Santé et bien-être
En résumé
- Un fruit qui n'en est pas un
- Riche en fibres, en antioxydants et en minéraux essentiels
Magique, la figue ? Non, psychédélique ! Il est grand temps que vous et vos petiot·es en sachiez plus sur cette délicieuse douceur. Dans les vergers et les jardins, on l’aime pour son feuillage, son branchage, son ombre ou son parfum. La figue fait appel à tous les sens. Même l’ouïe ? Oui. Écoutez ses morceaux crépiter dans un caramel fondu, cela vaut tous les Charles Aznavour du monde.
La figue, ce fruit qui fait bonne figure. On se souvient toutes et tous de son premier contact avec cette chose végétale improbable : tout ce qu’il y a de plus convenu d’aspect extérieur et délicieusement psychédélique à l’intérieur. Souvenez-vous de cette première fois. Vous l’ouvrez en deux, puis jaillit alors une tout autre dimension. « Cette chose se mange-t-elle ? », se demande-t-on alors. Après l’avoir goûtée, non sans frein, nous voilà parés à une nouvelle dimension gustative. Tiens, d’ailleurs, pourquoi cet aspect ? Une intervention divine ? Un trip psychotrope de Dame Nature ? Menons l’enquête.
Ce n’est pas un fruit, c’est une fleur, que dis-je, c’est une fleur à bulbes
Mi-figue mi-raisin, notre sujet végétal du jour n’est pas réellement un fruit. Mais bien une fleur inversée. Cet aspect qui évoque la bouche du Démogorgon (se référer à Stranger Things pour les moins geeks de la bande) renferme de minuscules bulbes de fleurs retournées sur elles-mêmes qui forment cette texture à la fois douce et granuleuse, donc totalement à part. Ce qui en fait, en plus, une exception botanique à part entière. Mais sa seule vertu n’est pas sa singularité : la figue est riche en fibres, en antioxydants et en minéraux essentiels. Dont nos petit·es profitent, tout en éveillant leur palais.
À ce propos, parlons enfants et figue. Vous remarquerez que la relation est teintée de méfiance. Comment procède-t-on pour les familiariser à cette étrangeté, souvent rebutante de prime abord ? Une branche de parents nous a livré ses trucs. D’abord, celui d’expliquer aux enfants les plus curieux (cette espèce rare qui mange de tout), qu’ils vont se régaler les papilles. Et que, de surcroit, ce fruit, feuilles comprises, les aide autant à digérer qu’à lutter contre de vilaines choses, comme le cholestérol et les maladies cardiovasculaires. Ça, c’est pour qu’ils comprennent bien qu’en dépit d’un aspect curieux (la figue, pas vous parents), vous ne leur faites pas ingurgiter du poison.
La figue, c’est de la science
La technique de Jean-J, aujourd’hui papa de grands ados, consistait à multiplier les expériences avec ses enfants et à transformer la cuisine en laboratoire. « Car l’exploration gastronomique, nous dit le père – grand cartésien –, c’est d’abord de la science ». Avec le surplus de figues, la famille fait des tartes (voir l’excellente recette de Marie-Chaton plus bas), des compotes, des confitures. Puis, elle s’amuse à faire sécher le fruit et à en faire comme des bonbons.
Un jour d’automne, au moment de la taille de l’arbre familial, tout le clan de Jean-J, devenu expert en transformation de figues, s’intéresse aux feuilles. En effet, elles regorgent de vertus similaires au fruit. Enfin, à la fleur inversée. Enfin, vous comprenez, quoi. On sèche les feuilles pour en avoir toute l’année, comme on le ferait avec la verveine, et on en fait des tisanes.
Arrive ensuite alors la trouvaille la plus notable de la famille exploratrice du goût : celle qui consiste à faire de l’huile de feuilles de figues. La technique du papa et des enfants est d’une facilité déconcertante. Prenez six ou sept belles feuilles. Choisissez les plus tendres. Faites-les bouillir deux à trois minutes, grand max. Une fois fait, vous les déchirez en morceaux dans un blinder et vous les mixez avec 15 à 20 centilitres d’huile de pépins de raisin. Vous filtrez le tout et vous voilà en possession d’un super allié des salades. Jean-J explique qu’en plus de s’acclimater au fruit star du jour, les enfants se sont même mis à se régaler de tomates ou de concombres.
La figue et ses feuilles soignent, régalent et éveillent ? Eh bien, tout cela en fait un partenaire précieux des parents, figue-urez-vous.
LA RECETTE
La tarte Tatin de Tantine Marie-Chaton
« Faire rôtir des figues coupées en deux - 7 à 15 selon la taille - dans un caramel au beurre salé que l’on aura réalisé au préalable. Les disposer agrémentées de leur jus sur une feuille de papier cuisson non blanchi dans un moule à tarte. Préparer une pâte sablée avec 150 g de farine, 75 g de beurre, 1 œuf entier. L’étaler et la disposer sur les figues. Refermer la pâte sur les figues de manière à tout contenir dans la pâte durant la cuisson. Cuire – mmmm – 45 minutes, je dirais, à 180°C. Démouler immédiatement puisque c’est une tarte Tatin. On fait bien gaffe à ne pas se brûler avec le caramel qui peut couler. On déguste tiède ou froid ». Pourquoi pas avec une infusion de feuilles de figuier, tiens.
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