Développement de l'enfant

Ces enfants que l'on dit « dispersés »...

Ce sont des enfants distraits, rêveurs ou branchés sur secteur. Avec pour conséquences des troubles de l’apprentissage.

Ce sont des enfants distraits, rêveurs ou branchés sur secteur. Des enfants qui ne tiennent pas en place, dans leur tête ou dans leur corps. Avec pour conséquences des troubles de l’apprentissage. Un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité est parfois diagnostiqué. Mais pas toujours. Rencontre avec Marie-Jeanne Petiniot, psychopédagogue.

Les devoirs de Lou sont un calvaire. Ils prennent un temps fou. Surtout comparés à ceux de son grand-frère. Patricia, sa maman, a d’abord cru Lou rêveuse. « Je voyais qu’elle faisait son possible, mais il y avait vraiment un problème », explique-t-elle.
Arthur, lui, ne tient pas en place : « En classe, il s’agite sur sa chaise. Il racle le sol avec ses pieds, raconte son papa. Il s’est spécialisé en lancer de boulettes. Il est régulièrement puni. Il est devenu expert en copiage du règlement de l’école. » 

Faites-vous aider...

Des enfants comme Lou et Arthur, Marie-Jeanne Petiniot en rencontre beaucoup. Psychologue et psychopédagogue, elle s’est spécialisée dans l’accompagnement d’enfants présentant des troubles de l’attention et de l’apprentissage.
« Ces troubles peuvent être passagers, explique-t-elle. Il peut s’agir d’une période où l’enfant subit les répercussions d’un stress familial comme des séparations parentales difficiles, des deuils. Il y a aussi des enfants chez qui les problèmes d’attention sont dus à un dysfonctionnement des neurotransmetteurs. Un problème neurologique sous-tend les troubles de l’attention. Un stress peut bien sûr accroître ce problème. On est alors dans le cas de figure du TDA/H, le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité. Une attention défaillante est malheureusement souvent la cause de troubles de l’apprentissage comme la dyslexie, la dysorthographie ou la dyscalculie. »
Pour venir en aide à ceux et celles qui souffrent de troubles de l’attention et de l’apprentissage, Marie-Jeanne Petiniot propose une approche multidisciplinaire au sein de l’Espace Pygmalion, situé à Fosses-la-Ville. Les enfants mis sous pression par des événements de leur vie familiale peuvent y trouver une aide psychologique, tout comme leurs parents. Un coaching propose des exercices pour accroître l’attention.
« On va travailler ce type d’attention qu’on appelle l’attention soutenue, celle qu’on demande aux enfants d’exercer sur la longueur, explique Marie-Jeanne Petiniot. On commence par de petites périodes qu’on allonge ensuite. On développe aussi cet autre type d’attention, dite partagée : écouter l’instituteur ou le professeur et prendre note en même temps. »
Outre des psychologues, des logopèdes, des psychomotriciens, l’Espace Pygmalion s’est adjoint la collaboration d’une neuropsychologue pour le diagnostic de TDA/H (Troubles De l’Attention avec ou sans Hyperactivité). Le diagnostic s’établit en collaboration avec les autres professionnels de l’Espace. Il n’existe pas de tests biologiques ni radiologiques pour évaluer le TDA/H, le diagnostic est essentiellement posé sur base d’une évaluation clinique approfondie (observations et tests).

... pour mieux aider votre enfant

C'est en général lors du passage en primaire que les problèmes d'attention se marquent. La manière de travailler change. Une attention plus soutenue est demandée aux enfants.
« La pression se fait sentir, explique Pascale De Coster, fondatrice de l'asbl TDA/H Belgique. Des enfants peuvent en concevoir une souffrance énorme. Ils sont dépassés. Avec la meilleure volonté du monde, ils n'ont pas les moyens d'y faire face sans aide. Il faut reconnaître les efforts qu'ils font, se focaliser là-dessus, pas sur les résultats immédiats. Ils ont besoin d'encouragements. À la maison, il leur faudra de la structure, des règles claires. Avec mes deux garçons, par exemple, l'heure du coucher était fixée une fois pour toutes. Elle ne variait pas, même les week-ends, sinon ça les déstabilisait. »
Précieuse aussi, la proposition aux enfants d'un programme de travail agrémenté de pauses. Parmi les bonnes idées constructives : reprendre les leçons, les réécrire en plus grand si nécessaire, souligner les mots importants, recourir à des flèches. Tout ce qui concourt à clarifier les idées, à poser les choses est bon à développer. Sans oublier que le premier travail des parents est celui de la patience : apprendre à faire avec des enfants qui ont leur propre rythme, parfois lent, parfois précipité.

EN SAVOIR + 

  1. Un enfant peut présenter deux des signes (sur trois) qui définissent le trouble de l’attention : les problèmes de concentration et l’hyperactivité. On parle dans ce cas de TDAH, trouble de l’attention avec hyperactivité. Un traitement médicamenteux sera parfois proposé par le spécialiste. On relève un troisième signe : l’impulsivité.
  2. Certains signes chez les petits méritent d'être relevés tôt :
  • il donne l'impression de ne pas entendre ce qu'on lui dit ou lui demande 
  • il fait des erreurs d'inattention en nombre 
  • il semble éprouver des difficultés à patienter 
  • il se désintéresse vite de ses occupations 
  •  il peine à trouver ses mots.
  1. Un conseil : le stress des parents ajoute à celui des enfants. Évitez de focaliser sur les résultats scolaires. Il est bon de se souvenir que ce n’est pas un écolier que vous aidez à grandir, mais un enfant.