Loisirs et culture

Questionnons le masculin

le Théâtre Le Public propose la 2e édition de son Focus Les BienVeilleuses

Pères et fils, parents et adolescent∙es, voilà l’occasion de passer un moment au théâtre ensemble et – pourquoi pas ? – d’échanger. En particulier parce qu’il y est question d’éducation. Jusqu’au 2 mai, le Théâtre Le Public propose la 2e édition de son Focus Les BienVeilleuses : trois spectacles, des documentaires, des installations audios, des ateliers d’écriture, des rencontres afin de questionner le masculin dans notre quotidien.

Le continent masculin, vu à partir des pères, mais pas uniquement, le Ligueur l’a abordé régulièrement ces derniers temps en vous présentant des livres comme L’arnaque des nouveaux pères (Glénat), De père en fissures (L’Harmattan), Être un père féministe, mission impossible ? (Textuel), Avoir un fils (neuf récits intimes sur l’éducation des garçons et la construction de la masculinité) (Solar). Le spectacle vivant, comme le théâtre, n’est pas en reste avec une approche plus directe des publics. Le Théâtre Le Public, engagé sur des questions de société contemporaines, participe à cette dynamique.

Focus au masculin pluriel

Après le succès d’une première édition en 2024 centrée sur les victimes de violences intrafamiliales, le Théâtre Le Public s’est lancé ce nouveau défi : questionner le masculin. Il s’est placé pour l’occasion sous le marrainage de Simone de Beauvoir qui interpellait l’espèce humaine en ces termes : « Personne n’est plus arrogant envers les femmes, plus agressif ou méprisant qu’un homme inquiet pour sa virilité ». Dans le sillage de cette affirmation, l’équipe a sous-titré son festival de trois semaines « Entre bien-veilleurs et mal-veillants, focus au masculin pluriel », avec la volonté d’esquisser des réponses et d’apporter des solutions aux violences sexistes toujours trop présentes.
« Ensemble, nous interrogerons le système patriarcal, précise Patricia Ide, codirectrice du Public et organisatrice des BienVeilleuses, l’éducation à la masculinité, la construction de l’identité masculine, les mythes de la virilité ainsi que le malaise des hommes et l’explosion des mouvements masculinistes depuis MeToo. Depuis des millénaires, le masculin se présente comme la norme, évident et ‘naturellement’ supérieur. Justifiant ainsi un système de domination n’ayant pourtant rien de ‘naturel’ et s’appuyant sur des siècles de constructions culturelles, mythologiques, religieuses, philosophiques et scientifiques élaborées par et pour les hommes. Ces dernières décennies ont fait voler en éclats ces certitudes. »
Plusieurs questions devraient être abordées : « Assistons-nous effectivement à une crise de la masculinité ? Ou la masculinité n’est-elle pas toujours en crise ? Comment faire face à la violence qui en découle ? Comment s’émanciper des modèles virils dominants et envisager d’autres façons d’être ‘homme’ ? Quelle place pour l’éducation des filles et, en l’occurrence, des fils ? Quel rôle pour les pères ? ».

Une programmation riche

Le programme s’axe autour de trois spectacles :

  • Backlash, de Penelope Skinner (jusqu’au 18 avril). L’histoire de Dany, paumé depuis son licenciement et père d’un adolescent qu’il voit peu, qui va être attiré par un masculiniste piquant, séducteur et charismatique…
  • XY (La domination en héritage), écrit et mis en scène par Patricia Ide (du 21 au 24 avril). Un spectacle-docu pour se demander où en est le genre masculin et aborder les questions autour d’une virilité ancestrale, l’acceptation d’une féminité redoutée, l’invention d’une masculinité sereine, l’aventure vers une humanité réconciliée…
  • C’était mieux après, de et avec Alexis Goslain (du 28 avril au 2 mai). Un seul-en-scène avec un père, homme de théâtre et père divorcé, face à une période charnière de sa vie : son fils lui annonce qu’il renonce à un métier similaire au sien et qu’il va vivre ailleurs. Il panique, s’insurge, s’interroge, se remet en question avec humour et sincérité. Un portrait émouvant.

En parallèle, du mardi au samedi, dès 18h30, sont proposés des documentaires, des installations audios, trois ateliers d’écriture et des bords de scène. Ceux-ci consistent en des rencontres d’une durée d’environ trente minutes pour échanger avec le public, avant ou après la représentation, avec des enseignant∙es, des journalistes, des psychologues, des juristes, des criminologues, des sociologues, des représentant∙es d’associations (Centre d’Action Laïque, Le monde selon les femmes, Corps écrits, etc.). C’est ainsi que le Ligueur a été invité pour le bord de scène du 1er mai, dans la foulée du spectacle C’était mieux après.

EN PRATIQUE

Théâtre Le Public : rue Braemt, 64-70 à 1210 Bruxelles.
Infos et réservations : 02/724 24 44 ou visiter le site theatrelepublic.be pour composer soi-même sa soirée. Pour les abonné·es de la saison 25-26, activer votre Pass gratuit (à l'exception des Ateliers d'écriture).