Loisirs et culture
Courir, sauter et grimper : telle une balle magique, votre bambin fait désormais preuve d’une énergie débordante. L’activité physique entre tout naturellement dans sa vie. Pas encore sous forme de sport, heureusement, car à cet âge, cela n’a aucun intérêt pour lui.
Quelles activités physiques pour cet âge ?
Pourquoi nos bambins de maternelle ont-ils une telle envie de s’agiter ? Pour le professeur de l’UCL, Cécile Delens, rien de plus normal, qu’on soit fille ou garçon : « On l’oublie souvent, le fait de bouger est un besoin vital, comme manger, boire ou dormir. C’est valable pour nous, les adultes, et plus encore chez l’enfant de 3 à 6 ans. Car, chez lui, ce besoin découle d’un autre : celui d’apprendre. C’est à cet âge qu’il développe son intelligence et découvre le monde à travers ses mouvements Mais parallèlement à ça, il va aussi devoir apprendre à se poser et à faire des activités qui nécessitent de rester sans bouger ».
Balle, cumulet, danse et cirque…
Les stages et autres activités extrascolaires, à l’école ou via des structures publiques (communes, Adeps) ou privées proposent des « multi-activités », parfois appelées « multi-sports ». Entrée en maternelle oblige, il vous faut désormais caser votre gamin€ durant les congés et/ou après 16 heures, et les activités physiques y sont légion. Pas encore de judo, tennis ou basket : il est trop tôt pour faire référence à un sport et aux règles qui l’accompagnent. Votre enfant ne sait d’ailleurs pas à quoi cela correspond. Il va donc jouer, prendre plaisir à découvrir son corps et le mettre en mouvement. Bref, il va courir, sauter, lancer… et cela lui suffit. Pour ceux qui ont davantage une âme d’artiste, pensez aussi à la danse et autres stages sur le thème du cirque.
« Ne pas commencer le sport dès 3-4 ans, d’accord, j’ai bien compris. Mais quand votre cadet vous fait des scènes pas croyables chaque fois qu’on va conduire son grand frère au karaté, comment réagir ? Difficile de lui dire qu’il est trop petit pour entamer ce cours. D’ailleurs, à peine l’explication donnée, il repique une colère en hurlant qu’il n’est pas petit, lui, et qu’il ne veut surtout pas aller faire des cumulets avec les bébés ! Ouf ! Vivement qu’il grandisse. »
La psychomot’ sans vous
La psychomotricité et, plus largement, les séances de gym ne se passent désormais plus en votre présence, mais avec d’autres enfants du même âge. C’est le bel âge de la socialisation. Il s’agit de séances d’éveil corporel (on court, on saute, on grimpe, on lance…) avec du matériel et un encadrement adaptés. Votre enfant y développera ses facteurs psychomoteurs (schéma corporel, motricité globale et fine, latéralité, spatialité, organisation temporelle, découverte des objets) indispensables pour bien grandir, mais aussi pour les apprentissages, à l’aube de l’entrée en primaire. Pas mal aussi si votre petit vit en appartement, sans avoir la possibilité de jouer à l’extérieur et/ou est encore un peu pataud dans son corps. Les autres risquent de s’y ennuyer.
Natation et vélo
Pour la nage, mieux vaut faire appel à un professionnel (à l’école ou à la piscine la plus proche) que d’apprendre vous-même les mouvements de la brasse, par exemple, à votre bambin. En effet, vous pourriez lui faire prendre, sans le vouloir, de mauvaises attitudes.
Pour le vélo, quel bonheur mais quel effort aussi (partagé !) que de lui apprendre à rouler sur un deux-roues. Quel soulagement quand, sans crier gare, il s’envole de ses propres « pédales » ! Même si votre dos et vos nerfs risquent d’être mis à l’épreuve, ne déléguez pas cet apprentissage à d’autres.
LES CONSEILS DU LIGUEUR
Il a la bougeotte et vous n’en pouvez plus ?
Il (ou elle) a juste besoin de se défouler. La meilleure solution : après l’école et le goûter, ouvrez la porte du jardin pour qu’il aille s’y défouler. Et si vous vivez en ville et/ou travaillez tard, faites un crochet par le parc ou la plaine de jeux. Ni parc, ni jardin ? Embarquez-le avec son petit vélo pour aller chercher le pain ou prenez à pied le chemin de chez mamy…
Ces activités toutes simples sont bien plus efficaces qu’une heure de sport par semaine. C’est qu’à 3 ans et plus, on a besoin de se défouler… au quotidien.
Certains parents s’imaginent calmer la fougue de leur bambin en le mettant devant la télé ou l’ordi. À consommer avec modération, cependant : à cet âge, surtout, les écrans sont un piège qui englue votre enfant dans la sédentarité. L’explication ? Sous l’effet hypnotique des images, votre petit en oublie d’écouter son corps et son besoin fondamental de mouvements. Or, entre 3 et 6 ans, cette écoute n’est pas encore consciente : elle ne le deviendra que plus tard. Le mauvais pli étant pris, difficile ensuite de rectifier le tir.
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