Développement de l'enfant

À la crèche, comme si vous y étiez...

L'ENFANT PAS À PAS

Un jour comme un autre à la crèche. Une dizaine d’enfants de 10 à 15 mois, le même groupe depuis belle lurette. Ils connaissent les puéricultrices, les lieux et leur aménagement, et se connaissent entre eux. C’est là leur lieu d’activité, comme leurs aînés vont à l’école et les adultes vaquent à leurs affaires d’adultes.

Les enfants se déplacent maintenant presque tous à leur guise, qui à quatre pattes, qui en rampant, qui dans une marche un peu hésitante. Des trajectoires se croisent, des rencontres ont lieu. Il y a, au propre et au figuré, des frottements… La petite barrière de séparation des espaces, par exemple, est prise d’assaut. Parce qu’elle offre les meilleures prises pour se hisser debout en se tenant fermement, et aussi parce que ce qui se passe de l’autre côté est terriblement attrayant… Une illustration vivante de l’expression « se bousculer au portillon » ! L’un est déjà debout, il met toute sa force à secouer la barrière, un autre se redresse à proximité immédiate et pousse avec son derrière pour se faire de la place, un troisième, à plat ventre, de l’autre côté, s’accroche au pantalon du premier. Autant de petites agressions territoriales. Il se pourrait bien qu’une protestation bruyante se fasse entendre et que, dans la mêlée, l’un repousse vigoureusement les importuns, l’autre tire des cheveux ou même s’asseye sur celui qui est au sol.
Dans la salle de jeux à la crèche, il y a en général peu d’interdits. Pas de choses dangereuses, et pas de choses fragiles. Les règles de base tiennent en peu de mots : on ne se fait pas mal à soi-même, on ne fait pas mal aux autres, on n’abîme pas les objets. Ces notions sont difficiles à faire comprendre à ces grands bébés encore incapables d’imaginer ce que l’autre ressent. Les adultes les énoncent pourtant, inlassablement, des dizaines de fois chaque jour. Les puéricultrices s’approchent, se mettent à hauteur des petits, disent : « Non, on ne peut pas », et ramènent le calme avec des gestes bienveillants qui rassurent. De même que, quand elles ont dans les bras un enfant qui d’un mouvement très vif fait mine d’attraper leurs lunettes ou leurs boucles d’oreilles (ces trésors brillants et colorés qui se balancent juste devant son nez !), elles invitent à la douceur avec des gestes doux.
Parents et professionnels se relaient auprès des enfants, chacun avec son style et sa propre énergie corporelle, mais aussi avec une constance suffisante à propos de ces règles. C’est la répétition de ces injonctions, accompagnées des gestes adéquats donnés en exemple, qui permettra aux enfants, très progressivement et sur un très long laps de temps, d’intégrer ces impératifs de la vie partagée.
La fréquentation régulière d’une collectivité de pairs n’est pas indispensable au développement de l’enfant de 11-12 mois. Les interactions sont très élémentaires, les enfants sont encore les uns pour les autres des choses vivantes et animées, objets d’exploration au même titre que le reste de l’environnement. Néanmoins, si les parents, confiants, constatent que leur enfant est bien dans ce milieu d’accueil, il peut bénéficier de ce cadre structuré et prévisible, où des professionnels bienveillants prennent soin de lui et lui proposent attention chaleureuse et activités intéressantes.

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