Société
Enfants à bord : comment adapter les voitures partagées aux familles avec enfants ? C’est ce que la Ligue des familles et autodelen.net ont voulu déterminer en les faisant tester à des familles bruxelloises. Parmi les points à améliorer : l’absence de siège enfant, la procédure d’inscription, l’accompagnement lors des premières utilisations et le manque de grands véhicules familiaux.
Pendant deux mois, dix-neuf familles bruxelloises aux profils variés (en couple, monoparentales, recomposées, avec un ou deux enfants ou nombreuses, habitant dans différentes communes), ont pu gratuitement tester Cambio, Poppy et Miles avec le soutien de Bruxelles Mobilité et de Bruxelles Environnement. L’objectif était de recueillir leurs expériences et leurs difficultés afin d’en tirer des recommandations pour améliorer l’accès aux voitures partagées pour les familles.
Bonne nouvelle : une majorité d’entre elles a trouvé cette expérience positive. Les voitures partagées peuvent être une bonne alternative aux transports en commun ou au vélo quand la destination est difficilement accessible ou qu’il faut se déplacer en soirée. Par rapport à une voiture personnelle peu utilisée, les avantages sont également nombreux : pas de parking, d’assurance, de réparations à payer, tout en diminuant son empreinte carbone.
Mais cette expérience a aussi permis de mettre en évidence des difficultés qui doivent être abordées si on veut que plus de familles puissent recourir à l’autopartage. Nous en détaillons les principales dans cet article ; l’étude reprenant l’ensemble des recommandations est disponible sur le site de la Ligue des familles.
► Absence de siège enfant : un frein majeur
Pour tous les parents avec des enfants ayant besoin de siège enfant, l’expérience fut difficile. Plus les enfants sont petits, plus les sièges sont volumineux et lourds. Pour un trajet, la famille doit amener les sièges et les enfants jusqu’à la voiture, les installer tout en « gérant » les enfants et… recommencer quand la réservation est terminée. En un mot : « Complexe ». Et encore plus pour les familles nombreuses avec de jeunes enfants et les familles monoparentales : « Côté logistique, déposer le véhicule, laisser les enfants, ce n’est pas gérable en tant que parent solo avec des jeunes enfants ».
► Disponibilité des véhicules : pas toujours au rendez-vous
Comparée à une voiture personnelle, la voiture partagée nécessite plus de planification et entraîne une plus grosse charge mentale : il faut la réserver, calculer le temps de réservation, assurer la logistique avec les sièges enfant… Prendre spontanément une telle voiture peut poser un problème de disponibilité, particulièrement en soirée et les week-ends.
Ce manque de disponibilité est encore plus criant pour les grands modèles utilisés par les familles nombreuses : « À la station Cambio à côté, il n’y a que des petites voitures, on a trois enfants qui ont besoin de sièges auto, donc les trois ne rentraient pas dans la petite voiture citadine. On doit aller dans une autre station plus loin. La logistique des sièges auto, c’est vingt minutes en plus ».
Sur ce dernier point, beaucoup de familles nous ont dit réserver une plage horaire plus large pour gérer les imprévus : « On n’est jamais très sûrs du temps que ça va prendre pour mettre et défaire les sièges, gérer notre enfant. On réservait toujours une plus grande plage horaire pour s’installer, puis partir ».
► Inscription et premières utilisations : le saut d’obstacles
Pour plusieurs familles, le démarrage et les premières semaines ont été compliqués. Elles ont rencontré des difficultés soit lors de l’installation des applications des opérateurs, soit pour faire reconnaître leur permis de conduire (permis papier, trop vieux, permis étranger) auprès de certains opérateurs ou encore lors de l’utilisation d’outils numériques.
Un accompagnement personnalisé des familles qui le souhaitent est indispensable durant leurs premières utilisations et lors de l’installation des applications. Ce qui fut le cas lors de cette expérience pilote. Sans cet accompagnement, de nombreuses familles n’auraient pas pu les tester.
En conclusion, pour que les familles recourent davantage à l’autopartage, des voitures avec des sièges enfant intégrés (ou stockés à proximité, formule soutenue également par les parents ayant participé à ce test), plus de véhicules et particulièrement de grands véhicules familiaux, un accompagnement personnalisé lors des premières utilisations et une simplification des procédures d’inscription sont indispensables.
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