Société

Zone de basses émissions à Bruxelles, il faut mieux accompagner les familles

L’interdiction progressive à la circulation de certains véhicules, les voitures diesel en 2030 et celles à essence en 2035, est prévue jusqu’en 2036, avec, comme objectifs finaux, l’arrêt à la circulation des. Pour la Ligue des familles, les familles touchées par les interdictions qui viennent doivent être identifiées et le Gouvernement bruxellois doit mieux les accompagner en adoptant et renforçant plusieurs mesures.

L’interdiction progressive de circuler dans Bruxelles de certains véhicules belges et étrangers, selon leur norme Euro, est en application depuis 2018. Les normes européennes d’émissions sont des règlements de l’Union européenne qui fixent les limites maximales de rejets de polluants pour les véhicules roulants neufs qui sont mis en vente par les constructeurs. Selon Bruxelles Environnement, en 2021, 25% des voitures en circulation étaient concernées par les interdictions programmées jusqu’en 2025 (une partie du parc se renouvelle indépendamment des interdictions liées à la LEZ - low emission zone).
Les objectifs du Gouvernement bruxellois sont l’amélioration de la qualité de l’air et de la santé des familles, et particulièrement celle des enfants, en réduisant l’une des principales sources d’émissions de certains polluants à Bruxelles.
Dans le système actuel, il existe quelques dérogations, valables cinq années, pour certains véhicules en fonction de leur usage (prioritaires, véhicules des forces armées…) et pour les véhicules adaptés au transport de personnes handicapées et les véhicules de personnes en situation de handicap.

Les familles concernées

En 2019, pour l’ensemble de la Belgique, 91% des couples avec enfant·s possédaient au moins une voiture. En comparaison, les ménages sans enfant sont 66% à posséder au moins une voiture (source Statbel, 2020). À Bruxelles, ces familles sont 80% à en posséder au moins une quand ce n’est le cas que de 49% des ménages sans enfant.
Une étude d’impact des prochaines interdictions a été faite à la demande du Gouvernement. Le problème, il n’y a pas d’analyse sur les familles : combien seront contraintes de racheter une voiture faute d’autre solution ? Quel est le profil de ces familles ? De plus, les spécificités en matière de mobilité des familles n’y sont pas prises en compte : les contraintes liées à l’enchaînement des trajets (école/crèche-travail), aux horaires (école/crèche, activités extrascolaires) ou aux déplacements « entravés » des familles (déplacements avec une poussette, des cartables/sacs…).

Dans les études sur la mobilité, les spécificités en matière de mobilité des familles ne sont pas prises en compte

Parmi les familles impactées, on pense aux monoparentales pour qui chaque minute de la journée est comptée, aux familles séparées dont l’enfant est scolarisé loin du domicile d’un des parents, aux parents qui travaillent loin de leur domicile tout en étant contraints par les horaires d’école ou de crèche…

Ce que demande la Ligue des familles

La Ligue des familles appelle à une étude permettant de connaître le nombre de familles mises en difficulté et ayant besoin de soutien. Il faut également poursuivre et développer les alternatives à la voiture, via l’augmentation des lignes, des fréquences et des correspondances de transports en commun et par la création de pistes cyclables, de parkings vélos…
Concernant l’offre de mobilité, celle-ci doit être adaptée aux réalités des familles, notamment en multipliant les parkings vélos pour les vélos familiaux, en prévoyant des sièges enfants dans les véhicules et vélos partagés, en rendant accessibles les transports en commun aux poussettes…
Il faut également vérifier l’adéquation entre le calendrier de la LEZ et le calendrier de mise en œuvre de l’offre de mobilité alternative. Il est, par exemple, indispensable que les stations de transports en commun définies comme « prioritaires » soient toutes rendues accessibles aux familles (avec poussette, en situation de handicap…) et que des moyens conséquents soient dégagés pour y parvenir. Actuellement, cette liste comprend 700 arrêts. La STIB s’est engagée à en rénover cinquante annuellement. À ce rythme, si elle respectait ce timing et ne se consacrait qu’aux arrêts identifiés, il faudrait presque treize ans pour l’épuiser.
Et pour finir, la Ligue des familles demande l’instauration d’une prime permettant réellement l’achat d’un véhicule électrique pour les familles les plus précaires devant abandonner leur voiture actuelle et n’ayant pas d’autre choix que de racheter un véhicule électrique, comme cela se fait dans d’autres villes (Paris) ou pays (Allemagne, France, Pays-Bas…).

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