Actu Parents
Un coup de sonde organisé par les associations de parents Fapeo et Ufapec, associées au Comité des Élèves Francophones, confirme un large soutien des parents face au mouvement de contestation des enseignant·es. Reste cette inquiétude quant à l’organisation des examens et épreuves de fin d’année.
« Nous nous attendions à l’expression d'un soutien aux enseignants, puisque des responsables d'associations de parents, mais aussi des parents en leur nom propre, nous ont contacté pour nous demander ce que nous préconisions comme actions à mener pour soutenir les enseignants. Cela nous avait surpris. Habituellement, quand il y a des grèves, nous recevons plutôt (c’est rare, mais ça arrive) quelques réactions plutôt courroucées ». À l’Ufapec (Union francophone des associations de parents de l’enseignement catholique), Bernard Hubien, secrétaire général de l’association, n’est donc pas trop étonné des résultats du coup de sonde organisé conjointement avec la Fapeo (Fédération des parents et des associations de parents de l’enseignement officiel).
Préoccupation majeure
Donc pas de surprise sur le soutien affiché. Un peu plus, peut-être, sur l’ampleur de celui-ci. En tout, plus de 1 700 parents ont répondu aux questions. Lorsqu’on les questionne sur leur soutien au mouvement de grève, les mamans et les papas sont à plus de 82% dans le « tout à fait » et le « plutôt oui ». « On s'attendait à un large soutien. Mais on voulait objectiver davantage celui-ci pour vérifier qu’on était dans le bon, explique Veronique de Thier, codirectrice de la Fapeo. Alors, ce n'est qu’une prise de température, un coup de sonde, ce n’est pas un échantillon scientifiquement valable, mais les résultats sont tellement massifs qu’ils témoignent d’une inquiétude partagée : l'école doit vraiment être une préoccupation majeure ».
Les résultats témoignent donc d’une interrogation sur l’avenir de l’école, sur les mesures prises par le gouvernement. Lorsqu’on leur demande s’ils comprennent les revendications des enseignant·es, les parents sont 86% à répondre par l’affirmative. Quant aux perturbations scolaires, elles sont justifiées pour plus de 75% des parents. Là, où l’opinion se fragmente, c’est lorsque se pose la question du maintien des épreuves externes, comme le CEB, le CE1D et le CESS. Les tenant·es du maintien représentent plus de 44% des votant·es, les opposant·es au maintien, 27%. Petite particularité relevée dans l’analyse des chiffres, la tendance à demander l’annulation augmente chez les parents dont les écoles ont subi le plus de perturbations.
Comprenez-vous les revendications des profs ?
Flou et inquiétude
« La grosse inquiétude des parents tourne autour de cette question : comment va s’organiser la fin de l’année dans l’école de leurs enfants ? », relève Véronique de Thier. Une inquiétude qui est amplifiée par le flou inhérent aux dispositions de fin d’année prises dans les différentes écoles qui restent souveraines dans cette organisation. « Les situations sont vraiment variables, note la codirectrice de la Fapeo. Il y a des écoles où il n'y a pas d'examen, d’autres qui organisent uniquement des examens pour les élèves qui sont en échec. Il y a des écoles qui maintiennent complètement la session d'examen ». Bernard Hubien de l'Ufapec renchérit : « Chaque pouvoir organisateur est responsable de cette organisation. C'est normal qu'il y ait des différences d'une école à l'autre. Il faut aussi souligner une chose importante : les examens ne sont pas une obligation du tout (voir ci-dessous) ».
Tout cela participe à une certaine incompréhension côté parent, parfois amplifiée par des écoles qui communiquent trop tardivement ou de façon peu claire. « Ce matin, relate Bernard Hubien, j’avais encore une maman au téléphone qui était très inquiète. Son fils était en 5e et n'allait passer aucun examen. Par rapport à l'organisation, elle me disait n'avoir pas reçu d'information. Je lui ai dit que s’il y avait bien une première chose à faire, c'était d’interroger l'école ». Une vigilance proactive s’impose donc, Véronique de Thier confirmant que les retours de parents vont vraiment dans tous les sens avec, en filigrane, le risque d’une inégalité de traitement.
Le maintien des épreuves externes (CEB, CE1D, CESS) vous semble-t-il pertinent ?
« Il faut bien rappeler aux parents qu'ils ont un droit de recours contre les décisions du conseil de classe »
EN PRATIQUE
Pas de panique face à l’éventuelle non-organisation des examens
Que ce soit à l’Ufapec ou la Fapeo, on entend rassurer les parents face aux sessions d’examens qui restent en suspens.
« C’est vrai que les inquiétudes, liées à ça, sont manifestes, explique Bernard Hubien de l’Ufapec. Ce qu'on explique aux parents, parce que l'annulation des examens, par exemple, ne veut pas dire que le conseil de classe est en incapacité de procéder à l'évaluation nécessaire. C’est valable les années où il n'y a pas d'épreuve pour l’obtention de certificat certificatif externe. Il faut rappeler quand même que les épreuves du CEB, du CE1D ou celles du CESS sont très partielles par rapport à l'ensemble des cours. Le conseil de classe doit prendre ses responsabilités et nous savons que, chaque année, des élèves ratent des examens ou une épreuve externe et passent quand même leur année. Le conseil de classe, au sein de l’école, reste souverain. »
Veronique de Thier ajoute, pour la Fapeo, qu’une décision peut être contestée. « Il faut bien rappeler aux parents qu'ils ont un droit de recours contre les décisions du conseil de classe. J’ajoute aussi que l'école doit appliquer son 'règlement des études' dans lequel sont précisées toutes les modalités notamment d'évaluation et de sanction des études. Cela fait partie du 'contrat' passé avec les parents. Donc, si une école prévoit, dans son règlement des études, qu’il y a une session d'examen en juin et qu'elle ne l'organise pas en raison des mouvements sociaux, etc., les décisions doivent toujours être prises au bénéfice de l'élève. Pour nous, à la Fapeo, le bénéfice de l'élève, c'est toujours de ne pas le faire redoubler ».
ZOOM
Les préoccupations principales des parents
Dans le coup de sonde de l’Ufapec et de la Fapeo, trois préoccupations parentales se distinguent.
La hausse du minerval dans le supérieur: « plus de 75 % des parents déclarent être concernés par cette inquiétude ».La modification du tronc commun avec une 3e secondaire orientante: « Plus de 50 000 familles ont inscrit leur enfant dans une école secondaire sans connaître les modalités futures du tronc commun. Ce coup de sonde confirme les retours du terrain : une majorité des répondant·es se disent fortement ou très fortement inquiet·es face au manque de clarté concernant le parcours de leur enfant ».L’augmentation des coûts scolaires et extrascolaires: « La suppression des repas chauds et complets pour les élèves les plus précaires, la réduction drastique des moyens accordés à la gratuité scolaire ou encore la fin de la gratuité dans les académies inquiètent les parents ».
À LIRE AUSSI