Vie pratique

Ma fille veut télécharger la messagerie Xooloo, une messagerie sécurisée pour les enfants

Une messagerie privée pour les enfants, bonne ou mauvaise idée ?

« Ma fille veut télécharger la messagerie Xooloo, qui est une messagerie sécurisée pour les enfants, qu’en pensez-vous ? »
Virginie
, maman d’une fille de 10 ans.

Cette demande fait écho à celle d’autres parents qui cherchent des alternatives aux Gafam, l’acronyme des géants de la Sillicon Valley, dont les prises de position et déclarations publiques depuis la saison 2 de Trump à la Maison Blanche donnent envie de passer à autre chose. Au-delà de vous encourager à adhérer à telle ou telle firme, on ne peut que vous inciter à toujours bien réfléchir à votre consommation virtuelle et de toujours vous demander à qui vous donnez votre bien le plus précieux et celui de votre chérubin, à savoir votre attention.
Xooloo Messenger est une des nombreuses alternatives aux classiques mainstream existantes. Celle-ci, comme d’autres, mise tout sur son aspect enfant compatible. Elle a d’abord pour vocation de rassurer les parents. Bien pensée, elle permet d’appeler les ami·es ou la famille en vidéo gratuitement. On y envoie des bisous, des confettis, des coussins péteurs ou des tartes à la crème. Pas besoin de carte sim pour son utilisation. Les enfants y créent leur avatar. L’app rappelle les anniversaires des copains-copines, de la famille.
Mais surtout, cerise sur la tarte à la crème, la sécurité y excelle. On ne peut être invité·e que par les proches. Chaque nouveau contact ajouté est immédiatement signalé aux parents. C’est évidemment une des nombreuses alternatives à WhatsApp pour les enfants. Plutôt que d’être cruellement jeté·e en pâture dans le groupe Méta et l’immensité de la toile de son réseau, on met le pied de ses enfants et ados à l’étrier en douceur. Les parents n’y jouent pas non plus les espions, puisque leur rôle se limite à donner leur accord aux gamin·es de moins de 13 ans, à avoir accès à la liste de contacts, mais pas aux messages, ni à leurs contenus.

Xooloo Nation

Pour dissiper le doute et garantir que cet article ne navigue pas en plein publi-reportage éhonté, signalons que d’autres applications de ce type existent. Elles fonctionnent sur les mêmes principes. Les parents interrogés nous ont parlé de Monster messenger ou Messenger Kids. À chaque fois, on retrouve les mêmes éléments : sécurité, facilité d’utilisation, autonomie, respect, droit à l’image, contacts limités.
Dans la même famille, il existe des boîtes mail spécialement conçues pour les enfants, comme Net c junior ou encore Mailo Junior. Enfin, KidiConnect est un réseau social intrafamilial, créé pour l’extrascolaire, le trajet école-maison et toute forme de relation à distance, sans plonger directement les enfants dans le grand bain des outils numériques plus grand public.
Valérie Dubost, psychologue, qui guide les parents dans les usages du vaste réseau numérique, trouve que tous ces outils ont cela d’intéressant qu’ils sont un premier pas dans l’univers numérique. Un premier pas accompagné de points d’attention. Elle rappelle notamment qu’il ne s’agit que d’outils.
« Ils ne doivent jamais remplacer la vigilance des parents. Les enfants veulent passer très vite à autre chose. Dès que les premiers copains ont Snap, WhatsApp et ses chaînes qui permettent d’explorer tout internet, ils et elles rêvent de plus. Plus grand, plus cool, plus performant. Ce qui est intéressant, c’est de découvrir ces outils en passant par le prisme de valeurs comme la protection des données personnelles, la source des contacts, le droit à l’oubli… tout ceci va permettre à l’enfant de savoir à quoi être vigilant. »
Autre point d’attention : toujours bien accompagner ces nouveaux dispositifs de consignes claires. De contrat entre vous et votre novice d’enfant. Si mignonnes soient ces gentilles interfaces inoffensives, elles restent ce qu’Alain Buekenhoudt, formateur et chargé de missions pour un numérique éthique et critique au Cémea, appelle « la première dose ». Il n’est jamais anodin d’inscrire son enfant sur une quelconque plateforme numérique, ni de lui remettre un outil technologique type tablette, smartphone ou autre. Dès le début, un accompagnement parentale est essentiel. Votre rôle ? Vous montrer critique et l’aider à trouver le recul nécessaire face à cet usage de moins en moins anodin.

BON À SAVOIR