Loisirs et culture
Cette semaine, la chronique Lire, ça m’dit sort les griffes et ses plus belles rayures en mettant le tigre à l’honneur. Avec l’album Le tigre et le pissenlit, de Gee-eun Lee (éd. Cambourakis).
Le tigre et le pissenlit
Traduit du coréen, Le tigre et le pissenlit, de Gee-eun Lee (éd. Cambourakis) s’inspire d’une légende ancestrale qui met en scène l’amitié improbable entre un tigre et un… pissenlit. Il démarre d’une manière on ne peut plus classique. Une grand-mère commence par… « Il était une fois… ». Suit une page avec un tigre affamé qui intimide, sans grand succès, les animaux qui l’entourent. Un tigre qui s’ennuie aussi. Jusqu’au jour où un pissenlit pousse sur sa queue ! Un pissenlit collant dans tous les sens du terme, dont il ne parvient pas à se débarrasser. Jouant de mises en page variées, empruntant aux codes de la bande dessinée, comme une gamme débridée d’onomatopées, l’autrice s’amuse des contrastes entre la sauvagerie feinte du félin et l’esprit bon enfant de la plante. Celle-ci a tôt fait de conquérir la sympathie de la faune locale au grand dam du tigre. L’esprit bravache du pissenlit (dont on finit par oublier qu’il en est tellement il est attachant) va amener son indétachable compagnon à apporter son aide à leur entourage. Ce qui ressemblait au départ à une grosse blague potache évolue peu à peu vers une relation de plus en plus intime. Le duo se retrouve confronté aux aléas de l’existence, au temps qui passe, au grand âge. Leur rivalité se mue en complicité pour affronter l’inéluctable. L’autrice coréenne nous amène bien loin de ce que nous avions imaginé au départ. Dans un équilibre subtil entre le texte et un dessin d’une grande douceur, elle nous invite à une étonnante méditation sur l’amitié et la solidarité face aux accidents de la vie et à l’inéluctabilité des choses (À partir de 4 ans).
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