Santé et bien-être

La guerre aux vers

Oxyures, démangeaisons : pas de doutes, les vers sont là

Oxyures. Un mot qui vaut son pesant d’or au scrabble, mais dont on se passerait bien dans nos vies de famille. Mieux connus sous le terme de vers intestinaux, les oxyures sont courants. Vous suspectez leur présence chez votre enfant ? On vous explique comment les repérer, les traiter et vous en débarrasser.

La journée, votre enfant vaque à ses occupations comme à son habitude, entre jeux et dessins. C’est quand vient le soir que les choses se compliquent. Il va à selle une fois, puis deux, puis trois. Et à partir de là, c’est comme s’il était possédé. Il se tend. Grimace d’inconfort. Gigote.
Commence alors l’opération de grattage autour de l’anus. C’est plus fort que lui, il ne peut s’en empêcher. Après un instant de pause, les gigotements reprennent de plus belle. S’ensuit, une autre séquence de gratouilles. Pas de doute, les vers ont encore frappé !

Comment les repérer ?

C’est le soir, lorsque les femelles migrent vers l’anus pour pondre leurs œufs, que les démangeaisons commencent. Chez les filles, celles-ci peuvent aussi être localisées au niveau de la vulve. Cette dualité jour-nuit est caractéristique de l’oxyurose, maladie provoquée par les vers intestinaux.
Inconfort, irritabilité, sommeil agité : vous avez là le trio gagnant des désagréments causés par ce parasite. Il peut aussi provoquer des douleurs abdominales et des diarrhées. À l’inverse, certaines personnes sont asymptomatiques.  

Pour s’en sortir, c’est toute la famille qui doit être traitée

Vous suspectez la présence de vers chez votre enfant ? Pour en avoir le cœur net, vous pouvez inspecter l’anus. S’il est marqué de plis et rouge, c’est le signe d’un prurit anal caractéristique de l’oxyurose. C’est ce prurit qui donne cette sensation d’inconfort et les démangeaisons. Les vers peuvent être visibles à l’œil nu puisque la femelle mesure environ 10 millimètres. Autre option : le test de Graham qui consiste à placer une bande adhésive sur l’anus. Cela permet de détecter la présence d’œufs au microscope.

Qui sont-ils et comment s’opère la contamination ?

L’oxyurose est une infection due à la présence d’oxyures, un parasite que l’on ingère sous la forme d’œufs, précise Sarah Jourdain, infectiologue à l’Huderf (Hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola). Lorsqu’ils éclosent, les œufs larguent des larves au niveau de l’intestin grêle. Les spécimens adultes se logent principalement dans le colon sous formes mâle et femelle. Les mâles décèdent peu après avoir copulé, tandis que les femelles migrent, principalement la nuit, vers la marge anale pour pondre.
Ces œufs et les vers femelles entraînent un prurit intense de la marge anale (le bord externe de l’anus), ce qui conduit à un cycle d’auto-infection (l’enfant se gratte, dépose dès lors des œufs au niveau de ses mains et sous les ongles, qui sont ingérés quand il met ses doigts en bouche). Les mâles vivent environ sept semaines et les femelles vivent jusqu’à cent jours. Il faut compter de deux à six semaines entre le moment où les œufs sont ingérés et la présence de vers au niveau de l’anus.
L’oxyure est un parasite exclusivement humain. Les animaux domestiques ne sont pas porteurs du parasite. En se grattant, la personne infectée rapporte des œufs sur ses mains ou sous ses ongles. Elle les transmet en direct à d’autres ou contamine des aliments, vêtements ou linge par voie indirecte.

Comment s’en débarrasser ?

Votre enfant a des vers ? Ni une, ni deux, il faut agir. En Belgique, le traitement antiparasitaire principalement utilisé s’appelle Vermox®. Il existe en comprimé ou en solution buvable et est délivrable sans prescription. Le traitement consiste en une prise unique d’un comprimé ou d’une dose de 5 ml, qui permet de tuer les vers au stade adulte. Une seconde dose sera prise deux semaines plus tard pour venir à bout des oxyures qui étaient au stade d’œufs et de larves et pour lesquels le traitement n’est pas tout à fait efficace. Il est recommandé de traiter toute la famille.

Quelles sont les autres mesures de précaution ?

En parallèle au traitement médicamenteux, des mesures d’hygiène doivent être suivies pour venir à bout des œufs qui ne seraient pas éliminés par le traitement. Pour commencer, le plus simple : couper les ongles de votre enfant très court.
Veillez aussi à l’hygiène des mains et assurez-vous d’un lavage avant chaque repas et après chaque passage aux toilettes. Couplez le lavage des mains avec la brosse à ongles matin et soir. Ça, c’est pour la partie hygiène corporelle.
Côté ménage, il vous faudra aussi mettre les bouchées doubles durant les deux semaines du traitement. Objectif : ne laisser aucune chance aux œufs de proliférer en stoemeling. En plus des sous-vêtements, changez chaque jour le pyjama. En été, n’hésitez pas à faire l’impasse sur la tenue de nuit pour éviter de surcharger vos machines qui seront déjà bien remplies par les essuies et les draps de lit.
L’opération nettoyage dans la chambre de l’enfant se poursuit en évitant de secouer les draps et les vêtements et en passant l’aspirateur plusieurs fois par semaine. Les WC doivent aussi être nettoyés plus que de raison le temps du traitement.

LA QUESTION

Pourquoi certains enfants sont-ils plus infectés que d’autres ?

Deux raisons possibles selon Sarah Jourdain, infectiologue à l’Huderf :

  • L’oxyurose est une maladie communautaire qui peut circuler beaucoup. Plusieurs enfants infectés peuvent ne pas être traités, entraînant alors une contamination collective au sein de la communauté.
  • Si votre enfant met davantage ses mains en bouche, il a aussi plus de chance de se recontaminer. Même chose s’il ne se lave pas suffisamment les mains. D’où l’importance des mesures d’hygiène en parallèle du traitement.

BON À SAVOIR

  • La période de contagiosité dure aussi longtemps que la personne infectée n’est pas traitée.
  • Le fait d’avoir été contaminé·e et traité·e récemment ne prémunit pas d’une nouvelle contamination.
  • Il n’existe pas de vaccin contre l’oxyurose.
  • Si les 5-14 ans sont les plus touchés, les bébés peuvent également être concernés par les vers.