Développement de l'enfant

Jouer à se faire peur n'est jamais anodin

Vous le sentez, le petit vent de panique ? Bientôt des monstres, vampires, zombies, pirates déglingos et autres, vont venir hanter les rues. Qu'il est bon de jouer à se faire peur. Mais attention, cela peut avoir des conséquences chez nos petits. Jusqu'où va t-on et surtout comment rassure-t-on ? Entre deux cris d'horreur, voyons ce qu'il en est.

C'est une maman qui nous a soufflé l'idée. " Comment passer Halloween sereinement avec ses enfants ? À quel âge peut-on les maquiller ? À quel âge peuvent-ils intégrer le jeu et non le vivre de manière traumatisante ? Je suis toujours surprise de voir certains enfants à l'école maternelle de ma fille en pleurs ce jour-là..."

Bonne question. À l’approche de la fête d’Halloween, de la Toussaint ou de la fête des morts, appelez ça comme vous voudrez, les jeux à se faire peur ressurgissent. Bien sûr, les plus grands (6-10 ans) en rigolent et en raffolent même. Ils se réjouissent déjà de revêtir leur déguisement de vampire ou de sorcière et de se courir après en hurlant. Tout dépend de leur âge et de ce que leurs parents leurs racontent. Mais certaines créatures représentées partout dans l'espace public, aussi peu vraisemblables soient-elles, peuvent terroriser les plus petits.

Se réveiller à cause des monstres

Jusqu’à 5-6 ans, les enfants ne font pas si facilement la part des choses. « Les plus jeunes mélangent encore l’imaginaire et la réalité. Cela peut les poursuivre jusqu’au coucher, entraîner des cauchemars et perturber leur sommeil. Ce n’est pas si banal », explique Geneviève François, pédiatre de l’unité du sommeil (Saint-Luc).

Certains petits bouts ont déjà peur d’aller dormir, d’être dans le noir. Ils peuvent alors revivre les images qui les ont terrifiés à travers leurs rêves. Si les cauchemars font aussi partie du développement de l’enfant, ils ne sont pas pour autant si bénéfiques. « C’est dur pour un enfant de se réveiller à cause des monstres. Ça empiète sur la qualité du sommeil, de la nuit, et donc de l’éveil. Il sera plus fatigué la journée, plus sensible au stress et aux nouvelles images qu'il va recevoir. Il sera plus vite grincheux », soutient la pédiatre.

Comment le rassurer à Halloween ?

Ce ne sont pas non plus quelques montées d’adrénaline, suite à une vilaine farce d’un grand frère un peu canaille, qui vont le traumatiser. « Si l’enfant a de grosses peurs une ou deux fois, ce n’est pas un drame », rassure Geneviève François. Pour éviter ensuite les phobies du coucher, les parents ont leur rôle à jouer. Au moment d’aller faire dodo, les parents peuvent relativiser les petites frayeurs de la journée, expliquer que ce n’est qu’un jeu, que lui ou elle aussi peut se déguiser en monstre pour rigoler. « Les parents doivent se donner le temps de les rassurer, de les câliner avant qu’ils ne s’endorment… » Et une belle histoire aussi pourra les apaiser.



S. G.

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