Vie pratique

Le podcast ami du petit déjeuner

Rencontre avec Céline Cocq et Sophie De Brabandère, autrices d’une série de podcast pour répondre aux grandes questions des enfants

Deux mamans, copines de longue date, Céline Cocq et Sophie De Brabandère se lancent à l’assaut d’une série de podcast d’environ 10 minutes chacun pour répondre aux grandes questions, vous savez, celles que l’on ne voit jamais venir et qui tombent toujours au mauvais moment. Vous les connaissez par cœur : « Pourquoi il y a des riches et des pauvres ? », « Pourquoi les filles ont leurs règles ? », « Pourquoi tout ce qui est bon, c’est mauvais pour la santé ? », « C’est quoi l’extrême-droite ? »… Voilà de quoi vous aider à y répondre. Vous reprenez un café ?

Dévoilons-le d’emblée pour palier toute remarque quant à un éventuel népotisme : Céline Cocq travaille à la Ligue des familles, comme chargée d’études au Service études et action politique. Juste au bout du couloir à gauche par rapport à notre rédaction. On la sait aussi fidèle lectrice du Ligueur. Tout comme l’est Sophie De Brabandère.
On ne pense donc pas un seul instant qu’elles usent, l’une et l’autre, de flagornerie quand elles nous disent qu’il y a une démarche semblable à notre ligne éditoriale dans la volonté d’outiller le parent avec leur série de podcasts. 20 épisodes qui, en 10 minutes, posent une situation, mettant en scène des enfants et leurs interrogations à la table du p’tit déj, exposent une problématique avec la maman (incarnée par Lucie Poulain), invitent un·e expert·e de terrain et proposent une sorte d’épilogue, avec les incomparables Gary et Lou qui ont improvisé des réflexions qui amusent encore les mamans même des mois après l’enregistrement.
On sent que c’est avec beaucoup de sérieux et de complicité que les amies ont monté leur affaire. On se demande d’ailleurs si c’est un des moteurs de ce projet ?

Sophie De Brabandère : « L’amitié est un plus dans ce type de projet professionnel. Céline est ma plus vieille copine… »
Céline Cocq : « Ta plus ancienne copine… »
S. D. B. : « Elle me corrige tout le temps. Toutes les deux, on partage le même goût des histoires. On aime qu’on nous raconte des choses. Notre autre point commun, c’est qu’on a la même approche de la parentalité. »
C. C. : « Je pense que c’est ce qui nous a conduit à créer ce type de format. Un mélange de docu et de fiction. Parce que ce que l’on souhaite, finalement, c’est que ce podcast qui s’attaque aux grandes questions des enfants soit écouté autant par les parents que leurs enfants. Peu de podcasts s’adressent autant aux uns qu’aux autres. Ce que l’on adorerait, ce serait que les parents commencent à écouter seuls, puis qu’ils se mettent à écouter avec leurs enfants. C’est dans cette optique que nous avons œuvré. »

L’idée consiste en quoi ? À donner aux parents des pistes ?
S. D. B. :
« Nous ne voulons surtout pas imposer de mode d’emploi. Nous partons d’abord de sujets qui potentiellement pourraient faire irruption, comme ça, en plein repas, sans que l’on y soit préparé. Je suis maman d’une ado de 12 ans et, jusqu’ici, je n’ai pas abordé tout cela avec elle. J’aimerais être un minimum équipée le jour où je devrai parler extrême-droite, racisme, mal-logement, etc. »
C. C. : « Chez moi, c’est l’inverse. Les grandes questions déboulent justement au plus mauvais moment. Ce qui est souvent compliqué, parce qu’il faut que tout s’aligne pour bien répondre. J’entends par là qu’on ne peut pas bien répondre quand on est en train de courir. Parler de la mort entre deux boîtes à tartines à remplir, des va-et-vient à gérer, sans même avoir encore bu sa première tasse de café… c’est très intense. Fort de cela, ce podcast veut permettre aux parents et à leurs enfants de s’informer, sans contenu prêt à penser, avec un fond qui allie sérieux et légèreté. Pour s’attaquer de façon très universelle aux grands sujets. »

Podcast du petit dej pour répondre aux grandes questions des enfants

D’où viennent ces thématiques qui forment les 20 épisodes ?
C. C. :
« L’idée consiste à aborder un max de thématiques pour que tout le monde, parents et enfants, puissent s’en emparer. Avec ce même ingrédient : quel que soit le sujet abordé, on doit pouvoir traiter le sujet sans être plombant·es. De là, il a suffi de tendre l’oreille et voir quelles sont les préoccupations autour de nous. La difficulté ne résultait pas dans l'idée de choisir les sujets, mais bien d’en mettre certains sur le côté. On a largement ce qu’il faut comme matière pour la saison 2 ! »
S. D. B. : « Nous souhaitons brasser large. C’est-à-dire aborder tant des questions philosophiques que sociétales. Tout ce qui concerne les enfants, ce qui les entoure. Ce qui les questionne. IA, alimentation, climat, guerre, école… On part du principe qu’ils peuvent tout entendre, tant qu’on est dans l’explicatif. Les tournages avec eux ont été vraiment surprenants. Chaque émission est coupée en trois parties : un témoignage, une expertise, une conclusion. Tout cela en moins de 10 minutes. Et ce sont nos enfants qui établissent l’épilogue. Nous avons laissé des réactions et réflexions très spontanées. Certaines fois, nous avions quelques appréhensions, au vu de la dureté de sujets ou d’infos abordés. Ils les ont toujours digérés avec beaucoup de recul, d’humour, de malice et de hauteur. Ce qui nous a encouragées. Tout ce que nous proposons sont autant de pistes qui ouvrent le dialogue. »

Tous les épisodes peuvent être entendus par les 7-12 ans ?
C. C. : « Oui, rien n’y est approché de façon crue. Chaque émission peut être une porte d’entrée, même pour les thèmes qui semblent les plus délicats à aborder. »

Votre idée de faire intervenir des « expert·es du vécu » semble tout à fait pertinente, vous pouvez nous expliquer ce que vous entendez par là ?
C. C. :
« À chaque fois, nous faisons intervenir des expert·es qui vont pouvoir apporter des pistes tant aux parents qu’aux enfants avec toute leur légitimité, de façon la moins théorique possible. On voulait que ça sente le terrain. »
S. D. B. : « J’ai découvert tout cela tout au prémontage et ai été souvent saisie. Parler de sans-abrisme, par exemple avec Linda, je pense que nous n’aurions pas pu avoir de meilleure personne, tant pour restituer les enjeux que pour donner de l’espoir. Idem avec Vincent, directeur de la prison de Saint-Gilles. Il a compris d’emblée qu’il s’adressait à des enfants. La façon dont il expose ses idées sont claires, accessibles. Pas besoin de reformuler derrière. »
C. C. : « C’est le cas aussi avec Marco, jeune trans de 20 ans, d’une justesse sans pareille. Là encore, réussir le tour de force de tout expliquer en quelques minutes, nous ne pouvions trouver meilleur interlocuteur. Ses propos sont justes. Nous voulions éviter de passer par les expert·es reconnu·es, pour partir du vécu. Nous souhaitions que les personnes parlent d’elles. Ça donne du relief. »

Que conseilleriez-vous aux parents à propos de toutes ces grandes questions, ça vaut toujours le coup de s’en emparer ?
S. D. B. :
« Je pense que l’idée de partir d’une réponse un peu universelle, c’est toujours intéressant. De faire en sorte de favoriser l’échange. À la limite, même, de créer une sorte de moment de rencontre autour de ces problématiques et de susciter le bon moment parent-enfant pour aborder tout type de sujet, ça me semble être un bon début. On a créé cette série de podcasts pour permettre cela en tout cas. »
C. C. : « Exactement, puis je leur dirais également de se faire confiance. De ne pas craindre d’aborder les sujets par peur que ce soit trop dur ou trop complexe. Les enfants ont une capacité de compréhension qui dépasse souvent notre entendement. C’est la bonne surprise de toute cette expérience. Vous savez, Sophie et moi sommes un peu les béta-testeuses de ce podcast, puisque ce sont nos enfants qui en sont les protagonistes. J’ai missionné le papa pour qu’il sonde notre fils et, visiblement, tout va bien. Il serait même prêt à signer pour une saison 2. »

Il y aura donc une saison 2 ?
… (Silence rêveur)

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AGENDA

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Venez rencontrer les protagonistes ce samedi 20 septembre (à 10h) autour d’un petit déjeuner au parc Josaphat à Schaerbeek. Au programme ? Déambulation, écoute au casque et échange. Le tout, en famille. Préparez vos tympans.
C'est public, tout le monde peut venir, mais l'inscription est obligatoire