Loisirs et culture
Ah, les doudous… Alliés incontournables des parents dans la vie quotidienne avec leurs enfants. Objets d'imaginaire, de transfert, objet d'addiction aussi.
De 3 à 6 ans
Voilà un titre qui devrait parler à beaucoup de parents lorsqu’ils pensent à l’éducation de leur enfant. Louison a un problème de taille. Devenue grande, elle explique à son doudou Roméo qu’il serait temps de se séparer. Elle veut mener sa vie, faire du judo, de la danse et même la cuisine. Mais lui ne l’entend pas de cette oreille (de petit chien peluche). Il s’accroche désespérément à elle. La fillette est devenue le doudou de son doudou ! Avec son ami Jules, lui aussi entouré de doudous, elle aborde leurs responsabilités… Or Jules a une (oui, une !) doudou, Lola-Douce, qui pourrait changer les idées de Roméo, accro à sa Louison.
Avec ces doudous plus vivants que nature, on imagine que les enfants découvrant cette histoire se projetteront dans les réalités qu’ils vivent : difficulté d’une séparation, rêve d’autonomie, besoin d'être cajolés, consolés, fierté de grandir, émancipation, nouvelles amitiés et tutti quanti. Ils penseront immanquablement à leur(s) propre(s) doudou(s) et prendront du plaisir à découvrir les jeux et loisirs de deux enfants qui leur ressemblent, ce que rendent bien les illustrations réalistes et délicates, truffées de détails, d’Ilheim Abdel-Jelil.
- C’est beaucoup de soucis d’élever un doudou, de Gwendoline Raisson et Ilheim Abdel-Jelil (Pastel/L’école des loisirs).
De 3 à 6 ans
Voici un album tout en douceur pour évoquer ce qui peut tourner au drame dans bien des familles : l’oubli ou la perte du doudou de son enfant. Dans ce livre, quatre enfants ont le leur : ours en peluche, couverture, poupée et, pour la narratrice, une poupée également : Toute Petite. Bien qu’usée et sale, c’est un vrai trésor. La narratrice l’aime comme elle est et a noué avec elle une relation intime. À la fin d’une journée au parc, elle l’oublie. Malgré la bonne volonté du papa qui retourne de nuit sur les lieux, plus de trace de l’objet adoré. Il faudra apprendre à vivre sans.
Sur un texte simple et juste, se pose tout le talent de Gabriel Evans. Ses illustrations célèbrent la beauté d’un jardin ou d’un parc, parviennent à exprimer l’amitié entre les enfants ou disent simplement l’absence dans une double page muette.
- Toute petite, de Jane Godwin et Gabriel Evans (Mijade).
De 3 à 6 ans
Que ce soit dans La timidité du Tigrou sorti en 2023 ou La colère du Graou, paru l’an dernier, Sacha est un tigron qui vit avec deux parents sportifs, Manu la mère adepte de water-polo, karaté et yoga et Michel, entraîneur de water-polo. Il est aussi accompagné de Jojo, son doudou qui l’aide dans les étapes et parfois les épreuves de la vie.
Dans La colère du Graou, il doit affronter les colères de son père qui fait passer son propre rêve de succès en water-polo avant celui de son fils de devenir danseur. Dans La timidité du Tigrou, Sacha doit dépasser sa peur des autres. Heureusement, ses parents ne le laissent pas s’enfermer dans son isolement avec Jojo, son lapin en peluche. Ils décident d’envoyer leur fils en colonie et multiplient les stratégies pour qu’il y aille sans son doudou
Tendres et vivants, ces albums au format horizontal sont une excellente entrée pour découvrir la lecture et les codes narratifs d’une BD.
- Sacha et la timidité du Tigrou, d’Alexandre De Moté et Joëlle Passeron (Glénat Jeunesse/coll. Les incontournables).