Grossesse

Crèche, accueillante, grands-parents : pensez-y déjà !

Quel mode de garde envisagez-vous pour votre bébé après le congé de maternité ?

Crèche, accueillante, grands-parents… Quel mode de garde envisagez-vous pour votre bébé après le congé de maternité ? Avoir tôt une réponse satisfaisante, et donc sécurisante, à ce sujet apporte un supplément de sérénité…

Vous pensez crèche ou accueillante ?

La crèche se présente comme une plus ou moins grande collectivité (avec au moins quatorze enfants), où les petits sont pris en charge par toute une équipe. L’accueillante d’enfants, quant à elle, reçoit, généralement à son domicile, un petit nombre d’enfants dans l’ambiance familiale qui la caractérise. Parfois, deux accueillantes exercent ensemble leur activité. Il y a aussi des accueillants hommes, mais ils sont encore rares.
Aujourd’hui, pour beaucoup de gens (qu’ils soient parents ou spécialistes de la petite enfance), permettre à un enfant de fréquenter un milieu d’accueil, c’est aussi lui ouvrir les portes de la socialisation, en dehors du cadre familial. Et cela facilite, bien évidemment, la reprise de l'activité professionnelle.
À savoir, ici : tous les milieux d’accueil (crèches, accueillantes…) sont autorisés et contrôlés par l’ONE (Office de la Naissance et de l’Enfance), qui s’assure ainsi que les conditions de sécurité et de compétences du personnel sont respectées. Certains sont, par ailleurs, subventionnés par l’ONE. Cela a un effet sur le coût de la garde pour les parents. « Le tarif d’un milieu d’accueil varie en fonction de sa nature : subventionné ou non subventionné par l’ONE. Dans les milieux non subventionnés, la tarification est libre, tandis que dans les milieux subventionnés, elle est progressive en fonction du revenu mensuel net total du ménage », résume l’ONE sur son site internet.
Si vous privilégiez un de ces modes de garde pour votre bébé, avoir la certitude d’avoir une place au moment voulu, c’est un fameux soulagement ! C’est qu’il y a un cruel manque de places dans les milieux d’accueil. Et là, comment présenter la situation en quelques mots ? Petit décryptage avec Damien Hachez, chargé d’études à la Ligue des familles. Oui, trouver une place d’accueil pour son enfant reste un défi particulièrement compliqué pour beaucoup de familles. Ainsi, selon Le Baromètre des parents 2024 de la Ligue des familles (sondage Dedicated), 61 % des familles en Fédération Wallonie-Bruxelles estiment difficile (39 %) à très difficile (22 %) de trouver une place en crèche, et à peine 13 % des parents ont trouvé facilement (11 %) ou très facilement (2 %) une place. D’autres données du Baromètre interpellent. Par exemple, 33 % des parents n’ont pas trouvé de place au moment où ils en avaient besoin. Et 23 % des parents sont contraints de prendre un congé parental ou de réduire, voire d’interrompre, leur activité professionnelle faute d’une place en crèche pour leur enfant. Le tableau est sombre. Une preuve encore : entre 2019 et 2024, l’offre de places en crèche a chuté de 1800 places. Précisons – et ceci n’est pas surprenant – que ce contexte difficile impacte surtout les femmes. Toujours selon Le Baromètre des parents 2024, lorsqu’un enfant ne fréquente pas la crèche, dans 53 % des cas, c’est sa maman qui s’en occupe (en partie au moins), dans 31 % des cas, ce sont ses grands-parents ou un autre proche et, dans 20 % des cas, c’est son papa. La Ligue des familles plaide donc ardemment pour une politique forte de création de places en crèche accessibles à toutes les familles (plus d’infos sur www.liguedesfamilles.be). À noter encore : les crèches qui emploient la grille tarifaire de l’ONE appliquent des tarifs réduits pour les parents solos et elles sont gratuites pour les personnes ayant le statut BIM (bénéficiaire de l’intervention majorée). En attendant, « c’est galère pour avoir une place dans une crèche », témoignent pas mal de (futurs) parents. Dès lors, beaucoup bricolent des solutions temporaires ou des solutions qui ne sont pas celles dont ils rêvaient au départ (un jour ici, un jour là…).
Quelles sont les démarches à effectuer si vous recherchez une place d’accueil ? Tout d’abord, vous devez remplir les formulaires sur My.ONE. Vous recevrez alors un identifiant pour votre demande de place d’accueil. La plateforme My.ONE permet de géolocaliser les crèches et les accueillantes au départ d’un lieu précis et fournit une série d’informations pratiques les concernant. Entre autres éléments à prendre en considération quand vous êtes en quête d’un milieu d’accueil, que ce soit à temps plein ou à temps partiel, selon vos besoins : outre son coût, sa localisation (près de votre domicile, de votre lieu de travail…), les trajets pour y arriver, ses heures d’ouverture, son projet d’accueil… Après cette phase de recherche, vous devrez encore prendre contact avec les différents milieux d’accueil qui correspondent à vos préférences.
Vous pouvez effectuer une demande d’inscription à partir de 3 mois de grossesse révolus, c’est-à-dire dès le 4e mois de grossesse. Avec une confirmation de la demande au 7e mois.
L’ensemble des infos est à retrouver dans la brochure de l’ONE À la recherche d’une place d’accueil pour votre enfant ?.
Bon à savoir encore : si vous habitez Bruxelles, vous pouvez aussi mener vos recherches parmi les crèches néerlandophones. La liste officielle se trouve sur www.kinderopvanginbrussel.be.

Quel mode de garde envisagez-vous pour votre bébé ?

Vous comptez sur les grands-parents ?

Vous pensez confier – un jour, voire plusieurs jours, par semaine – votre bébé à vos propres parents ou à vos beaux-parents ? Parce que vous en avez envie, parce qu’ils vous l’ont proposé… ou parce qu’il vous semble impossible de faire autrement (il y a le problème financier, le manque de places dans les crèches…) ? Cette question de la disponibilité des grands-parents n’est pas simple.
« Si les grands-parents constituent une ressource pour vous, vous pouvez avoir un avis sur la question et eux peuvent avoir leur propre avis, observe Reine Vander Linden, psychologue en périnatalité. Si vous leur faites une demande de disponibilité "structurelle" (par exemple, un, deux ou trois jours par semaine), seront-ils suffisamment à l’aise pour éventuellement vous répondre : "Cela ne me convient pas" ? Ce n’est pas évident pour un grand-parent qui aime ses petits-enfants et qui a à cœur d’être un bon grand-parent de dire non ! Il peut y avoir un décalage entre un discours positif – "Oh, quel bonheur ! J’ai envie de m’occuper de mes petits-enfants" – et un sentiment de privation de liberté parce que les futurs mois seront ponctués par la garde des petits-enfants. Les parents doivent en être conscients… » Et quid si les grands-parents sont très demandeurs et qu’un des parents n’est pas forcément pour ? « La question revient à se demander comment préserver l’équilibre avec les familles d’origine sans renoncer à ce qu’on estime être juste pour son enfant », explique Reine Vander Linden.
Bref, cette question de la disponibilité des grands-parents mérite une discussion à cœur ouvert entre eux et vous. Chacun devrait pouvoir exprimer librement sa position, ses souhaits et ses freins. Si cet échange a lieu dès maintenant, et donc avant la naissance de votre bébé, c’est tant mieux.
Et puis, il faudra aussi vous faire à l’idée qu’ils s’en occuperont à leur façon…