Loisirs et culture
Plongée, avec cette chronique, dans un univers culturel original pour aborder un thème qui ne l’est pas moins : L’éternité, de Mathilde Poncet (L’Étagère du bas).
Il fallait l’oser et l’autrice-illustratrice française Mathilde Poncet l’a fait : titrer un album jeunesse L’éternité. Que peut-on dire à de jeunes lecteurs et lectrices sur pareil concept ? Fascinée par la nature, les animaux et le folklore, Mathilde s’en inspire pour créer des bestiaires énigmatiques comme dans La peau du Lynx et Des vacances timbrées (Les Fourmis rouges). Pour L’éternité, elle met en scène un personnage de femme excentrique, la Poupée du loup, rejetée par la communauté villageoise qui la traite de « sorcière, empoisonneuse, vieille folle ».
Des rumeurs qui, comme souvent, font des dégâts. Heureusement, trois enfants plus courageux que les autres vont s’intéresser à ce personnage fantasque et oser l’aborder, en échange de quoi elle décide de leur offrir pas moins que l’éternité en s’inspirant d’une recette de son grimoire ! Lecteurs et lectrices découvriront donc à quoi ressemble l’éternité et ce qu’il en adviendra au final.
S’inscrivant dans la tradition du conte et de la littérature oral, Mathilde Poncet a imaginé une histoire originale où il est question de différence, de réputation infondée, de peur de l’autre, de bannissement, mais aussi de courage. Sans oublier une forme de féminisme qui a trouvé ces dernières années une sorte d’archétype dans la figure de la sorcière, rebelle aux diktats de la société patriarcale. Avec une palette foisonnante de couleurs et textures, les illustrations de Mathilde Poncet traduisent l’étrangéité du propos et la proximité avec la nature sauvage. Voyez à ce propos le chapeau de la Poupée du loup ! À partir de 5 ans
À LIRE AUSSI