Loisirs et culture

Quand les contes comptent plus qu'ailleurs

Livre jeunesse, contes, patrimoine, transmission, histoires

Alors que l’Ukraine fait la une de l’actualité, le psychopédagogue Bruno Humbeeck rappelle l’importance de raconter d’autres récits aux enfants. Nous avons choisi des contes du monde entier, en signe de paix, dont ces contes d’amour.

► Contes d’amour

Amérindien, japonais, comorien, chinois, libanais, grec, tibétain, cheyenne : voici des contes qui nous offrent un tour du monde des imaginaires et des cultures. Un album qui pourrait rapprocher les peuples par ce qu’ils ont de plus intimes : les récits qui ont façonné leur enfance et se sont transmis de génération en génération. Outre des spécificités alimentaires, vestimentaires, paysagères présentes dans les textes comme dans les illustrations, on croise des personnages aux noms exotiques comme Hanifa, Dong Yong, Ti’al, la fille du chef des Hach Winik ou Yukki-onna, la fantôme des neiges.
Et l’amour dans tout ça ? Il surgit entre des mondes irréconciliables comme celui des hommes et celui des serpents ou des jaguars, celui des riches et celui des pauvres, le monde d’en haut et le monde d’en bas, etc. Il défie les unions impossibles, le temps qui passe et la mort. L’humour traverse aussi certains de ces contes comme celui de la fragile Fujiko qui a le défaut de péter comme un volcan !
Évoquer l’amour, c’est également évoquer ce qui apparaît dans bien des contes : les défis qui attendent les enfants comme l’apprentissage de l’autonomie, les coups du sort, les séparations. Mais ces récits traditionnels, au final, nous apprennent que l’amour, le vrai, rend chacun unique et permet de surmonter bien des épreuves, comme celles d’une guerre.

  • Contes d’amour, de Caroline et Martine Laffon pour les textes et Aline Bureau pour les illustrations (La Martinière jeunesse). Dès 6 ans.

► Contes des arbres et des forêts

Ce recueil de contes nous offre également un tour du monde, de l’Italie à l’Estonie, de l’Amazonie à la Chine, en passant par l’Albanie, le Kent, etc. La forêt est le territoire d’esprits bénéfiques ou maléfiques, de peurs, de mystères, de pouvoirs surnaturels. Pas étonnant dès lors que les croyances populaires en fassent le décor de leurs récits traditionnels. Certains vont y puiser des forces invisibles pour affronter les déconvenues de l’existence, comme la faim, la pauvreté, la stérilité, le mauvais sort, le fait d’être orphelin…
Une forme de sagesse populaire se dégage de ces récits dont certains remontent loin dans le temps comme celui de l’arbre de Misère qui date du XVIIe siècle ou celui du chêne Philémon et du tilleul Baucis, tiré des Métamorphoses d’Ovide, né en 43 av. J.-C. On y découvre aussi que le sort des humains est fréquemment associé à celui des arbres, dans une exaltation de la force du vivant.

  • Contes des arbres et des forêts, de Rolande Causse, Nane et Jean-Luc Vézinet, illustrations de Marc Daniau (Les éditions des éléphants). Dès 6 ans.

► Après la pluie

Dans cet album, un seul conte issu de la culture amérindienne qui est un sacré vivier pour le genre. Celui-ci s’adresse à des enfants plus jeunes. Dans un décor américain de montagnes et de lacs, cinq animaux amis - un castor, un coyote, un caribou, un écureuil et une souris facétieuse – malmenés par un cycle perturbé des saisons et un climat ingrat au point de tomber à court de vivres. Le responsable en serait un ours qu’ils vont défier.
Entre catastrophes naturelles et ressorts magiques, cet album suggère que la force d’un groupe peut soulever des montagnes. Les illustrations légèrement rétros ont un charme désuet propre aux éditions Père Castor.

  • Après la pluie, de Gwendoline Raisson et Olivier Latyk (Père Castor). Dès 3 ans.