Santé et bien-être

Épidémie de bronchiolite : c’est grave docteur ?

Ces derniers jours, la bronchiolite refait parler d’elle. Elle s’était faite discrète durant la période covid. Cette poussée d’infection respiratoire, qui ne touche que les bébés, inquiète au premier chef les jeunes parents. On fait le point avec Pierre Smeesters, infectiologue pédiatre, chef de département de pédiatrie à l'Hôpital des enfants Reine Fabiola (Huderf)

Alors que nous contactons Pierre Smeesters, il se trouve dans les studios de la RTBF pour, justement, commenter cette poussée de bronchiolite. C’est que, depuis quelques jours, certains s’inquiètent de la propagation du virus, des hôpitaux se disent saturés. De quoi inquiéter certains parents.

C’est quoi au juste une bronchiolite ?

Dans bronchiolite, on retrouve le terme bronchiole. C’est une partie de l’anatomie du poumon qui n’est présente que chez les bébés. La bronchiolite, par définition, ne peut toucher que les tout-petits jusqu’à 2 ou 3 ans. Mais ça reste un virus respiratoire qui peut affecter tout le monde sous une forme plus classique. Mais là, on ne parle plus bronchiolite.

Comment se refile le virus ?

C’est via une propagation très basique. Il se transmet par les voies aériennes d’une personne à l’autre. Il peut être vraiment très contagieux.

Quels sont les symptômes chez le bébé ?

Nez qui coule, toux, fièvre, encombrement, des sécrétions, des bulles au niveau du nez. L’allaitement, l’alimentation deviennent difficiles. Les enfants respirent vite, la respiration se dégrade, il y a des risques de malaises. Cela peut former un tableau sévère.

« Il ne faut pas exposer un bébé inutilement, il faut être prudent. C’est un conseil simple, classique, mais qui est particulièrement relevant en cette période de circulation de virus »

Y a-t-il vraiment un danger ?

La caractéristique anatomique des enfants fait qu’ils peuvent parfois être sévèrement atteints. La plupart des cas ne sont pas graves, mais la maladie envoie quand même 5 à 10% des enfants à l’hôpital. Dans le cas de la bronchiolite, on peut parler de pathologie pédiatrique sérieuse.

Pourquoi les enfants sont-ils aussi sensibles à ce virus ?

Il y a la fragilité au niveau de leur anatomie, mais c’est aussi dû à leur première confrontation à un virus respiratoire. La conjonction de la fragilité anatomique avec ce premier contact chez les enfants de moins de 3 mois peut générer un gros risque de complications.

Quelles sont les mesures préventives ?

Il n’y pas encore de vaccin disponible. Des développements sont en cours, mais rien n'est encore finalisé. À côté de cela, il existe des anticorps qu’on peut donner à titre préventif, mais c’est très cher et réservé à la grande prématurité et aux enfants victimes de malformations cardiaques graves. Sinon, reste la prévention classique face aux maladies respiratoires. Il ne faut pas exposer un bébé inutilement, il faut être prudent. C’est un conseil simple, classique mais qui est particulièrement relevant en cette période de circulation de virus. Bref, n’allez pas avec votre maxi-cosi et votre bébé de 3 semaines au milieu de personnes qui toussent et qui crachent.

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Quand faut-il s’inquiéter ?

Tant qu’on est dans des symptômes mineurs classiques, on peut selon le degré d’inquiétude et d’expérience des parents, soit patienter un peu, soit aller voir son médecin traitant. Si on a un signe de retentissement de ces symptômes sur la capacité de manger, de boire, de dormir ou si on voit que le comportement de l’enfant a vraiment changé et qu’on est inquiet pour lui, évidemment, là, tout de suite, il faut le montrer à un médecin.

S’agit-il d’une poussée de bronchiolite classique ou est-elle amplifiée suite à la période sanitaire traversée ces trois dernières années ?  

C’est sans doute un peu des deux. On reste avec des hôpitaux qui sont en difficulté par manque de personnel. Il y a une épidémie qu’on n’a plus vue dans sa forme classique depuis deux-trois ans et dont l’évolution reste inconnue. Est-ce qu’on va être confronté à un épisode de bronchiolite comme les précédents ou pas ? Il faut savoir qu’avant 2020, il y avait déjà quatre à six semaines plus compliquées dans le système pédiatrique en période de bronchiolite. Va-t-on avoir un pic plus important dû à un phénomène de rattrapage de cas qu’on n'aura pas eus pendant les deux dernières années ? C’est possible, mais personne ne peut en être certain.   

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