Santé et bien-être

Des pâtes ? Oui, mais des crozets !

Focus sur des drôles de petites pâtes carrées venues de Savoie

À côté des spaghetti, macaroni, fusilli et autres orecchiette, les crozets ne bénéficient pas de l’engouement pour la gastronomie italienne si bien implantée dans nos assiettes. Et pour cause, ces drôles de petites pâtes carrées viennent de Savoie.

Pas toujours facile de repérer les crozets dans les rayons de votre épicerie de quartier ou de votre supermarché. Ces pâtes restent assez confidentielles, même si depuis quelque temps, elles semblent gagner un peu en notoriété. En cinq ans, certains producteurs auraient ainsi doublé leur production pour répondre à la demande.
Vous vous en doutez, qui dit pâtes, dit succès assuré auprès des enfants. Mais avant de passer à table, un peu d’histoire. Celle du crozet se perd dans les méandres de l’histoire culinaire. Son nom déjà suscite la polémique. Certainꞏes affirment que l’origine du mot est provençale, elle se trouverait dans le terme « croé » qui signifie « petit ». Que nenni déclarent les tenants et tenantes d’une filiation avec le bas latin. Crozet viendrait de « crux » qui veut dire « croix ». Pour soutenir cette thèse, les latinistes évoquent les crozetti, des pâtes italiennes sur lesquelles on retrouve une croix. Mais ces pâtes-là sont rondes et nettement plus grandes que les crozets.
La piste de la croix n’est toutefois pas complètement à évacuer. Dans un ouvrage de 1883 traitant du patois savoyard dans le canton d’Albertville, on explique que le crozet était « une soupe faite avec des morceaux de pâte ferme coupés en petits carrés. On donne pour l’origine de ce mot, une croix que les ménagères font ou faisaient sur la pâte avant de la couper ». Parce que oui, les crozets sont bel et bien découpés dans des grandes surfaces de pâte aplatie au rouleau. Celle-ci est confectionnée à partir de farine de blé dur ou de sarrasin.
Côté nutritionnel, le crozet s’inscrit dans la droite lignée des pâtes traditionnelles avec ses 365 kcal pour 100 grammes. On lui attribue un petit bonus en fer et en magnésium. Mais l’atout principal de cet aliment  reste la multitude de façons de l’accommoder. En salade, en gratin, en sauce. Il se plie à tous vos caprices. On vous donne ici quelques façons de le faire adopter par la tribu.

LES RECETTES

La croziflette

La croziflette est au crozet ce que le « bolo » est aux spaghetti, le classique des classiques. Ce n’est pas le plat à déguster en été. Comme son nom l’indique, la croziflette est une variante de la tartiflette. C’est simple, roboratif et assez riche en calories.
Pour quatre personnes, comptez 400 g de crozets, une belle tranche de jambon (1 cm d’épaisseur), 30 cl de crème fraîche, 1 reblochon, 1 gros oignon, du sel et du poivre.

  • Faites cuire les crozets en fonction des indications sur le paquet, cela va de 10 à 15 minutes en fonction des marques.
  • Coupez l’oignon, faites-le revenir à la poêle avec un peu de matière grasse.
  • Égouttez les crozets, remettez-les dans la casserole et mélangez-les avec le jambon découpé en petits cubes, l’oignon roussi et quelques dés de reblochon (gardez-en bien pour couvrir le dessus du plat). Poivrez, salez.
  • Versez le tout dans un plat à gratin graissé et disposez le reste du reblochon en surface.
  • Dans un four préchauffé à 200°C, glissez le plat. Gratinez une quinzaine de minutes et puis dégustez avec une petite salade qui rafraichira l’ensemble.

La salade de crozets

Voilà qui pourra gentiment remplacer les traditionnels taboulés et salades de riz estivales. Pour le coup, on vous propose d’associer la tribu dans la recette. Comme pour toutes les préparations, on cuit les crozets et puis on les accommode.  

Pour 4 personnes, cuisez 300 g de crozets et rincez-les à l’eau froide.
Montez une petite vinaigrette avec cinq cuillères à soupe d’huile d’olive, un jet de vinaigre, une cuillère à café de gelée ou de confiture, une cuillère à café de moutarde, un peu de jus de citron, du sel, du poivre.
Pour les ingrédients, choisissez avec les enfants. Des carottes ? Des olives ? Du fromage (feta, emmenthal, comté…) ? Du concombre ? Des petites feuilles de basilic ? Du poivron ? Des graines de courge ? Parfois, ils vous proposeront des combinaisons qui, a priori, peuvent surprendre, mais qui avec un peu de chance pourraient devenir des classiques familiaux.
Lors de la confection de cette salade collective, on pourra insister sur l’importance de jouer sur les couleurs, sur les saveurs, sur les différentes consistances. De quoi susciter des vraies vocations de marmitons et marmitonnes.

À découvrir, toutes les recettes proposées dans le Ligueur

EN PRATIQUE

Les faire soi-même

On vous l’avoue, on n’a pas (encore) testé la chose.
Dans un plat, vous versez 200 g de farine de sarrasin. Vous faites un puit, vous y cassez deux œufs et versez une cuillère d’huile d’olive. Vous mélangez jusqu’à l’obtention d’une pâte qui soit à la fois compacte et homogène. Si ce n’est pas le cas, on peut ajouter une autre cuillère d’huile. Une fois que la pâte répond aux attentes, on en fait une boule et on l’enveloppe d’un film plastique avant de laisser reposer pendant une heure.
Après cette pause, on reprend la pâte, on l’étale au rouleau jusqu’à ce qu’elle ait 2 à 3 mm d’épaisseur. Là, on peut recruter des cordons bleus en herbe pour découper en toute prudence des petits carrés de plus ou moins 5 mm de côté.
La cuisson est évidemment plus rapide que celle des crozets vendus dans le commerce. Ce sont des pâtes fraîches qui se cuisent un peu comme les gnocchis, on les plonge dans de l’eau salée et on attend qu’ils remontent. Ensuite, on les cuisine à sa guise.