Loisirs et culture

Les guerres de Lucas 2, où comment (continuer à) raconter Star Wars à ses enfants

Les guerres de Lucas 2, où comment (continuer à)  raconter Star Wars à ses enfants

Pendant tout l’été, on entame chaque semaine par vous présenter un coup de cœur puisé parmi les trésors de la littérature jeunesse. Pardon ? Les guerres de Lucas 2 ne rentre pas dans ce champ ? Embarquez dans l’aventure, vous allez bien voir que si.

L’été bat son plein. La rédaction est vide. Ce qui n’empêche pas votre scribouillard de demander. « Dites les gars, il y a une suite à Les guerres de Lucas. Vu qu’on en a parlé quand c’est sorti, je peux chroniquer le 2. Hein ? Y a quelqu’un ? Bon. Tant pis. Je prends ça pour un oui… ».

Saga transgénérationnelle

Pourquoi vouloir absolument chroniquer cette histoire dans un magazine dont l’ADN est 100% parental ? Mais parce que c’est une des histoires les plus improbables à raconter. La saga Star Wars a marqué à vie toute une cohorte de parents et de grands-parents. Elle continue à opérer auprès des jeunes générations. Se réinvente auprès des enfants, des ados. Et même si la franchise appartient à la firme aux grandes oreilles, avide de dollars par millions, ça ne l’empêche pas de faire les choses avec brio. Les séries animées s’adressent aux plus jeunes, dès 6-8 ans. D’autres spin off, (l’excellent Obi-Wan Kenobi), mini-séries ou d’autres à envergure majeure continuent de conquérir de nouveaux et nouvelles fans. On a vu, par exemple, la série Andor qui préfigure la naissance de la rébellion – ère Princesse Leia – s’organiser dans une fine stratégie politique ébouriffante. De quoi donner envie encore et encore de lutter contre toute forme de régime totalitaire.
La saga est donc plus vivante que jamais. Lorsque des parents la racontent, ils ne relatent pas la lutte de la Force contre le Côté Obscur dans l’Univers. Mais ils se racontent, eux. Comment ils l’ont découverte. Comment les grands-parents eux-mêmes l’ont vue naître. Avec quels jouets ils se sont amusés. En quels héros ou quelles héroïnes ils et elles se sont déguisé·es ? Poursuivre l’histoire des coulisses de cette saga hors norme, comparable à aucune autre, c’est ouvrir cette boîte de pandore-là.
Cela étant, la question concernant La guerre des Lucas 2 est la même que celle de L’Empire Contre-Attaque. Comment réussir à faire, si ce n’est mieux, au moins aussi bien que le premier volume ?

La galère, l’ingrédient narratif universel

« Il vaut le coup, le volume 2 ? », se demande-t-on. Après tout. Le premier volume se referme sur le succès total du film qui, en dépit de toutes les galères, s’achève sur une pulvérisation totale au box office. Succès critique, succès public. On se dit alors que pour la suite de la saga, Lucas n’aura plus à sauter tous les obstacles comme il l’a fait pour le premier volet. Dès lors, qu’y a-t-il à raconter ? Comment tenir les lecteurs et lectrices en haleine ?
Dès les premières pages, le talent de Laurent Hopman pour le scénario et Renaud Roche pour les dessins explose. Les doutes et appréhensions s’envolent. George Lucas, sa si soutenante épouse, les acteurs, actrices, les artistes et artisans, la production… Rien ne va s’aligner pour personne. Tournages extrêmes. Tensions financières. Folie des grandeurs. Ratés. Jalousie… Les ingrédients ne sont pas les mêmes, mais la façon de narrer l’odyssée des Lucas, nappée de mille et une déconvenues et imprévus, en font un récit aussi haletant à lire qu’à relater aux enfants, amusés par toutes ces mésaventures. On se demande d’ailleurs où l’ami George Lucas a trouvé la force de continuer jusqu’au bout.
Une fois qu’on a dit tout cela, rappelons pourquoi Star Wars est la saga de la transmission familiale.

Dark Vador

Saga de la relation familiale

On peut aborder des tas de thèmes chers à la ligne éditoriale du Ligueur : la transmission, l’initiation, les excès de consommation, la relation familiale, etc. Il y est question de filiation, de courage, de sacrifice, d'émancipation. Jusqu’ici, Disney, qui exploite la firme – on le redit –, le fait avec le respect de la mythologie et savoir-faire. Mieux encore, elle aborde des thèmes progressistes et politiques. On découvre dans cet opus que Lucas a toujours pris grand soin de ne faire aucune concession idéologique. Refusant de travailler avec l’Afrique du Sud au moment de l’Apartheid, par exemple.
Il nous semble important, émouvant même, depuis notre petit cœur de geek, de raconter aux enfants comment et dans quelles conditions est née cette saga incomparable. C’est aussi une manière de montrer aux petit·es padawans que tout est possible et combien il peut être utile de suivre cette voie intérieure. De se laisser guider par elle. Comme un Jedi s’en remet à la Force.
Alors ? Comme la trilogie historique, vivement le troisième tome, que nous ne manquerons pas de vous présenter ici même.

EN SAVOIR +

Les guerres de Lucas 2 de Laurent Hopman pour le scénario et Renaud Roche pour les dessins (Éditions Deman). Disponible dans toutes les bonnes librairies à côté de chez vous.