Vie pratique

Économies d’énergie : jeux et astuces à la rescousse

Face aux prix de la consommation en gaz et électricité, quelques bons gestes s'imposent en famille

Alors que les saisons plus frisquettes pointent le bout de leur écharpe, voilà que les prix du gaz et de l’électricité s’offrent un coup de chaleur. Sur les marchés, ils ont flambé de 10% la semaine dernière. L’occasion rêvée de (re)sensibiliser la tribu aux gestes qui économisent l’énergie.

On ne va refaire ici le topo du pourquoi du comment de ces augmentations (températures basses, hausse du prix des matières premières, renforcement de la demande), on va se contenter de vous donner quelques clés pour conscientiser les enfants aux bienfaits des économies de l’énergie.£
Bon, on ne se le cache pas, ces économies-là ont des répercussions immédiates dans le portefeuille. C’est bon de le partager avec la marmaille. Mais ces économies ont aussi (et peut-être surtout) un impact positif sur l’empreinte énergétique des familles. Moins on consomme, mieux la planète se porte. Au vu du succès des manifestations pour le climat portées par les jeunes et les ados, ce dernier point est à souligner. C’est de l’engagement concret, indissociable du slogan et de la prise de position. L’acte associé à la parole. Attention, la tribu se mobilise.

► Les lumières allumées

Le constat
Pas question de vivre en permanence dans l’obscurité d’une grotte, mais, franchement, les ampoules qui illuminent les pièces où on ne se trouve pas, c’est du vrai gaspillage. Il s’agit d’avoir le bon réflexe lorsqu’on quitte une pièce. C’est élémentaire, mais les mauvaises habitudes ont parfois tendance à s’installer.

L’astuce
En France, il y a quatre ans, une famille s’était lancée dans un « défi énergie ». Dans son dispositif, le petit Owen, 7 ans, avait été promu « commissaire à l’électricité ». Son rôle ? Repérer les ampoules allumées pour rien, les appareils branchés pour des clopinettes. Tout cela de façon ludique, mais néanmoins engagée. L’idée n’est pas de faire peser une responsabilité sur les épaules de l’enfant, mais bien de lui faire prendre conscience des petits gestes qui font la différence.

► Les dormants énergivores

Le constat
Il y a les ampoules trop sollicitées, mais aussi tous ces appareils qui restent en veille, trahis par ces petites loupiottes vertes ou rouges, signes d’une déperdition d’énergie. Là aussi, la règle, c’est « si on ne l’utilise pas, on l’éteint ». On n’imagine pas l’électricité gaspillée en conservant actif le cordon ombilical qui relie nos chargeurs, ordinateurs, télévisions… Même un chargeur de smartphone consomme de l’électricité lorsqu’on le laisse branché.

L’astuce
Pour les appareils en veille, le bon truc, c’est de les brancher sur une multiprise équipée d’un interrupteur. Un clic et le problème est réglé. Concernant cette traque aux objets en veille consommant de l’énergie même lorsqu’on ne les emploie pas, pourquoi ne pas initier une vraie « chasse aux trésors » avec la smala ? Débusquez avec les enfants tous les appareils inutilisés dans la maison ou l’appartement. Ça, c’est de la sensibilisation ludique !

► Le frigo ouvert

Le constat
Un grand classique, la porte du frigo qui reste ouverte et provoque une surconsommation notable. Il y a bien sûr les oublis, les maladresses ou alors cet emballage rebelle et sournois qui empêche une fermeture hermétique. Mais il y a aussi le côté lèche-vitrine du frigo. Un petit creux ? Hop, on se plante devant le frigidaire grand ouvert en contemplant le contenu, se demandant ce qu’on pourrait grignoter. L’effet négatif s’amplifie pour le congélateur où le givre s’invite en ennemi d’une consommation raisonnable. Selon Ores, 5 millimètres de givre dans le congélo, c’est 30% de consommation d’électricité en plus.

L’astuce
Comment faire face à cela ? Tout simple. Et si avant d’ouvrir la porte du frigo, on cernait déjà un peu mieux ce dont on a envie ? Au-delà de l’économie d’énergie, il y aura aussi ce petit temps de réflexion qui amènera à la conclusion qu’il s’agissait peut-être d’un petit grignotage inutile.  

► La douche infinie

Le constat
Qu’il est bon de prendre une douche ! Mais le plaisir n’est-il pas parfois trop long ? Question à se poser si on veut économiser de l’eau, mais aussi l’énergie destinée à la chauffer. Il est conseillé de rester sous la douche moins de cinq minutes et de couper le jet lorsqu’on se savonne.

L’astuce
Moins de cinq minutes, c’est bien joli, mais comment garder la notion du temps quand on est sous le jet bienfaisant de l’eau courante ? Système D : la minuterie de cuisine. Système plus évolué : le pommeau de douche intelligent. Soit on utilise son installation de base et on ajoute un compteur entre le tuyau et le pommeau. Soit on change complètement celui-ci pour une douchette qui change de couleur en fonction de la quantité d’eau utilisée. Cela passe du vert au rouge clignotant lorsque vous dépassez par exemple les 40 litres. Ces dispositifs coûtent environ 70€. Leur utilisation judicieuse les rentabilise en moins d’une année pour une famille de trois personnes.   

► Tiens, voilà du boudin !

Le constat
Le vent chasse en dessous d’une porte ? Organisez un bricolage maison. Le problème du vent qui trompe la vigilance isolante d'une porte,, c’est qu’il augmente la sensation de froid. Et que fait-on dans ces cas-là ? On monte le chauffage. Alors qu’il suffit de fabriquer un bon vieux boudin.

L’astuce
Le site ecoconso.be nous donne tous les détails pour confectionner ce rondin de tissu qui viendra contrer les faiblesses isolantes de votre lourde. Le tout, c’est de rassembler des vieilles chaussettes et autres textiles de récupération et de choisir sa voie (version couture ou version jambe de jeans découpée). Pour la confection, les enfants pourront apporter leur créativité, leur ingéniosité et leur enthousiasme. Comme quoi la quête d’économie d’énergie peut aussi être un vrai projet d’amusement collectif en famille.   

EN PRATIQUE

Une soirée sans électricité

On a piqué l’idée dans des conseils dispensés par Engie, un fournisseur… d’électricité. L’objet, c’est de sensibiliser les enfants à l’importance de l’électricité en leur montrant qu’elle est essentielle dans notre vie quotidienne. Au passage, l’expérience peut aussi s’accompagner du message « L’électricité est importante, c’est pour ça qu’il est bon de l’économiser ».
Il s’agit de se choisir une soirée et de tout débrancher dans la maison, sauf le frigo évidemment. Pour compenser et préserver son petit confort, on sort les bougies et on en profite pour remplacer jeux vidéo, télé et babillages sur les réseaux sociaux par des jeux de société. On peut en faire un petit rituel mensuel ou trimestriel.
Le petit plus ? Ajouter une dimension mathématique en montrant la différence de consommation entre cette soirée spéciale et une soirée normale en prenant le compteur électrique à témoin.

À LIRE

Une BD

Il y a trois ans, le Service public de Wallonie a sorti une BD mettant en scène les aventures d’Énerg’Hic, un lutin originaire d’un monde secret au lové dans nos forêts. Le gnome, qui habite la Terre depuis plus longtemps que nous, en a tiré une certaine expérience et partage celle-ci avec la famille Isola.
Cet album de 38 pages est téléchargeable ou disponible (gratuitement) en version papier sur energie.wallonie.be. Le dessin de l’album est assuré par Olivier Saive (ChaminouTatayetLes Foot ManiacsLes Poulets du Kentucky…).