Société

Un réarmement ? Non, de l’engagement !

Emmanuel Macron aura fait vibrer les ondes médiatiques jusque chez nous. Lors de sa conférence de presse*, le président français a exposé sa vision d’une nouvelle ère politique parée d’un mot guerrier, le réarmement. L’un, démographique - traduction : il est temps, chers parents, de faire des bébés pour contrer la chute de la natalité. L’autre, civique - traduction : il est temps, chers parents, de surveiller de près les yeux de vos enfants rivés sur leurs écrans. Pour la Ligue des familles, Macron fait fausse route !

Une société écrans admis

La question de la (trop) grande place des écrans dans les foyers préoccupe tous les parents. Logique, certains d’entre eux n’ouvraient pas encore les yeux que leur joli minois était déjà capturé par les pixels d’un smartphone. On ne peut donc pas reprocher à nos enfants d’en vouloir autant, des écrans !
Le président français estime qu’ils ramollissent le cerveau de nos enfants. Mais faut-il pour autant légiférer pour interdire du contenu, bloquer des accès voire, à terme, sanctionner les parents ? Pour la Ligue des familles, la réponse est clairement non ! Censurer, c’est infantiliser les parents et les enfants. Interdire, c’est les priver de développer un regard critique sur les contenus de la toile. En fait, c’est les rendre encore plus perméables aux fausses informations qui inondent nos réseaux. C’est les fragiliser face à une technologie en perpétuelle évolution. En revanche, légiférer pour obliger les fabricants à développer davantage d’outils de contrôle parental mériterait une réflexion.
La Ligue des familles défend, depuis toujours, la prévention sur les risques de cet infini univers virtuel. Elle met en place des ateliers clés-sur-porte tels que le Webetic (voir encadré) pour aider les parents à gérer l’usage des écrans en famille ou La face cachée du clic, dans le cadre de nos actions d’éducation permanente. Pas question ici d’interdiction, mais bien d’outils pour aider les parents à intégrer cette technologie sereinement dans leur univers familial : savoir arbitrer avec son enfant son usage en fonction des contenus et de son âge, l’amener à identifier quand il doit protéger son intégrité. Au cœur de ces ateliers, l’écoute, le dialogue et le regard critique constituent les balises pour apprivoiser ce média devenu incontournable.

Soutenir les couples qui font le choix de faire des enfants

Autre volet de la nouvelle politique française, contrer un taux de natalité** en berne. La solution ? Inciter les couples à faire des enfants. D’où l’idée de prolonger le congé maternité. Certes, les chiffres baissent, aussi en Belgique. Mais ce n’est pas la solution car, en réalité, ces chiffres reflètent la difficulté d’être parent aujourd’hui. Être parent au quotidien reste un challenge !
Dans le cadre de nos Ateliers des parents (voir encadré), le module lié à l’organisation familiale est celui qui remporte le plus de demandes. En écho, les chiffres de notre Baromètre des parents (2022) : 70% des parents affirment ne pas pouvoir combiner leur vie professionnelle avec leur vie familiale, 81% quand il s’agit d’enfants en bas âge. Pas étonnant quand on sait que 4 parents sur 10 ne trouvent pas de places en crèche !
En Belgique, ce sont surtout les dispositifs censés aider les parents dans leur parentalité qui sont insuffisants : un congé de maternité le plus court d’Europe, un congé parental trop peu attractif notamment financièrement, un congé de paternité certes quelque peu rallongé (grâce à la Ligue des familles) mais toujours trop court, etc.
La Ligue des familles veille à ce que tous les parents bénéficient des conditions idéales pour vivre une parentalité épanouie. Défendre leurs intérêts et lutter pour obtenir des changements est notre principale mission. C’est pourquoi nous exhortons nos responsables (actuel·les et futur·es) à améliorer les dispositifs existants, en commençant par augmenter la rémunération du congé parental à 1 500€ pour un congé complet dès le premier mois. Et surtout à ne pas suivre l’exemple français, car ce n’est pas d’un réarmement dont nous avons besoin, mais bien de renforcement et d’engagement !

* Conférence de presse du 16 janvier 2024 organisée à l’Élysée. Le président français n’avait plus fait ce genre d’exercice depuis avril 2019.
** Le taux de fertilité est de 1,5 enfant par femme alors qu'il faudrait atteindre un taux de 2,1 enfants pour maintenir le seuil de remplacement des générations.

EN PRATIQUE

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