Santé et bien-être
Le jour le plus déprimant de l'année ? Ce serait aujourd'hui. L'incontournable Blue Monday dont vous entendez sans doute parler partout sur les réseaux sociaux. Ce que l'on lit moins, c'est qu'il peut également toucher nos enfants. Voyons à quoi être attentifs.
Il y a des lundis difficiles... Ce Blue monday de la fin janvier en est un. Que les « lundiphobes » s’accrochent, ce jour est qualifié de « jour le plus déprimant de l'année ». Ce troisième lundi du mois a été consacré par une compagnie aérienne afin d’encourager une clientèle potentielle à réserver une petite virée au soleil. Ce 20 janvier n'est pas bleu pour rien. Tout s'aligne pour qu'il soit maussade. Il a même fait l'objet d'études très sérieuses. Un chercheur de Cardiff observe que que tout concorde :
- La réjouissante période des fêtes est passée,
- Le portefeuille souffre encore des dépenses liées à saint-Nicolas, Noël et des soldes,
- La météo sort ses atouts les plus redoutables : temps gris, pluvieux, températures froides, voire, les trois,
- Les journées sont encore courtes et le soleil encore bas dans le ciel.
Résultat, comme en automne, nous voilà plus fatigués, stressés, tristes, à l’humeur cafardeuse. Ça vous parle ?
Quoi de plus normal, ce blues saisonnier touche environ une personne sur six. « Il y a une accentuation durant les mois d’octobre, novembre et février-mars : le manque de lumière et la baisse de sécrétion d’ocytocine (la fameuse « hormone du bonheur ») entraînent une modification hormonale », explique Jean-Marie Gauthier, psychologue de l’enfant et de l’adolescent de l’ULiège. Ce coup de mou, à la fois moral et physique, peut parfois durer tout l'hiver. Et fait surprenant : il peut aussi toucher les enfants.
Nos petit·es, rarement dépisté·es
Les enfants aussi peuvent être victimes de dépression saisonnière, et ce, dès la maternelle. La déprime chez les petit·es est rarement dépistée. On va peut-être considérer trop vite que pour l’enfant qui a du mal à se lever pour aller à l'école ou qui est tout le temps fatigué, ce n’est qu’un moment passager, voire de la fainéantise. Et le pédiatre abondera peut-être.
Qu’on se rassure, son blues saisonnier n’est pas forcément la faute de papa ou maman. « On a tendance à penser que la santé mentale d’un enfant dépend de ses parents, mais il n’y a pas de conséquence directe. Ce phénomène peut être indépendant. L’enfant a une autonomie psychique », assure Jean-Marie Gauthier.
Comment y remédier ?
Chez l’adulte comme chez l’enfant, le principal conseil est de prendre soin de soi, notamment en suivant quelques conseils rudimentaires :
- manger sain, équilibré (tout en se faisant plaisir) et à des heures régulières, et, si nécessaire, enrichir son alimentation en tryptophane contenu dans certaines protéines (œufs, viande, fromage à pâte dure, noix, noisettes…), en magnésium (germes de céréales, cacao, fruits secs, noisettes, légumes secs) et en vitamine B, et en oméga-3 et oméga-6 (huile de lin, de noix, d’olives, harengs, maquereau, saumon...),
- avoir une activité physique régulière,
- respecter son besoin de sommeil,
- prendre l’air même si les journées ne sont pas toujours lumineuses en cette période
- lutter contre le stress professionnel en organisant une vraie coupure, si possible un jour par semaine,
Chez l’adulte :
- se déconnecter de temps en temps de ses emails, smartphone, etc.
- reconnaître, si le mal est plus profond, que l’on a besoin d’aide et consulter un professionnel.
Si les parents se sentent bien, l’enfant aussi. Si les symptômes persistent et s’aggravent chez l’enfant, la meilleure chose est d'en parler directement avec lui ou elle : demander pourquoi il ou elle est si découragé·e, pourquoi il ou elle a peur d’aller à l’école ? Et lui expliquer pourquoi, l’hiver, il fait plus noir, plus froid, plus triste…
« Il faut être attentif à l’enfant et lui montrer qu’on le soutient. La plus mauvaise méthode est de faire comme si de rien n’était. »
EN PRATIQUE
Quels signes avant-coureurs ?
Les parents doivent être attentifs aux symptômes. Chez les adolescent·es, les signes de coup de blues sont assez faciles à percevoir. Certain·es d'entres eux se mettent à manger beaucoup plus, peut-être pour compenser la fatigue qu'ils ou elles ressentent. C’est aussi un caractère qui change, un mal-être qui s'installe...
Chez les enfants, comme chez les adolescents, on voit apparaître :
- des maux de tête,
- des troubles du sommeil.
Chez les plus petit·es :
- une humeur changeante, passant du rire aux larmes en peu de temps,
- un comportement grincheux,
- un problème de nourriture.
Il ne faut bien entendu pas paniquer dès qu’il ou elle passe une mauvaise nuit ou qu’il ou elle refuse de terminer son assiette. « C’est une accentuation de petites choses qui peuvent être occasionnelles d’habitude ».
VAINCE LE BLUES PAR LE JEU
Une chouette façon de vaincre ce blues hivernal ? Le jeu. Nous vous proposons ainsi toute une sélection de jeux amusants et cocasses, testés et validés par d'autres familles.
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