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Bienveillance obstétricale

Ce 2 février, le Sénat a voté le rapport d’information « concernant le droit à l’autodétermination corporelle et la lutte contre les violences obstétricales ».
Avant ce vote, le Ligueur se préoccupait déjà des violences gynécologiques et obstétricales (VGO). En novembre 2021, les résultats d’une enquête marquante de la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée étaient présentés sur leligueur.be (Une femme sur 5 est victime de violences au moment d’accoucher et l’ignore). Dans la foulée, le magazine daté du 15 décembre 2021 disait l’importance de « ne pas rester seule » après un accouchement traumatique. Vu le flot de femmes dénonçant les VGO – effet #MeToo –, « le monde politique a fini par réagir », précisait-il.
Après un peu moins de trois ans d’un travail de fond et d’auditions d’expert·es, voilà ce rapport d’information adopté. « À l’unanimité », applaudit Marie-Hélène Lahaye, auditionnée pour le compte de la Plateforme où se côtoient usagères et professionnel·les de la santé. « C’est une fameuse prise de conscience politique de l’enjeu de la naissance respectée ». Le rapport dresse un état des lieux des VGO. Il liste une centaine de recommandations. La pression sur le monde politique – tous niveaux de pouvoir confondus – ne fléchit pas. « Avec les élections de juin, notre objectif est que les partis politiques intègrent un maximum de points du rapport dans leur programme ».

« Sortir des simplismes et des visions binaires »

Luc Roegiers, pédopsychiatre et membre fondateur du Groupe interdisciplinaire-interuniversitaire de périnatalité ULB/UCLouvain, a lui aussi été auditionné. Dans un contexte de désacralisation des médecins, de libération de la parole et de valorisation des droits des patient·es, il voit le rapport comme une « opportunité » à ne pas rater pour améliorer le dialogue tant entre usagères et soignant·es qu’au sein du personnel soignant (médecins, sages-femmes…). Pour « sortir des simplismes et des visions binaires ». Il salue les formations déjà en cours en ce sens – « Comment mieux ajuster les soins aux attentes des femmes ? Comment avoir plus de cohérence entre professionnel·les ?».
Les VGO sont un sujet clivant chez les gynécologues-obstétricien·nes. Charlotte De Gélas, responsable de la maternité au CHU Saint-Pierre (Bruxelles), est convaincue de la nécessité de changer les pratiques. Pour cela, « il faut d’abord que l’ensemble des soignant·es de la périnatalité reconnaisse ces violences ; ce n’est pas le cas ». Un axe à travailler : la formation des (futurs) médecins. « En plus du bagage scientifique, on mettrait en avant les qualités d’écoute, d’empathie, le respect des valeurs des patientes ». Sûr aussi que « pour que les soignant·es prodiguent des soins plus bienveillants, il faut qu’on leur donne les moyens de le faire ». Bref, « la route est longue, mais il est clair que c’est la route à prendre.

ET AUSSI...

Expression abdominale, actes à vif et point du mari : voilà des violences obstétricales auxquelles une femme sur cinq est confrontée au moment de son accouchement en Belgique francophone. 4 226 participantes ont témoigné dans le cadre d’une enquête de la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée. Les questions portaient sur le contexte d’accouchement au sens large. Celles qui ont coché l’une de ces trois cases ignoraient qu’il s’agit de violences gynécologiques.

Une femme sur 5 est victime de violences au moment d’accoucher et l'ignore

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