Vie pratique

Les vacances, de vraies histoires de familles

À chacun·e a sa propre définition des vacances familiales

Un bout de plage, un parasol et des châteaux de sable pour certain·e·s. La quiétude d’un coin isolé au fond de son jardin pour d’autres. Ne rien faire ou, au contraire, multiplier les sorties. Partir en tribu ou voyager en solitaire. Voilà déjà un premier constat quand on parle avec vous, les parents : chacun·e a sa propre définition des vacances.

Il y a comme ça des sujets dans la constellation parentale où il est rigoureusement impossible d’être exhaustif. Les vacances entrent très facilement dans cette catégorie, tant ces congés peuvent prendre des routes différentes, à la fois côté destination, programme, envies, état d’esprit.
Alors, comme souvent, il a fallu faire des choix, un peu mettre ces familles dans des cases. De leur vécu, il ressort plein de choses qu’on vous laisse le soin de glisser - ou non - dans une valise ou un sac à dos.

Les hyperorganisées

Anticiper, voilà un verbe que Marielle, 38 ans, maman de deux enfants de 4 et 7 ans, conjugue à la perfection. Pour elle, les vacances commencent souvent plus d’un an à l’avance. Réservation d’un toit, moyen de transport, activités, tout est établi longtemps avant le jour J, avec une discipline quasi militaire.
« Luc, mon mari, est comme moi, nous avons besoin de cette organisation pour pouvoir partir l’esprit tranquille. C’est quelque chose qui s’est fort développé avec les premières vacances avec les enfants. La première fois, on est partis sans trop penser à ça et ça a été les pires vacances de notre vie. Nous étions en Thaïlande et nous n’avons rien fait, parce qu’il faisait trop chaud pour Allan, qui avait 4 mois. Et qu’il a passé son temps à faire des siestes. »    

► Le conseil du Ligueur : si vous partez avec des tout-petits et jusqu’à 1 an, faites particulièrement attention aux pays chauds, les bébés n’aiment pas vraiment les grosses chaleurs. Et n’oubliez pas que vos petit·e·s à ces âges ont des besoins physiologiques, que ce soit en nourriture ou en sommeil, assez contraignants.

Les aventurières

Une destination, un sac à dos et des bonnes chaussures, pas plus, pas moins. Le mode de fonctionnement de Kamel et Anna, parents de Jeanne, 6 ans et demi, est on ne peut plus simple. Une aventure qui dure depuis que leur fille a 3 ans et qui les a déjà emmenés sur quatre continents et une vingtaine de pays.
« En vrai, on a aussi un dictionnaire, un peu de cash, une bonne assurance et toujours une adresse de secours à utiliser en dernier recours qui, jusqu’à présent, n’a jamais servi. On ne part jamais dans l’idée d’une décroissance ou quoi que ce soit du genre. Ce qu’on aime, c’est s’immerger à fond dans la vie et la culture locale, rencontrer des gens vrais. Jeanne adore ça, et puis c’est une super richesse d’avoir des copains et des copines au bout du monde avec qui elle reste en contact. »

► Le conseil du Ligueur : choisissez avec soin votre destination, notamment en raison des risques sanitaires que certains pays peuvent comporter pour les enfants. Kamel et Anna ont une adresse de secours et c’est une très bonne idée. Si vous n’avez aucune connaissance dans le pays où vous allez, vous pouvez regarder sur les sites officiels locaux et éventuellement prendre contact avec un consul honoraire habitant sur place. 

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Les classiques

La plage avec ses châteaux de sable et ses baignades, la glace au goûter, les balades en cuistax, le feu d’artifice du 21 juillet et les mêmes têtes que l’on retrouve plus ou moins année après année. Julien et Annabelle perpétuent une tradition issue de leurs familles respectives avec leurs quatre enfants, âgés de 2 à 16 ans.
« On pourrait partir ailleurs, mais non, c’est la Côte qu’on aime. On y a construit des souvenirs gamin·e·s, nos enfants font pareil. C’est une sorte de transmission de nos valeurs. Ici, c’est simple, humain, cool, avec des rencontres d’un jour qui sont devenues des amitiés très fortes. »

► Le conseil du Ligueur : à la mer, les deux plus grands dangers pour les enfants restent de s’éloigner de l’emplacement où la tribu s’est posée et l’exposition au soleil. Ici, on ne va pas réinventer la roue, mais juste vous rappeler de jeter un œil sur notre article : Soleil : comment bien protéger son enfant ?       

Les moitié-moitié

Un bout de vacances avec les enfants, un autre sans ou encore une partie de congés loin de la maison, une autre dans son antre. Vous êtes finalement assez nombreux et nombreuses à choisir cette formule mixte, qui, à vous écouter, vous offre le maximum de repos. Alexia et Gianni, parents de trois enfants de 4, 7 et 10 ans, font partie de ceux qui ont choisi la formule avec, puis sans enfants.
« Généralement, c’est une semaine avec les enfants, puis dix jours rien que pour nous deux. La semaine famille, on est vraiment à fond sur la thématique enfants : ils ont droit de demander à faire ou à manger à peu près ce qu’ils veulent. C’est une semaine riche, trépidante, super fun où mon mari et moi, on retourne aussi un peu en enfance. Les dix jours en amoureux, c’est vraiment sur un tout autre rythme. On prend notre temps, ce qui n’arrive jamais en temps normal entre le boulot, l’école et les activités extrascolaires. »

► Le conseil du Ligueur : changer de rythme, couper avec le train-train, ça aère les esprits des petit·e·s comme des grand·e·s. Néanmoins, on continue à garder un certain cadre, histoire de ne pas totalement détraquer les corps. Et pour les enfants, une quinzaine de jours avant la rentrée, on commence tout doucement à recaler les heures de coucher sur le rythme scolaire, tranquillement, à coups de minutes grapillées chaque jour.

Celles qui ne partent pas

Pour mille et une raisons différentes, certaines familles choisissent de rester chez elles. Une raison pour déprimer ? Sûrement pas, plutôt l’occasion de faire travailler sa créativité et de multiplier les contacts. Comme chez Lucie et sa jeune tribu.
« On suit souvent les idées du Ligueur des années précédentes. Changer l’affectation des pièces ou redécorer temporairement la maison, inverser les rôles habituels, faire des journées thématiques, tout ça, c’est vraiment chouette à faire. Et puis les vacances, c’est aussi aller dormir chez les copains-copines, chez les cousin·e·s ou au fond du jardin, à la belle étoile, pour regarder le ciel. »

► Le conseil du Ligueur : ne vous interdisez rien - dans la limite du raisonnable – s’il y a du plaisir, des rires et des sourires au bout. Construisez ces moments avec vos enfants, faites-les participer à leur élaboration, vous verrez qu’ils ne manquent pas d’idées !

MAIS AUSSI...

Côté parent solo et familles recomposées

Difficile d’aborder ici la question des vacances pour les parents solos et les familles recomposées, tant les situations sont presque toutes des cas particuliers.
Pour les parents séparés, on rappellera simplement que la communication reste le meilleur moyen de partir l’esprit serein. Prévenez autant que possible l’autre parent des dates et lieux où vous partez.
Pour les familles recomposées, on insistera plus sur le côté psychologique de cette aventure. Si vous ne les côtoyez pas souvent, gardez en tête que les enfants de votre compagne/compagnon n’ont peut être pas les mêmes habitudes ou valeurs que les vôtres.

POUR ALLER + LOIN

Les vacances, entre pression sociale et histoire familiale

Partir pour partir, partir pour fuir le quotidien, partir pour le plaisir, rester pour ces mêmes raisons… tous les parents ont une bonne raison à leur choix de vacances. « Les vacances, c’est beaucoup de choses à la fois. Chacun·e y met de son histoire familiale avec ses mythes et ses croyances, de ses valeurs. Ça, c’est pour le côté individuel, mais il faut aussi ajouter la pression de la société, cette norme sociale - presque une injonction - qui dit que partir en vacances, c’est quelque chose qui permet d’exister aux yeux des autres », souligne la, psychologue Catherine De Geynst.
Repenser sa quinzaine juilletiste ou aoûtienne pour des parents, ça veut dire quoi ? Qu’on part en Bretagne plutôt qu’en Vendée ou à La Panne plutôt qu’à Bredene ? « Ça veut dire qu’on tient compte de ses envies plutôt que de cette pression sociale. Qu’on utilise son intuition, qu’on rejette l’idée de compétition avec la famille, les ami·e·s, les voisin·e·s sur celle ou celui qui aura passé les plus belles vacances ou les plus éloignées sur la carte. Et puis on peut aussi impliquer plus ses enfants dans le choix de la destination, des activités. Écouter la parole de chacun·e, prendre les décisions collectivement, c’est un bel exemple de vivre ensemble. Et cela permet de faire cohabiter les vacances des parents et celles des enfants, qui ne se font pas toujours sur le même rythme, sur les mêmes envies ».