Société

Les allocations familiales dans le collimateur du gouvernement wallon

davantage d’économies que prévu pour les allocations familiales en Wallonie

Ces dernières semaines, les différents ministres du gouvernement wallon ont successivement donné des interviews pour indiquer qu’ils feraient davantage d’économies que prévu. Entre « absence de tabou », chez les Engagés, et remise en cause du droit de certains enfants à en bénéficier, au MR, les allocations familiales sont à nouveau, et plus que jamais, sur la table des discussions budgétaires.

« Vu les efforts à devoir réaliser, c’est important qu’on puisse parler de tout. Je vais donner l’exemple des allocations familiales : est-ce normal que, moi, je reçoive des allocations familiales alors que j’ai un salaire mirobolant de politique ? L’aide sociale doit aller vers les personnes qui en ont vraiment besoin. Doit-on continuer à verser une allocation familiale au-dessus de trois enfants ? C’est un choix de vie ». Ces propos sont ceux tenus début juin dans Le Soir par Jacqueline Galant (MR), ministre wallonne de la Fonction publique.
Quelques jours plus tôt, le ministre-président Adrien Dolimont (MR) estimait sur La Première qu’« on ne doit pas avoir une vision d'intérêts particuliers et tout le monde ne bénéficie pas d'allocations familiales (…). Je ne sais pas encore vous dire aujourd'hui quel sera l'avenir des allocations familiales (…), mais on doit pouvoir se dire : on évalue quel est l'objectif de cette politique, et est-ce que les moyens qui sont mis rendent bien le service lié ? ».
En octobre dernier en effet, le gouvernement wallon avait annoncé, à l’issue de ses discussions budgétaires, qu’il allait « mener un travail prospectif pour s’assurer de la bonne utilisation des moyens » consacrés aux allocations familiales. La Ligue des familles avait réagi en indiquant que s’assurer de la bonne utilisation des moyens, c’était évidemment normal. Mais que le fait de l’annoncer dans une conférence de presse sur le budget était, en revanche, plus particulier et inquiétant, comme si les moyens attribués aux familles pouvaient constituer une forme de gaspillage. 

Une « optimisation » des allocations familiales, c’est-à-dire ?

« Il y a un groupe de travail qui est mis en place par le gouvernement, qui va rendre des comptes d'ici septembre et qui fera des propositions », indiquait sur La Première, le 18 mai, le ministre wallon en charge des Allocations familiales, Yves Coppieters (Les Engagés). « Pas d'économies », mais des propositions « d'optimisation des allocations familiales, puisque c'est ça qui est dans l'accord du gouvernement », complétait le ministre.
C’est en effet le mot « optimisation » qui se trouve dans la DPR (déclaration de politique régionale) pour annoncer des économies sur les allocations familiales des jeunes de 18 ans et plus, qui ont entretemps été mises en œuvre. S’il est encore question d’optimisation au-delà de cette mesure-là, quels sont les dispositifs visés ? L’accord de gouvernement évoque encore une optimisation du « fonctionnement des caisses d’allocations familiales via la mutualisation de l’applicatif de paiement ». Rien d’autre ?
Pour le vice-président du gouvernement wallon, François Desquesnes (Les Engagés), interrogé le 19 mai par le journal Le Soir à propos d’économies potentielles dans les allocations familiales, « aucune dépense et aucune recette ne sont taboues, mais on a une boussole : la santé et une justice redistributive ». Le quotidien en tire cette conclusion : « Les Engagés n’en font pas une ligne rouge. (…) Un fameux compromis dans le chef d’un parti qui s’est opposé bec et ongles à une réforme plus radicale des allocations familiales, voulue par le MR, lors du précédent conclave budgétaire ».

Jouons cartes sur table

La trame de fond est donc à nouveau inquiétante pour les familles wallonnes. Et à Bruxelles ? Les allocations familiales sont pour le moment absentes de l’accord de majorité, comme du débat public. Pour autant, l’inquiétude quant au financement des allocations familiales dans les prochaines années existe aussi.
La Ligue des familles a, dès lors, décidé d’interroger tous les partis membres des majorités wallonne et bruxelloise quant à leurs intentions en matière d’allocations familiales : s’engagent-ils à préserver le montant de base, la prime de rentrée, la prime de naissance, les suppléments sociaux, l’indexation…