement efficace de stop ou encore qui a conquis quasiment tous les cœurs.

Les cartes du jeu Flip 7

« Allez, je continue… »

Ce simple petit jeu, qui s’explique en même temps qu’il se joue et qui peut réunir tant les accros de jeu de cartes les plus pointus que les personnes qui haïssent les jeux de société, a le mérite de rassembler toutes les générations autour d’une même table. Il se joue de 3 jusqu’à 8, voire 16, joueurs et joueuses si vous avez deux paquets en votre possession. Le principe ? Le jeu est composé de six cartes 6, neuf 9, douze 12, etc. Chacun, chacune demande des cartes sans restriction, en espérant ne pas obtenir de double, sans quoi il ou elle sort de la manche. On s’arrête quand on veut. À temps, si possible. Et si on réussit à collecter sept cartes différentes, on provoque alors un Flip 7 qui rapporte 15 points.
À l’issue de chaque tour, on compte les points. Le premier, la première à atteindre 200 l’emporte. Tout cela est agrémenté de cartes spéciales qui permettent tant de sauver une vie que de faire des coups de crasse à ses compagnon·nes ou d’arrondir son score. La dynamique du jeu ? Elle repose justement sur… la dynamique autour de la table. Flip 7 est d’abord un jeu d’ambiance. On se charrie, on se provoque. On pousse l’autre à prendre des risques, dans le but de remporter la manche afin d’avoir le plus haut score. La phrase qui vous perdra ? « Allez, je continue… ».
Au-delà de la mécanique d’une simplicité rare, de la surcharge d’adrénaline et d’un graphisme d’une efficacité absolue, pourquoi ce jeu ravage tout sur son passage ?

La règle du jeu

Plus d’un million d’exemplaires vendus

Au moment où l’on écrit cet article, la version francophone de Flip 7 a dépassé rien qu’en France et en Belgique le million d’exemplaires vendus. Pourquoi est-ce que ce type de jeu d’une simplicité absolue, à l’instar d’un Skyjo ou d’un Uno, fonctionne-t-il si bien chez nous ? D’abord, son histoire. Un peu de story telling, comme disent les as du marketing.
Les fondateurs d’USAopoly, au pays de l’oncle Sam, passent leur temps à adapter les Monopoly à toutes les sauces et n’en peuvent plus. Pour échapper à leur burnout annoncé, ils s’amusent à fabriquer des petits jeux. L’ovni Da Da Da, dont on vous a déjà parlé, et ce Flip 7 vendu sur la boîte comme « le meilleur jeu de cartes de tous les temps ». Ravageur, fédérateur, le bouche-à-oreille fonctionne illico. Les raisons de son succès ? Il est d’abord très lisible et permet de faire jouer, comme on l’a vu, un très grand nombre de joueurs et joueuses. Familiales, amicales, collégiales, Flip 7 électrise toutes les tables.
On lui prédit un succès proche de Skyjo, qui a dépassé en France et en Belgique les cinq millions de jeux vendus. L’analogie n’est pas anodine, car pour comprendre ces succès, il faut remonter dans le temps.

La boîte de jeu Flip 7

Vous reprendrez bien un supplément d’âme

Tous ces bons jeux reposent sur des mécaniques ancestrales. De cette époque où l’on tapait le carton de génération en génération au coin du feu sur une table cirée. Nos habitudes de jeux proviennent de là et, parfois, un succès populaire nous permet de renouer avec les bonnes vieilles traditions jouettes où tout est simple, très clé en main. Skyjo, c’est la revisite du Golf. Uno, le 8 américain. Taco Cheese Pizza, c’est le Pouilleux. Jungle Speed, le jeu du bouchon… Tous ces jeux font mouche, parce qu’ils reposent sur des jeux traditionnels de 54 cartes qui font partie de notre grammaire collective. Tout le monde reconnait une dame de cœur, un 7 de trèfle, etc. Les termes « défausse », « atout », « pioche », « donneur »… font également partie de notre patrimoine. Ils appartiennent pleinement à une tradition orale. On y joue sans l’obstacle de la règle ou du vocabulaire qu’on ne comprend pas. Et si c’est le cas ? Alors cette valeur de transmission que l’on aime tant dans le jeu au Ligueur opérera. Pour apprendre le poker à son enfant, un parent ne lira pas de règle. Il lui apprendra comme ses aïeux lui ont appris avant lui.
D’où l’appropriation immédiate. D’où également cet aspect familial ou amical si charmant. Toutes ces petites boîtes sont agrémentées d'un supplément d’âme. La charge émotionnelle est donc immédiate. D’ailleurs, on s’aperçoit que les succès sont très culturels. Par exemple, Skyjo ne connait pas le même succès dans les pays francophones qu’au Japon ou aux USA, par exemple.
La suite ? Ces jeux vont devenir des classiques, indémodables. Et peut-être même que dans les années à venir, à force d’être joués en famille, dans les cours de récré, il va peut-être se passer quelque chose de formidable : celle de voir pousser à droite à gauche des variantes locales et régionales. Un Skyjo namurois ? Un Uno liégeois ? Un Flip 7 forestois ? On a déjà hâte.
Rendez-vous le 26 février, donc, pour le verdict de l’As d’Or de l’année. Mais, comme vous pouvez le constater, Flip 7 l’a déjà emporté haut la main.

ZOOM

Et pourquoi pas un zeste de néo rétro ?

Il se passe aussi parfois l’inverse de ce que l’on vient de vous expliquer : un jeu traditionnel refait surface. C’est ce qu’il s’est passé avec la Mèn’che, ce jeu de plis en équipe dont les parties se disputaient sur le croissant de Bastogne. Deux historien·nes l’ont remis au goût du jour dans une version très agréable à jouer. On vous présente ce super morceau de patrimoine qu’on vous conseille prestement de (re)découvrir… et de continuer à faire vivre.