Développement de l'enfant

Stimuler, ni trop, ni trop peu

Comment donner à un petit enfant sa « juste » dose de stimulations ?

Comment donner à un petit enfant sa « juste » dose de stimulations ? En faisant attention à son état. Quand il montre des signes de fatigue, il ne faut pas insister. Mais encore ?

Nous avons posé la question à quatre professionnel·les spécialisé·es dans la petite enfance : Bénédicte Guislain, kinésithérapeute pédiatrique, Pascale Gustin, psychologue et psychanalyste, Nicolas Ryez, psychomotricien, et Doris Morbois, logopède.
Notre quatuor s’accorde pour interroger la disponibilité de l’adulte et de l’enfant, et prendre en compte le besoin de pause de ce dernier.
« Le rôle de l’adulte est de proposer à l’enfant des jeux adaptés à ses compétences et qui l’invitent à en développer de nouvelles, estime Bénédicte Guislain. À certains moments, ils vont jouer ensemble, parce qu’ils ont envie d’avoir du bon temps à deux ou que l’enfant en a besoin. À d’autres, l’enfant va jouer seul, avec l’adulte qui le soutient par sa présence bienveillante, ses encouragements. Un enfant bien dans sa peau est un enfant capable de jouer seul, à tout âge. Ce temps du ‘tout seul’ varie selon l’âge ».
« La pulsion de découverte de l’enfant lui vient de l’intérieur, renchérit Pascale Gustin. On lui propose des choses, en fonction de son intérêt, de sa disponibilité. Il peut être actif un temps, puis avoir besoin d’une pause. Si on lui propose trop de choses, on le sur-stimule. Et quand il y a trop, cela dévalue la valeur des choses. On peut aussi dys-stimuler un enfant : pris entre des stimulations différentes, il est perdu. Parfois aussi, on ne lui laisse pas le temps d’aller au bout d’une activité, comme si, à la limite, on ne lui permettait pas de ‘s’ennuyer’. Mais, de grâce, tant que l’activité semble avoir du sens pour lui, on le laisse jouer ».

Tout est prétexte au langage, à la communication

Pour Nicolas Ryez, « un critère à garder en tête est l’âge de l’enfant et les compétences attendues à cet âge ». Autre point capital : « Stimuler l’enfant car on veut absolument atteindre tel ou tel objectif fixé, pour qu’il évolue, non ! Parce qu’on ne joue plus pour jouer, pour prendre du plaisir partagé ». Et puis, « c’est intéressant que l’enfant ait des temps sans interactions, sans le parent. Des temps off, de repos, sous la couverture ou dans la cabane, pour nourrir sa pensée ».
Pour Doris Morbois, « c’est important de stimuler l’enfant simplement dans les activités du quotidien : tout est prétexte au langage, à la communication. Et de ne pas le stimuler en continu. Il a besoin de moments pour explorer seul et de moments de pause, d’ennui. C’est important aussi qu’il puisse initier l’interaction, l’échange. Si on est constamment en train de le stimuler, il n’a plus l’occasion de prendre la position de celui qui initie ».