Développement de l'enfant
Vivre des nouveautés, ça fatigue terriblement. Vous l’observez en direct avec les premiers pas de votre loulou à l’école. Histoire qu’il en profite au max, voici quelques éléments bons à garder en tête avec le pédiatre José Groswasser, ancien responsable de l’unité de sommeil de l’Hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola (Huderf) - Hôpital universitaire de Bruxelles (HUB).
À 2 ans et demi-3 ans, un enfant dort dix à douze heures par nuit. « Avec un coucher vers 19 heures-20 heures, selon ses besoins. Et un lever vers 6 heures 45-7 heures, lorsque l’école n’est pas trop loin de la maison. » Et ce, sans compter une sieste d’une à deux heures organisée en début d’après-midi à l’école. « Nous sommes tous programmés pour dormir deux fois par jour : pendant la nuit, bien sûr, mais également en milieu de journée », insiste José Groswasser.
Autres rappels. Le sommeil sert, d’une part, à recharger ses batteries, récupérer l’énergie nécessaire à ses activités futures et, d’autre part, et c’est surtout valable pour le sommeil de nuit, à consolider ses apprentissages – et ils sont nombreux à 2 ans et demi-3 ans ! Votre enfant manque de sommeil ? Il y a des indices. « S’il a du mal à se lever et est grognon le matin, s’il est beaucoup moins actif qu’à son habitude en classe ou reste dans son coin, c’est sans doute parce qu’il ne dort pas assez. Mais il faut aussi savoir que la fatigue chez le petit enfant se manifeste de manière paradoxale : par une grande excitation, une activité désorganisée, une agitation motrice importante », explique le pédiatre.
Éloge de la sieste
Normalement, une sieste est prévue en classe d’accueil et en 1re maternelle. Certains enfants en ont moins besoin que d’autres. Certains y résistent ferme : « Ils n’ont pas envie de tirer la prise pendant un moment de la journée et sont probablement plus fatigués en rentrant le soir à la maison. » En tout cas, il importe d’offrir à chaque bambin l’occasion de faire une sieste dans de bonnes conditions. C’est-à-dire ? « Dans une pièce calme et plongée dans la pénombre, dans un lit confortable, avec le "doudou du sommeil" si besoin. C’est toujours mieux que l’enfant se réveille spontanément de sa sieste. Et, de façon générale, le sommeil ne devrait jamais lui être présenté comme une punition ! L’adulte – parent ou instit – doit lui parler positivement de la sieste, lui montrer qu’il sera plus en forme après. » S’il n’en ressent pas le besoin, à lui, alors, un temps d’activités calmes…
À la sortie de l’école, vous récupérez votre enfant épuisé ? Comment réagir ? « Je vais donner une réponse pragmatique, dit José Groswasser. Comme parent, on avance par essais et erreurs. Il faut expérimenter. Un enfant qui, de retour de l’école, montre ou dit qu’il veut dormir, on le laisse dormir : c’est qu’il en a besoin ! Au bout d’une heure, on vérifie doucement s’il est capable de se réveiller, sans trop insister. Le soir, on le met au lit à l’heure habituelle. À savoir ici : plus l’enfant est fatigué, plus il aura des difficultés à s’endormir. Maintenant, si l’expérience montre que cela ne se passe pas bien, que l’enfant a souvent du mal à s’endormir le soir ou à passer une nuit correcte, il faut réfléchir à des solutions, avec l’aide du pédiatre par exemple. Et là, il n’y a pas de solution générale, elle sera toujours individuelle. »
Le coucher et son rituel
Le soir, le bon moment du coucher, pour votre enfant, « c’est quand il montre qu’il est fatigué. Essayez qu’il n’aille pas dormir au-delà de 20 heures. Et si, dès 19 heures, il se frotte les yeux ou se pose dans un coin le pouce en bouche, mettez-le au lit », recommande José Groswasser. Et s’il n’affiche pas des signes de fatigue ? « Alors, c’est la régularité qui compte. » Bain, repas pris ensemble, dents brossées, pyjama mis, puis au lit ! Le coucher s’assimile à un moment apaisant et agréable : avec une ou deux histoires racontées, de gros câlins – et, surtout, pas d’écrans. « Et on papote des expériences vécues pendant la journée. C’est surtout valable si l’enfant a tendance à faire des terreurs nocturnes ou des cauchemars. Tout ce qui sera raconté de manière calme au moment du coucher ne sortira pas de manière violente pendant la nuit. »
2 ans et demi-3 ans, c’est en effet une période de terreurs nocturnes et de cauchemars (tous les détails dans Le Ligueur et mon bébé consacré aux 21-23 mois). La terreur nocturne (ou éveil partiel de nuit) survient plutôt en début de nuit. L’enfant se comporte comme s’il était éveillé mais, en fait, il dort profondément : il est assis dans son lit, les yeux grands ouverts, il est très agité, hurle… Le lendemain, il n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé. Même si la terreur nocturne impressionne, il faut intervenir le moins possible. Par contre, la prévention joue, insiste le pédiatre. « On a longtemps cru que les terreurs nocturnes étaient dénuées de contenu onirique. Or, quand on entend des enfants parler pendant des terreurs nocturnes, on voit bien qu’elles sont liées à des expériences vécues en journée. » D’où son conseil de papoter avec l’enfant avant le coucher. Autre action préventive : respecter une bonne heure de coucher pour que l’enfant ne soit pas en déficit de sommeil. À noter : le somnambulisme est une terreur nocturne accompagnée de mouvements. D’où des mesures de sécurité à appliquer. Le cauchemar, quant à lui, se produit plutôt en fin de nuit et est une manière d’exprimer ses peurs. Après un cauchemar, l’enfant a besoin d’être rassuré, puisqu’il s’est réellement réveillé, qu’il en a le souvenir et qu’il peut avoir des difficultés à se rendormir. À faire, alors : le prendre dans les bras, lui parler, l’écouter raconter ce qui l’a terrifié…
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